Partager l'article ! Des Carnutes aux Cathares à Meyssac en Corrèze: Ce nécessaire impondérable. Le pédothymique ! ...
La Fille Ligère
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
A sa naissance on lui fit
Un berceau d'une gerbe de joncs
Elle aurait grandi au Puy
Avant de rejoindre des garçons
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Ils étaient tous marins
Cœurs gros et mœurs légères
Ils suivirent son chemin
Jusqu'à sa tribu Liger
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
En été elle se prélasse
Alanguie, elle prend tout son temps
C'est sans fin qu'elle rêvasse
S'endormant le long de ses bancs
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Et en automne, elle forcit
Elle redevient fréquentable
Mais si elle reste dans son lit
C'est pour se faire plus aimable
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Et en hiver elle s'emporte
En roulant sa colère
Tout en se faisant plus accorte
À tous les marins en galère
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
C'est au printemps elle se lâche
Débordant de toutes parts
C'est alors qu'elle se fâche
Et nous refuse le départ
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Elle n'est jamais aussi belle
Qu'en notre soleil levant
Lorsque la brume l'éveille
À ses petits matins naissants.
C'est une Loire volage
Qui roucoule dans son lit
C'est un fleuve visage
Qui coule sans soucis.
Ligèrement vôtre
Ce nécessaire impondérable.
Le pédothymique !
La vie de l'écriveur marcheur impose bien des sacrifices. Chaque jour, il doit trouver récit à votre goût, aventure extraordinaire ou réflexions sagaces. J'avance sur mes routes de France à l'affût de ce petit élément qui va déclencher ma prose inimitable.
Je cumule les erreurs de choix, les fausses routes, les problèmes techniques avec une constance qui force l'admiration. Chaque anicroche permet de vous divertir après m'avoir beaucoup fait souffrir. La régularité du fait m'interroge. Inconsciemment, suis-je à la recherche de l'incident quotidien ?
Ce matin, tout allait bien. J'avais devant moi une étape courte et sans histoire pour me remettre un peu. La nuit fut paisible et profitable dans cet hôtel Saint-Étienne qui me consentit le tarif Compostelle, bien que je ne suive pas ce chemin-là.
Ma mécréance notoire se paie toujours au prix fort. En regardant la carte au moment du départ, je fus attiré par un nom interrogateur : « Canal des moines ». Le marinier qui sommeille en moi s'est fait prendre au piège et d'un pas assuré j'ai emprunté cette voie pittoresque.
Nos amis les hommes s'étaient mis en tête d'approvisionner Aubazine en eau courante et limpide. Si la foi soulève des montagnes, elle permet surtout de les transformer et de les plier aux désirs des hommes de dieu. Ils détournèrent tout là haut, un partie d'un torrent et creusèrent dans la montagne une conduite forcée.
Je profitais d'un chemin merveilleux et d'une vue éblouissante. J'étais ébahi par l'ingéniosité de ces hommes en bure qui savaient travailler à la dure. Je remontais ce chemin, je suivais ce parcours escarpé en souhaitant qu'il ne m'arrive rien de fâcheux. Je découvrais la minuscule écluse et tournais alors sur le chemin du saut de la bergère.
Les moines ne sont que des hommes de chair et de sang et qu'ils aient pu fauter avec une adorable bergère ne me chagrine aucunement, bien au contraire. Mais hélas, de ces pensées oiseuses, je fus bien puni. La boucle des moines laborieux et de la gentille bergère m'avait embarqué à l'extrême opposé de mon itinéraire du jour.
C'est ainsi que la providence punit ceux qui ne respectent rien et j'en fus bon pour redescendre à Aubazine en me récitant si le cœur m'en disait, tout un chapelet d'Ave et de Pater. Deux heures plus tard, je me retrouvais à mon point de départ !
Le moral du marcheur va et vient au gré des occasions. Celle-ci fit de moi un moinillon fragile à la conviction flottante. Je prenais la bonne route alors que le soleil dardait ses rayons du diable et que le coquin me soufflait à l'oreille de bien vilaines pensées.
J'ai toujours eu une nature cyclothymique, mon humeur alterne entre euphorie et déprime au gré des circonstances. Je me découvre à présent pédothymique car il faut bien l'avouer, le phénomène s'amplifie lorsqu'on marche à pied.
C'est totalement vidé que j'arrivais sept heures plus tard à Meyssac, sans avoir la force de passer par Collonges la Rouge pourtant à deux pas. Il y a des jours, ou deux pas de trop sont inacceptables.
Maisillefaitexpressement vôtre
Aujourd'hui lundi, départ après le petit déjeuner en compagnie de mes hôtes pour Beaulieu sur Dordogne. Une petite étape est nécessaire et cette fois je compte ne pas m'égarer.
Je renouvelle ma prière : " Si vous connaissez quelqu'un en ce lieu, faites moi un signe numérique" - Merci -
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