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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Des Carnutes aux Cathares à Vierzon

 

Rien de neuf sous le soleil …

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Marcher par un temps pareil avec sa maison sur le dos, seul un dément accepterait de se lancer dans l'aventure. Ça tombe bien, j'en ai toutes les caractéristiques et m'amuse de surcroit à aggraver un peu plus mon cas dès que j'en ai l'occasion.

 

Hier soir, j'ai essayé de trouver le sommeil dans une chambre sur-chauffée pour de multiples raisons. Le repos du marcheur est une condition première pour mettre un pied devant l'autre tout aussi bien le lendemain que la veille.

 

Hélas dans cette chambre fournaise, mon repos fut celui d'un guerrier malmenée. À ma fenêtre enfin grande ouverte, Salbris et la Sologne fêtaient la victoire ibérique sur la troupe germanique. J'ignore encore les facéties de l'histoire qui poussent le Solognot a prendre trompettes et klaxonnes pour ponctuer le succès d'un de nos voisins sur un autre, tout autant respectable.

 

Cette espagnonade terminée, je pus enfin trouver le sommeil pour reprendre la route à 5h30 tapantes. L'heure matutinale devait me permettre d'éviter les chaleurs méridiennes afin de gagner au plus vite Vierzon le Rebelle ! L'inconvénient d'un départ dès potron-minet c'est que l'on ne peut se restaurer avant de partir.

 

C'est le ventre vide mais la tête déjà pleine de jolis souvenirs que je retrouvais une fois encore un long ruban d'asphalte. De Salbris à Nançay, les virages se font rares et les fous du volant en profitent allègrement. J'ai croisé des bolides aux allures vraiment folles qui attestent encore que nous avons un problème avec la vitesse dans ce pays.

 

Quinze kilomètres et deux courbes plus loin j'entrais dans ce village qui écoute les étoiles. Le radio-télescope de Nançay ouvre grandes ses oreilles à l'écoute d'un message lointain. J'aurai mieux fait moi aussi d'écouter la voix de la sagesse au lieu de poursuivre ma course avec seulement quelques fruits secs dans le ventre.

 

Surtout qu'à la sortie du village, mon moral tomba dans mes sandalettes ! Il me restait encore 18 kilomètres et je prévoyais presque moitié moins ! Tous les maux de la tête me sont tombés sur le corps. Des ampoules d'abord pour payer un mauvais choix de chaussures. Une belle hypoglycémie pour arroser le tout.

 

Je me traînais comme une âme en peine à tel point qu'un automobiliste physionomiste s'arrêta pour me demander si j'étais pèlerin et me féliciter de cette courageuse démarche. Il ne s'aperçut pas de ma détresse, la foi rend aveugle et repris sa route, tout content d'avoir croisé ce qu'il a pris pour un marcheur de Dieu ...

 

J'avançais à grand peine et arrivait enfin à Orcay. N'y pouvant plus, je fis une halte salutaire dans un bar accueillant. Après une bonne heure de repos, je repris la route jusqu'à ce que je croise un bon samaritain.

 

Journaliste au Berry Républicain, mon sauveur est aussi celui qui extrait de mes billets quelques morceaux choisis pour illustrer la folie des hommes dans son journal local. Nous conversâmes de tout et de ces petits rien qui permettent à la ville de Vierzon de faire front courageusement à une crise qui la touche depuis de longues années déjà !

 

Je débarquais enfin chez l'ami B. C. pour rédiger immédiatement ce petit billet qui n'est pas à ma gloire …

 

Stupidement vôtre

 

Vendredi je suis à Reuilly.

Demain repos pour recevoir de nouvelles chaussures et partir sur le GR46

 

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Patrick 09/07/2010 23:58



Bonsoir l'Ami . . .


pour toi, comme pour moi, la journée parait avoir été dure . . .


Je vois que les ampoules commencent à faire de toi un VRAI PELERIN . . . comme quoi rien n'est facile.


Moi, c'est derrière mon clavier, sous une température de plomb malgré les 23h 56 affichées que je t'en fait la remarque (et je ne te parle pas de la 1664 . ..)


Demain tes roues de secours arrivent. "Soeur Anne, ne vois-tu rien venir"


Profites de l'instant présent. Je pense à toi très fort. Cela me réjouira de faire partie du même club que . . .


 mon Ami.


A demain.


Patrick



BR 10/07/2010 09:32



Patrick


Les derniers kilomètres furent très difficiles ....


C'est maintenant le temps du retour sur soi-même.


Chacun connait ce moment en diverses occasions. Je sais que pour vous, c'est également le cas. Je suis de tout cœur avec vous comme j'apprécie votre soutien.


Repos aujourd'hui à Reuilly chez de vrais gens de Rugby.


J'attends Anne et mes nouvelles chaussures.