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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Des Carnutes aux Cathares - 3 -

Le sac à dos

 

 


   
    Le syndrome de la tortue pourrait être invoqué par des observateurs attentifs de la nature humaine lorsqu'il s'agit de constituer le compagnon de route du marcheur porte faix. Ce sac qui vous tourne le dos ostensiblement doit être un parfait compromis entre poids et utilité, entre confort et besoins divers.

    Là commence l'épineux problème des concessions à faire pour échapper au lumbago retors, des arrangements à négocier avec sa petite personne afin de ne pas sombrer dans l'hygiénisme approximatif. Le pèlerin ne sera jamais un dandy mais peut-il accepter d'être un épouvantail douteux aux relents nauséeux ?

    La tortue se moque bien de sa carapace, elle n'a ni trousse de toilettes ni petit nécessaire intime à enfourner dans sa malle dorsale. La nature l'a conçue modeste et robuste, elle se contente d'un toit qu'elle a su ajuster à son humble personne.

    Il en va tout autrement du pérégrinateur estival  qui  doit affronter la canicule probable, les sautes d'humeur du thermomètre et les colères des cieux. Il doit entrer dans cabas  toutes les nuances du vêtement adapté à une météorologie si changeante.

    La vêture n'est pourtant que le cadet de ses soucis. Il y a la toilette, les besoins intimes, le poil à couper et les dents à brosser. De menus détails qui valent encore quelques grammes supplémentaires et des trésors d'organisation.

    Le pied s'impose alors à notre pèlerin chagrin. L'ampoule s'anticipe, la chaussure se sélectionne sur des critères draconiens et la chaussette ne doit pas rester en maille.

    Puis il faut intégrer pour satisfaire à l'envie ubuesque de raconter au monde l'aventure intérieure d'un blogueur prolixe, la machinerie complexe qui le reliera à la toile numérique. L'ordinateur pèse un âne mort auquel il faut ajouter la longe électrique et le nécessaire à liaison spatiale. Un appareil photographique vient ajouter son sur-poids pour satisfaire aux exigences iconographiques d'un journaliste ami.

    Le poids des mots, le choc des photos disait un slogan qui ne voyageait pas à pieds. Ici tout n'est que kilogrammes en trop, lourdeurs prochaines et douleurs certaines. Faire et défaire cent fois l'assemblage pour trouver ce qu'on peut évacuer, ce qui sera acceptable de ne point disposer.

    Le savon de Marseille remplace les vêtements de rechange mais en deçà d'une certaine limite, la rotation n'est plus envisageable. Il faut intégrer le taux de séchage sans vraiment se préoccuper des modalités techniques. Un fil à linge et quelques pinces éponymes soulageront ce trousseau réduit au minimum portable.

    Quelques réserves de bouche, une gourde isotherme constitue alors un luxe qui se pèse comptant. Il faudra supporter le fardeau et abandonner le cas échéant ce que l'expérience enfin rangera définitivement dans la catégorie des caprices inutiles de l'homme qui se pense moderne.

    J'oubliais, je dois vous l'avouer, le duvet et le sac à bivouac pour parer à l'échec éventuel de ma quête hospitalière. Le matelas épais pour préserver ce dos que la charge endolorira à plaisir. L'âne que je suis devenu portera son choix, ce qu'il a tenu à tous poids à conserver pour cette aventure portative.

    Lundi, le sort en sera jeté, ce maudit sac, je l'aurai dans le dos !

    Porteurement vôtre

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