Partager l'article ! Des Carnutes aux Cathares à Aynac dans le Lot: Le petit chat et le soleil. Mes jours sont plus chaud ...
La Fille Ligère
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
A sa naissance on lui fit
Un berceau d'une gerbe de joncs
Elle aurait grandi au Puy
Avant de rejoindre des garçons
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Ils étaient tous marins
Cœurs gros et mœurs légères
Ils suivirent son chemin
Jusqu'à sa tribu Liger
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
En été elle se prélasse
Alanguie, elle prend tout son temps
C'est sans fin qu'elle rêvasse
S'endormant le long de ses bancs
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Et en automne, elle forcit
Elle redevient fréquentable
Mais si elle reste dans son lit
C'est pour se faire plus aimable
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Et en hiver elle s'emporte
En roulant sa colère
Tout en se faisant plus accorte
À tous les marins en galère
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
C'est au printemps elle se lâche
Débordant de toutes parts
C'est alors qu'elle se fâche
Et nous refuse le départ
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Elle n'est jamais aussi belle
Qu'en notre soleil levant
Lorsque la brume l'éveille
À ses petits matins naissants.
C'est une Loire volage
Qui roucoule dans son lit
C'est un fleuve visage
Qui coule sans soucis.
Ligèrement vôtre
Le petit chat et le soleil.
Mes jours sont plus chauds que mes nuits.
Étrange mardi 20 juillet, débuté dans les froideurs d'Oslo et achevé sous une canicule à vous anéantir un marcheur détestant Richard Galarneau (Nom donné au soleil par les curés de notre belle province).
Hege est norvégienne et n'aime pas les longues, bien trop longues nuits d'hiver. Quand elle a une idée en tête, elle met tous les atouts de son côté. Mère de deux enfants en son pays, elle les inscrit à l'école française. Ils grandissent dans l'affection des leurs et l'amour de la langue de Molière et de C'est Nabum. (Vous imaginez la palette !)
Elle veut quitter Oslo où elle exerce pourtant rôle d'importance, elle travaille à la cour des comptes de cette nation obstinée qui par deux fois a refusé d'entrer dans cette Europe si prospère …
La France l'attire comme un lampadaire qui éclaire de lumière solaire ses journées. Dès qu'elle le peut, elle part pour ce pays de cocagne, en vacances ou même pour mettre au monde son dernier rejeton. L'expérience ne sera pourtant pas heureuse, le Sud-Est ne se donne pas facilement à qui n'a pas le même accent.
Pourtant c'est décidé, elle veut monter chambre d'hôtes dans son pays de cœur. Elle cherche une affaire du côté de Bordeaux. La transaction échoue, elle regagne sa patrie. C'est là, par hasard sur la toile qu'elle acquiert, sans jamais y être allé sa maison de Beaulieu sur Dordogne.
C'est là naturellement qu'au petit déjeuner, elle m'a raconté son histoire. La vie n'est pas si simple pourtant, la chambre d'hôtes ne nourrit pas son homme. Hege est assistante familiale à mi-temps pour assurer l'essentiel.
Elle attend avec impatience sa naturalisation en espérant sur les accords bi-latéraux qui unissent nos deux pays. J'ai l'impression qu'il lui faudra attendre, la procédure se perd souvent dans les nuits norvégiennes. ...
Je laissais Hege et ses rêves francophones pour me rendre à Saint Céré. Il était 7 H 30 et déjà, il fallait porter lunettes fumées. La journée s'annonçait sous le signe du chalumeau, j'avais bien fait de partir tôt.
Saint Céré n'est pas bien loin de Beaulieu, mais pour éviter la grande route, le détour n'est pas vain. Il me fallut presque 5 heures pour pointer le bout d'un nez fort rouge en cette bonne ville du Lot. La demoiselle avait sorti ses habits de fête et ouvrait le jour-même un festival d'art Lyrique. S'ajoutait pour faire bonne figure, du cirque enfantin et de la Salsa occitane. Je ne pris pas le temps de comprendre cette étrange association, trop du monde pour un sauvage, je repris la route.
Galarneau était à son zénith et me le fit payer fort cher. Les treize malheureux kilomètres qu'il me fallait avaler furent mangés à la petite cuillère, bouchée après bouchée. La panne d'eau fut inévitable dans une fournaise pareille. Je titubais sur la route comme un homme qui a trop bu.
Je trouvais source miraculeuse à quelque détour de là et peut retrouver apparence humaine jusqu'à un caboulot au milieu de nulle part où une vieille dame suivait passionnément le Tour de France. Quand je me plaignis de la chaleur, elle me rétorqua tout de go que ce n'était rien comparé à ces pauvres coureurs ! Qu'y a-t-il à dire à un tel argument ?
Je repris ma route, remonté par ces jus d'orange qui me dopèrent et me permirent de terminer la tête haute et sur mes deux souliers. Me voici à Aynac en un terrain de camping où l'on m'a prêté une caravane. Faut-il vous l'avouer ? L'expérience est pour moi, entièrement nouvelle.
Caravanement vôtre.
Pluie toute la nuit, j'ai apprécié ma petite caravane !
Je reprends la route sans le soleil. Quel soulagement pour moi ...
Étape théorique : LIVERNON Lot
Départ 8 heures
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