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Le monde selon C'est Nabum

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Ma Fille Liger

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La Fille Ligère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

A sa naissance on lui fit

Un berceau d'une gerbe de joncs

Elle aurait grandi au Puy

Avant de rejoindre des garçons

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Ils étaient tous marins

Cœurs gros et mœurs légères

Ils suivirent son chemin

Jusqu'à sa tribu Liger

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

En été elle se prélasse

Alanguie, elle prend tout son temps

C'est sans fin qu'elle rêvasse

S'endormant le long de ses bancs

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Et en automne, elle forcit

Elle redevient fréquentable

Mais si elle reste dans son lit

C'est pour se faire plus aimable

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Et en hiver elle s'emporte

En roulant sa colère

Tout en se faisant plus accorte

À tous les marins en galère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

C'est au printemps elle se lâche

Débordant de toutes parts

C'est alors qu'elle se fâche

Et nous refuse le départ

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Elle n'est jamais aussi belle

Qu'en notre soleil levant

Lorsque la brume l'éveille

À ses petits matins naissants.

 

 

C'est une Loire volage

Qui roucoule dans son lit

C'est un fleuve visage

Qui coule sans soucis.

 

 

Ligèrement vôtre

IGP6422

Dimanche 1 août 2010 7 01 /08 /Août /2010 20:26
- Publié dans : Des Carnutes aux Cathares - Communauté : Les rugbymens

Aveyron


Ainsi font …. !



Bienvenue dans ce pays de cocagne où rien n'est tout à fait pareil. Une langue qui se perd dans des travers vernaculaires, des expressions d'ici qui estampent le passant. Une vie de labeur pour affronter l'hiver, pour se souvenir sans cesse des années d'autrefois, quand la famine était bien souvent la règle.


La chaux a tout transformé au tournant de la guerre. Les habitants d'aujourd'hui sont encore les petits enfants de ceux qui n'avaient que les châtaignes à se disputer aux bêtes. La nourriture prend ici une toute autre dimension. On célèbre celui qui passe, on honore les anciens, on se réjouit du progrès, on n'oublie pas d'où l'on vient.

 

Le jardin est pour chacun cette malle à espoir d'un bien meilleur hiver. Ce matin même, trois gros seaux de 12 litres débordaient de haricots verts ramassés par des mains expertes. Autour d'une table, une armée de fourmis a trié le cadeau d'un été qui réjouit.


Dans la cave, sur le trépied l'eau bout déjà. Les bocaux se remplissent, les haricots s'y tassent pour libérer leur fraîcheur en plein cœur de l'hiver. Chaque récolte est prétexte à pareille prudence, de la tomate à la courgette, des betteraves aux blettes.


Si ça ne suffit pas, la nature offre encore des gourmandises sauvages qui n'échappent pas au glanage ancestral. Le sureau donne ses fleurs pour un sirop sucré, les champignons se ramassent pour les soirées improvisées, les fruits se décomposent dans des bacs hermétiques pour réchauffer la vie que le bouilleur distille.


Le pissenlit n'est plus herbe indésirable. Il se fait salade avec les œufs que le renard a bien voulu laisser, il devient gelée quand au soleil de midi, sa fleur a donné tout son arôme. L'ortie se pique d'en faire tout autant, pour une soupe ou bien une tarte, elle se défait de quelques feuilles de tête. L'épine noire pour le vin d'épine terminera la récolte des fossés.


La fourmi se fait parfois cigale le temps d'une soirée de relâche. C'est au Pesquié de ce petit Castanet que quelques tables posées autour d'une simple cabane, attendent le soir les amis de passage, les gens d'ici et les arrivants adoptés. À tour de rôle, des bénévoles de soirée vous préparent quelques salades, des petits plats du pays.


De bonnes bières attestent alors de l'influence grandissante de nouveaux résidents venus de Belgique ou d'Irlande qui partagent maintenant le bonheur de la convivialité mêlée. Le lendemain matin, ils s'essayeront à leur tour au petit déjeuner de ceux qui n'ont pas peur.


Un tripoux qui dès huit heures du matin vous promet mille délicatesses : de la saucisse sèche, tripoux pommes de terre, fromage de Cantal et fruit de saison. Rien de plus digeste le matin pour se remettre en selle, s'ouvrir l'appétit pour le repas du midi. Le petit Marcillac, qui a su se faire grand, remplace bien avantageusement le café qui jamais ici n'a poussé.


Manger est devenu la réconfortante preuve que les années noires sont d'un passé révolu. Quand on organise une marche à Lescures-Jaoul, c'est de nuit qu'elle se fait avec à chaque halte des surprises pour le ventre.


L'apéritif au départ, des hors d'œuvre un peu plus loin, une potée auvergnate après une rampe un peu rude et le dessert en fin de parcours. Tout au long des treize kilomètres, chacun aura loisir d'éliminer les surplus et nul ici, ne risque le petit coup de moins bien. L'hypoglycémie est en Aveyron un symptôme inconnu, un mal bien étrange pour les gens de la ville qui ne savent pas ce que manger signifie. Et tant pis pour le cholestérol qui se permet quelques fantaisies locales.



Gastroboulimiquement vôtre.

Je poursuis un autre chemin.

Ce soir, je suis à Millau.

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