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Le monde selon C'est Nabum

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Ma Fille Liger

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La Fille Ligère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

A sa naissance on lui fit

Un berceau d'une gerbe de joncs

Elle aurait grandi au Puy

Avant de rejoindre des garçons

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Ils étaient tous marins

Cœurs gros et mœurs légères

Ils suivirent son chemin

Jusqu'à sa tribu Liger

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

En été elle se prélasse

Alanguie, elle prend tout son temps

C'est sans fin qu'elle rêvasse

S'endormant le long de ses bancs

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Et en automne, elle forcit

Elle redevient fréquentable

Mais si elle reste dans son lit

C'est pour se faire plus aimable

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Et en hiver elle s'emporte

En roulant sa colère

Tout en se faisant plus accorte

À tous les marins en galère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

C'est au printemps elle se lâche

Débordant de toutes parts

C'est alors qu'elle se fâche

Et nous refuse le départ

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Elle n'est jamais aussi belle

Qu'en notre soleil levant

Lorsque la brume l'éveille

À ses petits matins naissants.

 

 

C'est une Loire volage

Qui roucoule dans son lit

C'est un fleuve visage

Qui coule sans soucis.

 

 

Ligèrement vôtre

IGP6422

Mardi 27 juillet 2010 2 27 /07 /Juil /2010 06:19
- Publié dans : Des Carnutes aux Cathares

L'artiste pingre.


Najac et ses hôtes.


La ville de Najac est célèbre par bien des aspects. Les férus d'histoire en tiennent pour cette forteresse austère qui surplombe la vallée. Fier bâtiment de guerre, il imposa les dominations franches et se plut à défaire les histoires de cœur.


Arriver aux pieds de ce colosse de pierre avec mon barda par le chemin muletier ne fut pas une mince affaire. Je dégoulinais tel une fontaine, je soufflais comme un bœuf qui tire l'araire. C'est ainsi, que fort peu présentable je me mis à la recherche d'un gîte pour la nuit.


Dans une des rues de Najac qui se refusent obstinément à la platitude, j'aperçus affichette à ma guise : « Ici, chambres d'hôtes ! ». Je tirai la chevillette et rien ne chut. J'allais me désespérer,

quand dans un dernier sursaut de vigueur,je branlai bien plus fort la chaînette pour que la cloche s'agitât.


D'un troisième étage tout couvert de lierre, une voix fluette à l'accent birkinien me hella. "J'arrive" me dit-elle. J'attendis de fort longues minutes, l'escalier devait en ces lieux anciens, prendre des allures de parcours sportif, d'obstacles guerriers ou de cheminement secret.


J'en étais à ne plus croire en la divine providence (ce qui, il faut l'avouer, n'est pas récent !) quand enfin la porte s'ouvrit pour laisser place à une créature de rêve. Un physique à brûler les

planches et les marcheurs, qui ne sont pas de marbre, une voix à susurrer des chansons friponnes.

 

La belle américaine me pria d'entrer, un peu surprise de l'état déplorable de son visiteur d'un soir. Elle m'avertit qu'elle n'était en rien responsable des chambres de ce lieu et qu'il faudrait attendre le maître en toute chose pour savoir de quoi il en retournerait.


Elle prit sur elle, quelle heureuse idée, de m'installer dans une chambre coquette pour que je puisse retrouver apparence humaine. Dans le souci habituel d'informer mes lecteurs des péripéties de la veille, des nouvelles du jour, je demandai s'il y avait la wi-fi.


La dame un peu gênée me déclara qu'elle n'avait pas accès au secret des dieux, qu'il faudrait attendre cet artiste méconnu, qui pour l'heure servait de guide aux ploucs de passage. Je compris ainsi que les peintures, sculptures et autres créations plastiques qui hantaient couloirs et escalier étaient l'œuvre de notre absent.


Tous les goûts sont dans la nature humaine et je me garderai bien d'émettre un jugement sur ces étranges distorsions qui s'enchevêtraient ici. Avec la compagne du créateur, nous discutâmes de

mon voyage et de mes motivations. Elle était persuadée que son grand artiste serait passionné par ce que je faisais.


Quand ce dernier arriva, il tonna, il gronda, il se déroba à la vue de cet indésirable qui se permettait d'investir une pièce de sa grande demeure. Comme dit la dame : « Il fait l'ours ! ». Un ours pas très matinal, il n'y aura pas de petit déjeuner. Monsieur travaille et il est fort fatigué !


 Quant à ce précieux code d'accès à la Wi-fi domiciliaire, impossible d'obtenir de celui qui se terre dans sa caverne la plus petite indication. J'en fus contraint à ne pouvoir mettre en ligne aucun

billet et la chose me contraria au plus haut point.


Au petit matin, je partis de cette belle demeure sans avoir, neserait-ce qu'aperçu, celui qui se prétend l'hôte de ces lieux. Le talent supposé ou simplement revendiqué ne fait rien à l'affaire. Un

goujat est un goujat, même sur le plus beau des portraits.


Règlementdecomptement vôtre

Je vais me lancer sur la dernière ligne droite ; cœur gros, jambes lourdes entre fierté du chemin parcouru et nostalgie de cette étrange bulle qui m'a coupé du monde.

Ne partez pas tout de suite, les récits ne sont terminés.


Albi, j'arrive ....


Qu'il me soit permis d'avoir une pensée émue pour un Bernard de ce pays qui en ce moment lutte contre une bien vilaine maladie qu'on s'interdit trop souvent de nommer. Je sais sa force et sa rage, le gars de Rabastens ne désarmera pas !


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