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Ma Fille Liger

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La Fille Ligère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

A sa naissance on lui fit

Un berceau d'une gerbe de joncs

Elle aurait grandi au Puy

Avant de rejoindre des garçons

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Ils étaient tous marins

Cœurs gros et mœurs légères

Ils suivirent son chemin

Jusqu'à sa tribu Liger

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

En été elle se prélasse

Alanguie, elle prend tout son temps

C'est sans fin qu'elle rêvasse

S'endormant le long de ses bancs

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Et en automne, elle forcit

Elle redevient fréquentable

Mais si elle reste dans son lit

C'est pour se faire plus aimable

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Et en hiver elle s'emporte

En roulant sa colère

Tout en se faisant plus accorte

À tous les marins en galère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

C'est au printemps elle se lâche

Débordant de toutes parts

C'est alors qu'elle se fâche

Et nous refuse le départ

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Elle n'est jamais aussi belle

Qu'en notre soleil levant

Lorsque la brume l'éveille

À ses petits matins naissants.

 

 

C'est une Loire volage

Qui roucoule dans son lit

C'est un fleuve visage

Qui coule sans soucis.

 

 

Ligèrement vôtre

IGP6422

Samedi 24 juillet 2010 6 24 /07 /Juil /2010 06:22
- Publié dans : Des Carnutes aux Cathares - Communauté : Les chroniques de la meute

 

Josette et Georges.


1

Finissez d'entrer malgré la pluie !

 

Je marchais depuis bientôt quatre heures, j'avais traversé trois villages et nul caboulot ne s'était offert à mon envie de boire enfin un petit café réconfortant. Je ne vais pas revenir sur cette désertification intérieure qui prive nos campagnes de petits espaces commerciaux. Elle m'inquiète grandement sur le devenir d'un pays qui ignore à ce point son espace traditionnel.


 J'en étais là de mes pensées lorsqu'au détour d'un virage,j'aperçus une fermette sage et modeste qui donnait signe de vie. Mon bidon était vide, il est souvent le parfait truchement à la rencontre impromptue, il fut cette fois le sésame d'un grand moment de bonheur.


Celle que bientôt j'appellerai Josette était au seuil de sa porte. Elle m'offrait l'occasion espérée depuis si longtemps de réclamer cette eau qu'à plusieurs reprises, hélas, sur ce chemin, de pauvres gens ont eu l'indignité de me refuser.


Josette n'est pas de ce marbre froid, la peur, depuis longtemps n'a plus de place chez elle. Elle m'accueillit avec cette merveilleuse phrase qui illumina mon périple : « Finissez d'entrer ! »

La glace était brisée, le marcheur dégoulinant de pluie n'effrayait pas la vieille dame. Elle s'offusqua même que je quitte mon sac à dos devant le pas de sa porte.


 La gourde remplie, elle appela Georges qui fit son apparition avec la démarche mal assurée de ceux qui ont beaucoup vécu. Un sourire, un mot gentil, la jeunesse du cœur n'a vraiment rien à voir avec les outrages du temps. Me sentant en lieu d'humanité, je me permis de dire :

« Si j'osais, je vous demanderais bien un café ! ». La formule est un peu cavalière mais elle n'offusqua pas mes hôtes de l'instant. Au contraire, elle fut suivie d'un « Asseyez-vous donc ! » qui ouvrit la porte des confidences à venir.


 J'évoquai alors les difficultés rencontrées sur la route pour obtenir pareil accueil. Georges me répondit avec bonhommie : « Moi, j'ai été déporté. Le père de Josette a été fusillé. Maintenant, plus rien ne peut nous faire peur. L'hospitalité est pour nous, un devoir sacré ! »


Mon petit calepin rouge fit son apparition sur la toile cirée. Je demandai l'autorisation de prendre des notes, ce qui me fut accordé tout aussi facilement que le café. Durant plus de trois heures, mon stylo noircit le papier humide, Josette pleura souvent, Georges s'émut aussi, tous les deux chantèrent parfois et je fus convié à déjeuner pour poursuivre la conversation entamée.


Mon chemin voulait remonter l'histoire ancienne. Je croisai brutalement la folie des hommes, la barbarie la plus monstrueuse que le siècle dernier ait pu enfanter. Georges et Josette en furent les malheureuses victimes. Pourtant, rien n'a retiré en eux leur merveilleuse humanité.


 Au terme du récit qui va suivre, quand plein de regrets, il me fallut les quitter, je ne pus dire, après avoir salué Georges et embrassé Josette : « Merci mille fois pour votre accueil et votre incroyable gentillesse. Vous venez de donner justification à mon voyage. Vous êtes l'honneur de ce pays ! »


Le feuilletoniste laisse parfois son auditoire en suspens, il s'assure ainsi une audience attentive et souvent captive pour le prochain épisode. Je ne résiste pas à cette tentation coupable. Je ne vous imposerai cependant ni page de publicité ni pirouette formelle. À bientôt.


À-suivrement vôtre.

En route !

J'ai consacré une journée à porter le cadeau de Georges et Josette, une mémoire à transmettre aux plus jeunes, un passé à rappeler à tous les autres, une France où la tyrannie s'exprima de la pire des manières.

Gardons-nous de ne point répétez les erreurs du passé. Il ne suffit pas de lire la Lettre de Guy Moquet pour échapper à certaines iniquités et horreurs !

 

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