Partager l'article ! Des Carnutes aux Cathares : Repos à Figeac: Fragments à Figeac. Pause et impressions. ...
La Fille Ligère
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
A sa naissance on lui fit
Un berceau d'une gerbe de joncs
Elle aurait grandi au Puy
Avant de rejoindre des garçons
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Ils étaient tous marins
Cœurs gros et mœurs légères
Ils suivirent son chemin
Jusqu'à sa tribu Liger
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
En été elle se prélasse
Alanguie, elle prend tout son temps
C'est sans fin qu'elle rêvasse
S'endormant le long de ses bancs
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Et en automne, elle forcit
Elle redevient fréquentable
Mais si elle reste dans son lit
C'est pour se faire plus aimable
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Et en hiver elle s'emporte
En roulant sa colère
Tout en se faisant plus accorte
À tous les marins en galère
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
C'est au printemps elle se lâche
Débordant de toutes parts
C'est alors qu'elle se fâche
Et nous refuse le départ
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Elle n'est jamais aussi belle
Qu'en notre soleil levant
Lorsque la brume l'éveille
À ses petits matins naissants.
C'est une Loire volage
Qui roucoule dans son lit
C'est un fleuve visage
Qui coule sans soucis.
Ligèrement vôtre
Fragments à Figeac.
Pause et impressions.
Une journée de repos en la bonne ville de Figeac fut pour moi l'occasion de recharger les accus après quatorze jours ininterrompus de marche. La vieille ville médiévale offrait un cadre parfait pour rester en suspension entre marche et toile.
*Nous passons te chercher !*
De l'Aveyron tout proche me parvient ce message. Daniel et Christine, les rois de l'hospitalité me font part de leur envie de me recevoir chez eux pendant cette parenthèse piétonnière.
Étrange sensation provoquée par ce gentil mot. L'idée de passer en mon but ultime avant que d'avoir achevé mon chemin risquerait de voir s'effondrer la forteresse de conviction que j'ai dressée autour de ma démarche. Je devine déjà le repas de fête, les bonnes bouteilles débouchées et la gentillesse habituelle de nos gens de l'Herm.
Je redoute de succomber à la tentation de rester là où habituellement je passe des vacances chaleureuses. J'ai encore besoin de ma bulle, d'une protection solide contre le confort habituel d'une existence sédentaire. Je ne sais comment repousser la proposition. J'ai peur de blesser des gens qui se mettent toujours en quatre pour recevoir l'ami de passage, l'ami de l'ami aussi.
*Compagnons d'autres chemins.*
Ainsi hélas étaient ceux que j'ai croisés.
Depuis mon départ j'avais le sentiment d'être le seul au monde à fouler la terre pour aller un peu plus loin. Je n'avais jusque la croisé nul chemineur portant sa maison, nul pèlerin portant sa coquille. J'avais l'impression d'être l'unique marcheur sur ces chemins !
À Figeac j'ai croisé mes pareils, c'est du moins ce que je croyais. Ils portent leur sac, s'appuient sur des bâtons de marche et pour se reconnaître, ont accroché une coquille Saint Jacques sur le côté du barda.
La nuance est de taille, le signe évident. Ils les distinguent du commun de la route, c'est futurs mortels, eux qui rêvent sans doute d'immortalité. La coquille sert de carapace grossière à ceux qui ont fait vœu d'indifférence notoire envers tous leurs dissemblables.
Je les devine d'un autre monde que le mien. Ils le font sentir en me rendant transparent. Leur quête spirituelle les conduit à ignorer totalement leurs frères qui pensent différemment. Je les laisse emprunter la voie du seigneur et me réfugie sur mes chemins impromptus.
*Les hôpitaux de l'intérieur.*
J'ai croisé deux jeunes gens, heureux d'être prochainement les parents d'une bébé à naître. Ils vivent en Lozère où un seul hôpital se bat pour rester dans les quotas imposés par la France parisienne qui tient les compte pour les autres.
À Mende, la médecine n'a plus d'autre souci que d'atteindre chaque année les 3 000 interventions qui lui permettront de survivre. Tout est devenu prétexte à intervention. Il faut faire du chiffre et non plus de la médecine.
Les futurs parents ont deviné le piège. La naissance médicalisée à outrance pour répondre aux attentes des énarques distingués. Eux qui voulaient une naissance en leur domicile sont contraints de venir trouver refuge à Villefranche la voisine, pour une naissance qui se fera bien plus à leur convenance.
Trois moments différents d'une journée de reposement vôtre
Ce soir, je suis à Najac mais sans wifi.
Impossible de vous répondre et j'ai du retard sur mes billets.
Patientez un peu
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