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Ma Fille Liger

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La Fille Ligère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

A sa naissance on lui fit

Un berceau d'une gerbe de joncs

Elle aurait grandi au Puy

Avant de rejoindre des garçons

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Ils étaient tous marins

Cœurs gros et mœurs légères

Ils suivirent son chemin

Jusqu'à sa tribu Liger

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

En été elle se prélasse

Alanguie, elle prend tout son temps

C'est sans fin qu'elle rêvasse

S'endormant le long de ses bancs

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Et en automne, elle forcit

Elle redevient fréquentable

Mais si elle reste dans son lit

C'est pour se faire plus aimable

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Et en hiver elle s'emporte

En roulant sa colère

Tout en se faisant plus accorte

À tous les marins en galère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

C'est au printemps elle se lâche

Débordant de toutes parts

C'est alors qu'elle se fâche

Et nous refuse le départ

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Elle n'est jamais aussi belle

Qu'en notre soleil levant

Lorsque la brume l'éveille

À ses petits matins naissants.

 

 

C'est une Loire volage

Qui roucoule dans son lit

C'est un fleuve visage

Qui coule sans soucis.

 

 

Ligèrement vôtre

IGP6422

Dimanche 25 juillet 2010 7 25 /07 /Juil /2010 20:58
- Publié dans : Des Carnutes aux Cathares - Communauté : Les chroniques de la meute

 

Fragments à Figeac.

Pause et impressions.

 

Une journée de repos en la bonne ville de Figeac fut pour moi l'occasion de recharger les accus après quatorze jours ininterrompus de marche. La vieille ville médiévale offrait un cadre parfait pour rester en suspension entre marche et toile.

 

*Nous passons te chercher !*

 

De l'Aveyron tout proche me parvient ce message. Daniel et Christine, les rois de l'hospitalité me font part de leur envie de me recevoir chez eux pendant cette parenthèse piétonnière.

 

Étrange sensation provoquée par ce gentil mot. L'idée de passer en mon but ultime avant que d'avoir achevé mon chemin risquerait de voir s'effondrer la forteresse de conviction que j'ai dressée autour de ma démarche. Je devine déjà le repas de fête, les bonnes bouteilles débouchées et la gentillesse habituelle de nos gens de l'Herm.

 

Je redoute de succomber à la tentation de rester là où habituellement je passe des vacances chaleureuses. J'ai encore besoin de ma bulle, d'une protection solide contre le confort habituel d'une existence sédentaire. Je ne sais comment repousser la proposition. J'ai peur de blesser des gens qui se mettent toujours en quatre pour recevoir l'ami de passage, l'ami de l'ami aussi.

 

*Compagnons d'autres chemins.*

Ainsi hélas étaient ceux que j'ai croisés.

 

Depuis mon départ j'avais le sentiment d'être le seul au monde à fouler la terre pour aller un peu plus loin. Je n'avais jusque la croisé nul chemineur portant sa maison, nul pèlerin portant sa coquille. J'avais l'impression d'être l'unique marcheur sur ces chemins !

 

À Figeac j'ai croisé mes pareils, c'est du moins ce que je croyais. Ils portent leur sac, s'appuient sur des bâtons de marche et pour se reconnaître, ont accroché une coquille Saint Jacques sur le côté du barda.

 

La nuance est de taille, le signe évident. Ils les distinguent du commun de la route, c'est futurs mortels, eux qui rêvent sans doute d'immortalité. La coquille sert de carapace grossière à ceux qui ont fait vœu d'indifférence notoire envers tous leurs dissemblables.

 

Je les devine d'un autre monde que le mien. Ils le font sentir en me rendant transparent. Leur quête spirituelle les conduit à ignorer totalement leurs frères qui pensent différemment. Je les laisse emprunter la voie du seigneur et me réfugie sur mes chemins impromptus.

 

*Les hôpitaux de l'intérieur.*

 

 J'ai croisé deux jeunes gens, heureux d'être prochainement les parents d'une bébé à naître. Ils vivent en Lozère où un seul hôpital se bat pour rester dans les quotas imposés par la France parisienne qui tient les compte pour les autres.

 

À Mende, la médecine n'a plus d'autre souci que d'atteindre chaque année les 3 000 interventions qui lui permettront de survivre. Tout est devenu prétexte à intervention. Il faut faire du chiffre et non plus de la médecine.

 

Les futurs parents ont deviné le piège. La naissance médicalisée à outrance pour répondre aux attentes des énarques distingués. Eux qui voulaient une naissance en leur domicile sont contraints de venir trouver refuge à Villefranche la voisine, pour une naissance qui se fera bien plus à leur convenance.

Trois moments différents d'une journée de reposement vôtre

Ce soir, je suis à Najac mais sans wifi.

Impossible de vous répondre et j'ai du retard sur mes billets.

Patientez un peu

 

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