Partager l'article ! Des Carnutes aux Cathares à Aubazine en Corrèze: De l'autre côté de la Vallée.* *Une carte si tr ...
La Fille Ligère
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
A sa naissance on lui fit
Un berceau d'une gerbe de joncs
Elle aurait grandi au Puy
Avant de rejoindre des garçons
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Ils étaient tous marins
Cœurs gros et mœurs légères
Ils suivirent son chemin
Jusqu'à sa tribu Liger
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
En été elle se prélasse
Alanguie, elle prend tout son temps
C'est sans fin qu'elle rêvasse
S'endormant le long de ses bancs
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Et en automne, elle forcit
Elle redevient fréquentable
Mais si elle reste dans son lit
C'est pour se faire plus aimable
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Et en hiver elle s'emporte
En roulant sa colère
Tout en se faisant plus accorte
À tous les marins en galère
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
C'est au printemps elle se lâche
Débordant de toutes parts
C'est alors qu'elle se fâche
Et nous refuse le départ
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Elle n'est jamais aussi belle
Qu'en notre soleil levant
Lorsque la brume l'éveille
À ses petits matins naissants.
C'est une Loire volage
Qui roucoule dans son lit
C'est un fleuve visage
Qui coule sans soucis.
Ligèrement vôtre
De l'autre côté de la Vallée.*
*Une carte si trompeuse !*
Ce samedi matin, le sujet de préoccupation essentiel était la recherche de chaussures à mes pieds de marcheur solitaire. Paul le Lorrain et néanmoins malin eut une illumination merveilleuse :
« Ils vendent des chaussures de marche à la coopérative agricole ! »
Ainsi, déjouant tous les pronostics alarmistes des esprits chagrins du village, point n 'était besoin d'aller à Brive la Gaillarde ou à Guéret la Craintive pour trouver des merveilles. Christophe, le gérant de cet Agri-Loisirs béni des Dieux de la marche m'ouvrit sa porte et ses cartons à la recherche de mon Graal.
Je possède un pied qui bat la mesure au-delà des normes de la gent marcheuse, je craignais donc de ne pas trouver ma pantoufle de vair. Point de Prince Charmant ni de délicieuse magicienne en ce lieu mais une seule proposition à taille considérée, que par pudeur je tairai ici.
Second miracle de cette Saint Eustache qui n'en finit pas, l'heureuse élue m'allait comme un gant, même si je ne tiens nullement à marcher sur les mains. Je fis acquisition immédiate et abandonnai aux poubelles de l'histoire ces souliers qui avaient battu tant de chemins.
Quelques cuillerées de pâtes plus tard ,prises à la hâte chez des hôtes qu'il fallait quitter à regret, l'heure du départ et du choix simultané arriva. Le chemin de Treignac se payait un détour considérable vers un ouest fâcheux pour qui veut gagner le sud.
L'azimut décidé, il fallait trouver un possible point de chute (quoique l'expression ne me convienne guère !) Aubazine semblait correspondre au profil souhaité mais présentait l'inconvénient rédhibitoire de se situer à 55 kilomètres.
Il était plus de dix heures, la matinée fraîche avait été éparpillée en multiples activités précieuses pour celui qui n'a qu'un sac à dos pour maison. Ainsi, le contenu de cette valise itinérante sans roulettes fut brassé par une machine qui se souvient encore des effluves enchanteresses. Au matin, le linge il fallut plier et ranger de nouveau, dans ce pesant barda qui affiche 20 kilogrammes.
Jacques, Mado et Titouan partant en balade, ils décidèrent de me mettre à portée de pieds de ce village d'Aubazine. Ils me posèrent, pourquoi le taire, à Seilhac, afin qu'il me reste seulement trente kilomètres à parcourir. Grand bien leur en prit car durant tout ce trajet, je ne croisai ni cabine téléphonique, ni possible refuge.
J'avançai alors d'un pas léger. Après avoir marché jadis sur des œufs, je respirais maintenant dans des chaussons confortables. Durant 3 heures, le compteur afficha une moyenne de 6 km/h qui attesta un moral retrouvé. Je ne volais pas hélas, et la suite prouvera que j'avais bien tort ...
Quatre heures de marche plus loin, j' atteignis Saint- Hilaire Peyroux et la carte m'indiquait une issue toute proche. Je quéris assistance et boisson à l'auberge locale où la patronne maniait la serpillière avec virtuosité.
Quand je lui confiai le but de mon trajet du jour, elle me déclara avec un sourire désarmant :
« Aubazine est juste de l'autre côté de la Vallée ! »; et joignant le geste à la parole, elle ouvrit une fenêtre pour m'expliquer la dichotomie existant entre la géologie et la représentation cartographique.
Cette fois, je déplorai de n'être pas né oiseau et durant deux heures, descendis d'un côté pour remonter de l'autre une vallée au milieu de laquelle coulait paisiblement une petite Corrèze. L'échelle était trompeuse et ces deux kilomètres supposés en devinrent dix sous un soleil retrouvé.
Vold'oiseaument vôtre
Dimanche, me voilà dans une chambre d'hôte à Meyssac.
Demain je reprends le GR46 pour aller vers Beaulieu sur Dordogne, il y a un musée de l'homme de Neandertal, mon ancêtre direct !
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