Partager l'article ! Des Carnutes aux Cathares à Genouillac: Tous les chemins ne mènent pas à Rome. La flèche brisée. ...
La Fille Ligère
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
A sa naissance on lui fit
Un berceau d'une gerbe de joncs
Elle aurait grandi au Puy
Avant de rejoindre des garçons
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Ils étaient tous marins
Cœurs gros et mœurs légères
Ils suivirent son chemin
Jusqu'à sa tribu Liger
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
En été elle se prélasse
Alanguie, elle prend tout son temps
C'est sans fin qu'elle rêvasse
S'endormant le long de ses bancs
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Et en automne, elle forcit
Elle redevient fréquentable
Mais si elle reste dans son lit
C'est pour se faire plus aimable
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Et en hiver elle s'emporte
En roulant sa colère
Tout en se faisant plus accorte
À tous les marins en galère
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
C'est au printemps elle se lâche
Débordant de toutes parts
C'est alors qu'elle se fâche
Et nous refuse le départ
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Elle n'est jamais aussi belle
Qu'en notre soleil levant
Lorsque la brume l'éveille
À ses petits matins naissants.
C'est une Loire volage
Qui roucoule dans son lit
C'est un fleuve visage
Qui coule sans soucis.
Ligèrement vôtre
Tous les chemins ne mènent pas à Rome.
La flèche brisée.
En me faisant déposer à La Châtre je pensais enfin trouver la quiétude des chemins et la sécurité d'un fléchage propre aux Chemins de Grande Randonnée tels que je les ai pratiqués en d'autres régions.
Que nenni, les problèmes il y en aura itou en cette journée sous un soleil qui se refuse à perdre la vedette estivale. Tout a commencé devant l'église de La Châtre, un fléchage qui ne dit pas dans quel sens il se dirige. Une indication qui se perd au milieu de la bourgade et une première confusion bien vite rattrapée.
J'optai alors pour la sortie rapide par la route avec bifurcation à l'Est en sortie de bourgade. La direction de Pouligny me servit de boussole et j'attendais les conseils avisés de nos amis autochtones. Mais comme l'a aussi remarqué notre amie Éponine, les gens du pays ignorent souvent ce qui est au pas de leur porte?
On me répondit qu'on ignorait l'existence d'un GR, d'autres ne savaient pas ce que c'était, beaucoup n'avaient jamais remarqué des marques rouge et blanche et tous s'interrogeait sur la nécessité de marcher en pleine chaleur caniculaire. Si je ne leur donne pas tort pour le dernier point, je déplore la méconnaissance totale d'un élément qui pourrait permettre de mieux connaître le pays Berrichon.
J'optai alors pour le pifomètre, cet instrument qui contrairement à sa sainteté le pape n'est absolument pas infaillible. Pourtant, la première intuition me permit de trouver enfin une croix dressée à la gloire des pèlerins et ces deux couleurs qui deviendront mon obsession du jour.
J'atteignis alors une église au milieu de nulle part : Briantes fut le premier endroit où le fléchage défaillit. Mais en ce lieu presque désert, un vieux monsieur avait carte IGN et connaissance de l'itinéraire. Il m'offrit conseils et encouragements pour la suite du trajet.
Plus loin, grâce à lui, je retrouvai mes balises et avançai d'un pas sûr jusqu'à Pouligny Saint Martin. C'est un peu plus loin, sur la route de Saint Sevère que les indications se firent farceuses. Sur la droite, un chemin de terre, le fait est assez rare pour encourager le marcheur à lui confier ses pas, d'autant qu'il y avait les marques espérées.
Hélas, ce sous-bois protecteur était un bien vilain leurre. Après quelques bifurcations ombragées et une vingtaine de minutes de belle fraîcheur, je me retrouvais de nouveau à Pouligny Saint Martin.
La boucle étant bouclée, je profitai de l'expérience acquise pour presqu' une heure plus tard, ne pas retomber dans ce joli traquenard. Je continuai, accablé de soleil, sur des routes empruntées presque exclusivement par des tracteurs rentrant les balles rondes.
Plus tard, j'arrivai au pied de Saint Sevère, et là, le circuit tourna à la farce épuisante. Les marques proposaient une bifurcation à droite. J'eus dû me méfier d'une direction que je n'appréciais guère. Cinq kilomètres plus loin le fléchage disparut.
Deux habitants du coin m'envoyèrent sur de fausses pistes qui m'éloignèrent considérablement de mon GR invisible. Je dus m'écarter encore plus de ce Saint Pierre Le Bost inconnu des mes interlocuteurs. Je l'avais dans le dos, tout comme mon sac !
Il fallut l'intervention d'un couple de Hollandais pour reprendre confiance et bénéficier de leur générosité. Plus tard,ce fut un parisien qui me suggéra un compromis qui me conduisit à Genouillac, dans cette Creuse que j'atteignis enfin.
Déboussollement vôtre
Lundi matin, départ pour Chénerailles dans la Creuse.
Si vous connaissez de braves gens qui peuvent héberger un marcheur solitaire, faites-moi signe.
L'orage gronde, je vais marcher mouillé !
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