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La Fille Ligère
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
A sa naissance on lui fit
Un berceau d'une gerbe de joncs
Elle aurait grandi au Puy
Avant de rejoindre des garçons
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Ils étaient tous marins
Cœurs gros et mœurs légères
Ils suivirent son chemin
Jusqu'à sa tribu Liger
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
En été elle se prélasse
Alanguie, elle prend tout son temps
C'est sans fin qu'elle rêvasse
S'endormant le long de ses bancs
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Et en automne, elle forcit
Elle redevient fréquentable
Mais si elle reste dans son lit
C'est pour se faire plus aimable
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Et en hiver elle s'emporte
En roulant sa colère
Tout en se faisant plus accorte
À tous les marins en galère
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
C'est au printemps elle se lâche
Débordant de toutes parts
C'est alors qu'elle se fâche
Et nous refuse le départ
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Elle n'est jamais aussi belle
Qu'en notre soleil levant
Lorsque la brume l'éveille
À ses petits matins naissants.
C'est une Loire volage
Qui roucoule dans son lit
C'est un fleuve visage
Qui coule sans soucis.
Ligèrement vôtre
À la bonne franquette.
Le cyber-restaurant.
Manger est un souci de taille pour celui qui taille la route le sac au dos. Je ne croise pas souvent de quoi me sustenter sur ce chemin bien trop incertain. Notre pays intérieur a perdu ses petites épiceries, la grande distribution n'aime rien tant que le vide autour d'elle !
Le matin ce n'est pas simple, un départ trop matinal et l'intendance ne suit pas. Il faut se débrouiller avec ce qui reste et c'est souvent peu de chose. Le midi, c'est bien pire, le chemin n'attend pas. Plus le zénith approche, plus il faut se hâter d'échapper au soleil ardent. Les petites provisions mobiles doivent suffire à maintenir la chaudière en vie.
C'est le soir qu'il faut reconstituer les réserves incontournables. L'enjeu est de taille, la défaillance du lendemain sanctionne l'erreur de la veille. Alors, quand on se trouve dans un gîte, une chambre d'hôte ou une auberge de jeunesse, il faut dénicher un petit caboulot qui se contente de nourrir celui qui a faim. Dans un hôtel, le service se trouve sur place ce qui n'exclut pas les mêmes désagréments.
Le marcheur demande a être paré de ses réserves glucidiques. Il demande pâtes pour stocker sa dose de sucre lent. L'affaire peut sembler anodine mais il se trouve des chefs chauds de la toque. Si le client est roi, le menu est sacré, on ne change pas une virgule, c'est une question de principe.
Il faut baisser pavillon et subir le diktat du chef, c'est bien pourquoi, on le nomme ainsi.
Le lendemain, les charmants petits légumes aux belles couleurs assorties vous vaudront de jolis désagréments physiques, mais comme il est écrit sur ces tabliers qui sont l'honneur du bon goût de chez nous : « Le chef a toujours raison ! »
D'autre fois, la demande est acceptée. On devine aisément le sacrifice consenti quand on voit arriver cette portion congrue qui sera de si peu d'effet hélas. Le cuisinier prend pour caprice ce qui n'est que nécessité et marque son humeur de bien des façons.
Aujourd'hui j'ai obtenu gain de cause. Le cuistot aime le rugby, il ne peut être mauvais bougre. Il m'a servi sans paraître fréquenter les adeptes de la cuisine macrobiotique. Je suis sorti de chez lui repu et les réserves remises à niveau.
Seul à ma table sans Bidochons pour loisir, je n'avais que l'observation de ces charmants commerçants pour me distraire. Le fils de la famille, jeune adolescent exigeant (voyez comme je sais manier le pléonasme …) recevait un camarade. Au milieu de leur table trônait une côte de bœuf de celles qui ne vous laissent jamais sur votre faim. Pour manger sans s'ennuyer, les gamins avaient au bout de la table un P. C. qui diffusait un film (tout juste à l'écran) ???. Monsieur Hadopi a encore du pain sur la planche !
Seule à son comptoir avec ce client qui ne l'occupait guère, madame consultait internet sur un second P. C. portable. La famille tient le haut du clavier et le client prend rapidement la poudre d'escampette !
Pendant ce temps, Monsieur s'affaire en cuisine; J'espère qu'il ne lit pas ses recettes sur un troisième portable. Ce serait alors le premier cyber-restaurant, un concept qui a de beaux jours devant lui.
Ennuyeusement vôtre
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