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Ma Fille Liger

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La Fille Ligère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

A sa naissance on lui fit

Un berceau d'une gerbe de joncs

Elle aurait grandi au Puy

Avant de rejoindre des garçons

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Ils étaient tous marins

Cœurs gros et mœurs légères

Ils suivirent son chemin

Jusqu'à sa tribu Liger

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

En été elle se prélasse

Alanguie, elle prend tout son temps

C'est sans fin qu'elle rêvasse

S'endormant le long de ses bancs

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Et en automne, elle forcit

Elle redevient fréquentable

Mais si elle reste dans son lit

C'est pour se faire plus aimable

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Et en hiver elle s'emporte

En roulant sa colère

Tout en se faisant plus accorte

À tous les marins en galère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

C'est au printemps elle se lâche

Débordant de toutes parts

C'est alors qu'elle se fâche

Et nous refuse le départ

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Elle n'est jamais aussi belle

Qu'en notre soleil levant

Lorsque la brume l'éveille

À ses petits matins naissants.

 

 

C'est une Loire volage

Qui roucoule dans son lit

C'est un fleuve visage

Qui coule sans soucis.

 

 

Ligèrement vôtre

IGP6422

Jeudi 22 juillet 2010 4 22 /07 /Juil /2010 06:08
- Publié dans : Des Carnutes aux Cathares - Communauté : partage

Trois solitudes conjointes.


L'hôtel des courants d'air.

 

Après mon coup de chaud sur la route après Saint Céré, j'espérais trouver à Aynac un lieu de paix et de repos pour poser mon sac et retrouver apparence humaine. Dans le village avec une ironie coupable, deux individus me rirent au nez en déclarant que je ne trouverai rien ici et que je n'avais qu'à aller plus loin ! Les conseilleurs ne sont pas les marcheurs …


Voyant enfin dans quel état j'étais, l'un d'eux me conseilla de rebrousser chemin et d'aller sur le terrain de camping qui se trouve bien avant le village. Je m'y traînais avec l'énergie des troupes décimées d'une armée en déroute.


Un homme svelte et apparemment dynamique m'accueillit en ce lieu. Il sortait de la piscine, il était bien plus frais et dispos que votre serviteur. Il avait un petit côté Benoît Poelvoorde qui le rendait fragile et un petit peu déplacé.


Eric me parla immédiatement à la troisième personne. Il est de ces gens qui à force de ne pas savoir choisir entre le « Tu » qui leur est naturel et ce « Vous » qu'ils ne parviennent pas à mettre en bouche, finissent par la solution médiane, ce « Il » qui dresse une palissade entre les deux locuteurs.


La suite me prouva que l'homme bien que extraordinairement dévoué est si mal qu'il n'est pas capable de prendre la moindre décision. En quelques minutes, je savais qu'il y avait de l'eau dans le gaz entre madame et monsieur, que monsieur devra tout vendre et quitter les lieux et que seule madame pouvait décider ou non de me faire à manger.


Madame arriva ensuite et prit les choses en main. Je fus nourri et plutôt bien d'ailleurs. Elle se montra charmante avec cette retenue qu'impose une situation bien étrange. J'étais le seul client de ce lieu, un gîte tout à fait convenable, un camping un peu nu mais possédant piscine, des commodités correctes. Qu'est ce qui justifiait cette catastrophe économique ?


La guerre qui couve dans le couple y est peut-être pour quelque chose. Monsieur vit seul dans les combles. Madame vit seule dans la grande bâtisse et sa tour. Le client de passage vit seul dans sa caravane d'infortune et mange seul au milieu de cette cour de ferme vide.


Ces trois solitudes qui se répondent en écho n'étaient pas de nature à me réconforter de ma trop chaude journée. Je repris la route au petit matin pour aller chercher un peu de compagnie heureuse.

 

À Saint Simon, je trouvais André et Andrée, un couple de retraités, parisiens libérés se plaisent-ils à dire. André sait tout de sa région natale qu'il a retrouvée avec une joie évidente. Il modifie mon itinéraire, me demande d'aller manger chez Hug et de dormir à Assier en visitant la ville. Andrée va me chercher de l'eau minérale, me demande de prendre grand soin de moi et surtout d'être bien prudent sur le bord de la route.


J'obtempère car il ne peut en être autrement et j'ai suivi le programme à la lettre. Chez Hug, restaurant ouvrier, j'ai partagé la table de trois de mes semblables. Nous qui ne nous connaissions pas, avons échangé plus d'une heure durant bien plus que mes amis Bidochon. Je trouvais-là un amateur d'art et d'histoire qui avait toujours anecdote sous la langue. C'est ainsi que j'appris que Léonard de Vinci utilisait de l'huile de noix, réputée pour sa pureté, pour diluer ses couleurs !


J'ai mangé en excellente compagnie pour un prix défiant toute concurrence, un repas familial sans prétention qui ne vous laisse pas sur votre faim. Si vous passez par Assier, à la sortie du village, allez donc manger chez Madame Hug de la part d'André et Andrée !


Augrédesrencontrement vôtre.


Ce matin, je suis inquiet pour plusieurs raisons :

Je quitte la patrie de Robert Hue sans l'avoir rencontré

Il pleut comme vache lotoise qui pisse !

Le Président veut faire la chasse aux voyageurs. Que va-t-il m'arriver ?

Je dois trouver un hôtel tranquille à Figeac pour ma journée de repos.

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