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Le monde selon C'est Nabum

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Ma Fille Liger

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La Fille Ligère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

A sa naissance on lui fit

Un berceau d'une gerbe de joncs

Elle aurait grandi au Puy

Avant de rejoindre des garçons

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Ils étaient tous marins

Cœurs gros et mœurs légères

Ils suivirent son chemin

Jusqu'à sa tribu Liger

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

En été elle se prélasse

Alanguie, elle prend tout son temps

C'est sans fin qu'elle rêvasse

S'endormant le long de ses bancs

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Et en automne, elle forcit

Elle redevient fréquentable

Mais si elle reste dans son lit

C'est pour se faire plus aimable

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Et en hiver elle s'emporte

En roulant sa colère

Tout en se faisant plus accorte

À tous les marins en galère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

C'est au printemps elle se lâche

Débordant de toutes parts

C'est alors qu'elle se fâche

Et nous refuse le départ

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Elle n'est jamais aussi belle

Qu'en notre soleil levant

Lorsque la brume l'éveille

À ses petits matins naissants.

 

 

C'est une Loire volage

Qui roucoule dans son lit

C'est un fleuve visage

Qui coule sans soucis.

 

 

Ligèrement vôtre

IGP6422

Samedi 17 juillet 2010 6 17 /07 /Juil /2010 09:02
- Publié dans : Des Carnutes aux Cathares - Communauté : partage

Et maintenant, la chaussure !

Mes semelles devant …

 

Chaque jour apporte une variation, une anicroche, une anecdote, un contretemps, une surprise. Je me sers la plupart du temps seul puisque je ne trouve pas vraiment dans le pays réel l'accueil que j'espérais bien naïvement à mon départ.

 

Depuis la Creuse, je bénéficie d'un peu plus d'aide que dans nos départements centraux (en dehors des amis qui m'ont accueilli). Ici, on m'a donné deux canettes de soda pour étancher ma soif, là deux gâteaux maison pour apporter ce surcroît d'énergie, un fois je fus invité à manger, ce soir on m'a donné un bol de taboulé.

 

Mais la porte qui s'ouvre, cela pas vraiment. La France a perdu son devoir de charité que ne manquerait aucune famille maghrébine auxquelles on se plaît tant à donner des leçons. La part du pauvre, du mendiant, du cheminot n'est plus dans notre patrimoine et si notre grand président invite à sa table des français moyens, c'est uniquement pour avoir un nouvel espace télévisuel en lieu et place de celui de la garden-party.

 

Nous nous sommes enfermés sur notre petit écran, notre égoïsme, nos

peurs fabriquées par des esprits retors qui ont tout à gagner en scindant le tissu social en mille fragments étanches. Nous nous sommes oubliés les uns les autres à trop regarder jalousement ce que s'était offert le voisin, combien il gagnait et où il allait en vacances.

 

Le débat sur l'identité nationale a bien sûr omis de réfléchir ce qui autrefois faisait lien et que les tenants de cette société de la cupidité ont volontairement atomisé pour profiter toujours plus de la situation face à des individus de plus en plus démunis.

 

Je marche et j'espère encore trouver des espaces préservés, des gens qui échapperont à cet anéantissement du génie national. Je sais que partout, ces gens existent et ce n'est nullement le propos que je souhaite tenir. Ce qui m'atterre c'est de n'en point trouver au hasard

de ce chemin.

 

Il a fallu qu'on m'indique l'existence de Jules et de sa femme pour les trouver sur ma route. J'ai du frapper à la porte de Georges et d'Anne-Marie pour découvrir des trésors de générosité. J'ai encore pousser la porte grande ouverte du brin de zinc pour découvrir des gens d'exception.

 

Mais personne dans la rue ne m'a soufflé à l'oreille : «  Nous aimerions bien vous aider, mais pour nous c'est vraiment difficile. Allez donc chez un tel, il se fera un plaisir de vous recevoir ! »; Car voyez-vous, pour faire cela, il faut déjà regarder celui qui passe et ne pas attendre qu'il sollicite un regard, un conseil, une indication.

 

Je craignais que la France de notre Grand Président subirait le contre-coup de sa politique aberrante. Je me suis trompé une nouvelle fois encore. C'est parce que collectivement nous sommes devenus ainsi qu'une majorité d'entre-nous a accepté cette image déformante de nos propres fantasmes vis à vis de l'argent, de la femme et du pouvoir.

 Il est le paradigme de notre nouvelle France et non point le responsable d'une perte de nos valeurs collectives et humaines. Je lui adresse mes plus plates excuses pour lui avoir attribué un pouvoir de nuisance qu'il n'a peut-être pas !

 

Je vais me traîner sur une seule savate jusqu'à Meymac, la plus grosse bourgade où j'ai une chance de trouver chaussure à mon pied. Je n'attends ni aide ni réconfort, je sais maintenant que c'est chacun pour soi pour gagner plus ou ne pas en perdre davantage. 

J'allais à la rencontre des humains mes semblables,  j'ai découvert le fond d'un abîme insondable : « Nous et nos petits égoïsmes si mesquins … »

Désabusément vôtre.

Ce soir, avec des chaussures ailés de chez Monsieur Aigle, je suis arrivé àAubazine en Corrèze. Étape menée tambour battant et chasses accueillantes.

J'ai commis une erreur de mis en ligne ce matin, je vous prie de pardonner le marcheur fatigué : 360 kilomètres au compteur ...

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