Partager l'article ! Des Carnutes aux Cathares à Faux La Montagne 23: Cyber-pause La liaison approximative. ...
La Fille Ligère
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
A sa naissance on lui fit
Un berceau d'une gerbe de joncs
Elle aurait grandi au Puy
Avant de rejoindre des garçons
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Ils étaient tous marins
Cœurs gros et mœurs légères
Ils suivirent son chemin
Jusqu'à sa tribu Liger
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
En été elle se prélasse
Alanguie, elle prend tout son temps
C'est sans fin qu'elle rêvasse
S'endormant le long de ses bancs
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Et en automne, elle forcit
Elle redevient fréquentable
Mais si elle reste dans son lit
C'est pour se faire plus aimable
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Et en hiver elle s'emporte
En roulant sa colère
Tout en se faisant plus accorte
À tous les marins en galère
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
C'est au printemps elle se lâche
Débordant de toutes parts
C'est alors qu'elle se fâche
Et nous refuse le départ
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Elle n'est jamais aussi belle
Qu'en notre soleil levant
Lorsque la brume l'éveille
À ses petits matins naissants.
C'est une Loire volage
Qui roucoule dans son lit
C'est un fleuve visage
Qui coule sans soucis.
Ligèrement vôtre
Cyber-pause
La liaison approximative.
J'ai trouvé sur ma route à deux kilomètres du Lac de Vassivière un cyber-café : l'Atelier, qui m'a tendu son arobase et sa liaison à haut débit. La chose est assez rare dans cette Creuse boudée par la couverture satellitaire pour prendre le temps d'une pause et d'un Cyber-repas.
Je me revois hier soir en Banize, chercher en tout sens la bonne orientation pour que ma clef 3G trouve enfin assez de barrettes à sa gourmandise. C'est en short et un tee-shirt que j'avais entrepris cette quête moderne. J'étais bien imprudent, car mon Graal, je le trouvai juste devant l'église, balayée par tous les courants d'air du plateau voisin.
Les voies de Dieu ne sont pas forcément impénétrables et parfois elles permettent d'intercéder pour les mécréants et les impies réunis. La divine liaison me permit à bas débit (il ne faut pas exagérer les pouvoirs du très grand en la matière) de donner signe de vie à mes lecteurs fidèles.
Esprit cartésien et agnostique intransigeant, je cherchais une explication rationnelle à cette préférence numérique pour la place de l'église. Juste derrière moi, un canon pointait son affût vers le ciel. Parabole guerrière, il pouvait bien être ce vecteur facilitant entre la terre de Creuse et les étoiles lointaines.
Car, il faut bien l'avouer, la Creuse est abandonnée des hommes et surtout des grands décideurs urbains. On veut fermer l'hôpital de Guéret sous le prétexte fallacieux et bêtement comptable qu'il ne réalise pas assez d'interventions. Voyez la belle affaire, la sage décision d'un énarque admirateur de l'enfant de Neuilly.
Il faut bien être né en ville et ne l'avoir jamais quitté en dehors des vacances et des week-end rallongés pour penser que le service public de santé doit être rentable. C'est, mes jolis messieurs de notre Capitale, d'abord un service rendu à une population qui se sent abandonnée de tous.
Les emplois disparaissent, les enfants s'en vont, les fermes se vident et maintenant l'hôpital après les écoles de village, les postes et tout le reste. Oubliez-vous que Paris fut pour grande partie bâtie par les maçons de Creuse ? Ils abandonnaient la ferme et montaient à pied construire le panthéon et les Paris de Hausmman.
Un jour, vous vous souviendrez de ce pays que vous avez pour l'instant rayé de vos préoccupations. Son sous-sol regorge encore d'un charbon d'excellente qualité qui ne cherche même pas à s'enfuir à des profondeurs folles. Il est à portée de pioche et ne demande qu'à être exploité quand la conjoncture sera favorable.
Quand l'envie vous prendra, vous ferez venir des populations lointaines pour travailler dans un pays que vous avez vidé de ses natifs avec une détermination folle. Vous faites ainsi dans bien d'autres régions de cette province qui pour vous n'est que donnée chiffrée, statistique virtuelle ou bien carte champêtre.
J'ai pourtant croisé, sur mon long chemin, des gens de bien qui aiment leur village, qui n'en veulent pas partir. Des habitants fiers d'une région magnifique mais si peu peuplée qu'elle se désole de se voir désertée. Rendez-leur, messieurs les gestionnaires de la Capitale, leur hôpital, leur dignité et cette considération qu'ils méritent bien plus que vous.
Creusement vôtre.
Des nouvelles du front.
Après huit heures de marche, je suis arrivé à Faux La Montagne (23). Je vous écris du Brin de Zinc, un autre lieu magique entre café, artisan du monde, chambre d'hôte et bon samaritain. Et pour corser le tout, le patron fait cyber-café et me prépare un taboulé.
Gros souci technique, explosion d'une chaussure ! Je vais devoir reprendre la route pour chercher un village avec commerces. L'affaire n'est pas simple dans la région, il faudrait le dire aux amis du petit !
8 heures de marche, nuit dans un gite d'étape pour moi tout seul ...
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