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Ma Fille Liger

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La Fille Ligère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

A sa naissance on lui fit

Un berceau d'une gerbe de joncs

Elle aurait grandi au Puy

Avant de rejoindre des garçons

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Ils étaient tous marins

Cœurs gros et mœurs légères

Ils suivirent son chemin

Jusqu'à sa tribu Liger

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

En été elle se prélasse

Alanguie, elle prend tout son temps

C'est sans fin qu'elle rêvasse

S'endormant le long de ses bancs

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Et en automne, elle forcit

Elle redevient fréquentable

Mais si elle reste dans son lit

C'est pour se faire plus aimable

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Et en hiver elle s'emporte

En roulant sa colère

Tout en se faisant plus accorte

À tous les marins en galère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

C'est au printemps elle se lâche

Débordant de toutes parts

C'est alors qu'elle se fâche

Et nous refuse le départ

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Elle n'est jamais aussi belle

Qu'en notre soleil levant

Lorsque la brume l'éveille

À ses petits matins naissants.

 

 

C'est une Loire volage

Qui roucoule dans son lit

C'est un fleuve visage

Qui coule sans soucis.

 

 

Ligèrement vôtre

IGP6422

Vendredi 9 juillet 2010 5 09 /07 /Juil /2010 19:04
- Publié dans : Des Carnutes aux Cathares

 

Rien de neuf sous le soleil …

plaquage2.jpg

Marcher par un temps pareil avec sa maison sur le dos, seul un dément accepterait de se lancer dans l'aventure. Ça tombe bien, j'en ai toutes les caractéristiques et m'amuse de surcroit à aggraver un peu plus mon cas dès que j'en ai l'occasion.

 

Hier soir, j'ai essayé de trouver le sommeil dans une chambre sur-chauffée pour de multiples raisons. Le repos du marcheur est une condition première pour mettre un pied devant l'autre tout aussi bien le lendemain que la veille.

 

Hélas dans cette chambre fournaise, mon repos fut celui d'un guerrier malmenée. À ma fenêtre enfin grande ouverte, Salbris et la Sologne fêtaient la victoire ibérique sur la troupe germanique. J'ignore encore les facéties de l'histoire qui poussent le Solognot a prendre trompettes et klaxonnes pour ponctuer le succès d'un de nos voisins sur un autre, tout autant respectable.

 

Cette espagnonade terminée, je pus enfin trouver le sommeil pour reprendre la route à 5h30 tapantes. L'heure matutinale devait me permettre d'éviter les chaleurs méridiennes afin de gagner au plus vite Vierzon le Rebelle ! L'inconvénient d'un départ dès potron-minet c'est que l'on ne peut se restaurer avant de partir.

 

C'est le ventre vide mais la tête déjà pleine de jolis souvenirs que je retrouvais une fois encore un long ruban d'asphalte. De Salbris à Nançay, les virages se font rares et les fous du volant en profitent allègrement. J'ai croisé des bolides aux allures vraiment folles qui attestent encore que nous avons un problème avec la vitesse dans ce pays.

 

Quinze kilomètres et deux courbes plus loin j'entrais dans ce village qui écoute les étoiles. Le radio-télescope de Nançay ouvre grandes ses oreilles à l'écoute d'un message lointain. J'aurai mieux fait moi aussi d'écouter la voix de la sagesse au lieu de poursuivre ma course avec seulement quelques fruits secs dans le ventre.

 

Surtout qu'à la sortie du village, mon moral tomba dans mes sandalettes ! Il me restait encore 18 kilomètres et je prévoyais presque moitié moins ! Tous les maux de la tête me sont tombés sur le corps. Des ampoules d'abord pour payer un mauvais choix de chaussures. Une belle hypoglycémie pour arroser le tout.

 

Je me traînais comme une âme en peine à tel point qu'un automobiliste physionomiste s'arrêta pour me demander si j'étais pèlerin et me féliciter de cette courageuse démarche. Il ne s'aperçut pas de ma détresse, la foi rend aveugle et repris sa route, tout content d'avoir croisé ce qu'il a pris pour un marcheur de Dieu ...

 

J'avançais à grand peine et arrivait enfin à Orcay. N'y pouvant plus, je fis une halte salutaire dans un bar accueillant. Après une bonne heure de repos, je repris la route jusqu'à ce que je croise un bon samaritain.

 

Journaliste au Berry Républicain, mon sauveur est aussi celui qui extrait de mes billets quelques morceaux choisis pour illustrer la folie des hommes dans son journal local. Nous conversâmes de tout et de ces petits rien qui permettent à la ville de Vierzon de faire front courageusement à une crise qui la touche depuis de longues années déjà !

 

Je débarquais enfin chez l'ami B. C. pour rédiger immédiatement ce petit billet qui n'est pas à ma gloire …

 

Stupidement vôtre

 

Vendredi je suis à Reuilly.

Demain repos pour recevoir de nouvelles chaussures et partir sur le GR46

 

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