Partager l'article ! Des Carnutes aux Cathares : Sainte Croix en Aveyron: Bienvenue dans L'A ...
La Fille Ligère
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
A sa naissance on lui fit
Un berceau d'une gerbe de joncs
Elle aurait grandi au Puy
Avant de rejoindre des garçons
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Ils étaient tous marins
Cœurs gros et mœurs légères
Ils suivirent son chemin
Jusqu'à sa tribu Liger
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
En été elle se prélasse
Alanguie, elle prend tout son temps
C'est sans fin qu'elle rêvasse
S'endormant le long de ses bancs
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Et en automne, elle forcit
Elle redevient fréquentable
Mais si elle reste dans son lit
C'est pour se faire plus aimable
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Et en hiver elle s'emporte
En roulant sa colère
Tout en se faisant plus accorte
À tous les marins en galère
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
C'est au printemps elle se lâche
Débordant de toutes parts
C'est alors qu'elle se fâche
Et nous refuse le départ
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Elle n'est jamais aussi belle
Qu'en notre soleil levant
Lorsque la brume l'éveille
À ses petits matins naissants.
C'est une Loire volage
Qui roucoule dans son lit
C'est un fleuve visage
Qui coule sans soucis.
Ligèrement vôtre
Bienvenue dans L'Aveyron
Le pays des gens courtois …
En quittant Figeac je me rendis bien vite compte qu'il se passait quelque chose de peu ordinaire pour celui qui a traversé une petite partie du centre de notre hexagone. Sur la route qui me menait vers Beduer, sept automobilistes consécutivement, mirent clignotants pour me croiser, ralentirent et poussèrent même la civilité jusqu'à répondre à mon salut.
J'étais encore dans le Lot, j'avançais vers un village magnifique : Faycelles pour plonger ensuite vers la rivière éponyme, frontière naturelle d'avec cet Aveyron, département de mon cœur !
Sur le chemin, une femme attendant un bus m'enseigna un chemin de traverse qui me fit longer les berges du fleuve.
Je débouchais à deux pas d'une cabane où un trio solidement campé discutait le bout de gras. Ils me firent bon accueil, parlèrent longuement de mon aventure, du comportement aberrant de leurs compatriotes égarés dans ces régions septentrionales qu'ils ne connaissent à peine !
Je traversai le fleuve et changeai ainsi de département. Rien ne fut mofifié bien au contraire. Les routes étroites et sinueuses incitent à la prudence et au respect de l'autre. J'avançais d'un bon pas, conforté par la découverte d'une petite épicerie qui me permit un judicieux ravitaillement.
Je posais sac et fatigue sur le perron de Jean-Michel, éleveur local et marcheur dans la célèbre association du Petit pas Malvillois. Il tenait à ce que je vous invite à leur randonnée nocture du samedi 31 août à Lescure Jaoul. Il oublia bien qu'il était marcheur et voulu m'offrir une bière.
Je repris la route pour arriver à Mirabel, village bien nommé. Il y avait des pruniers tout au long de mon chemin. Mais comme je suis marcheur et pas coureur, je me mis en devoir de n'en point manger ! C'est là que je découvris la connaissance parfaite qu'on les gens d'ici de leur si joli pays aux innombrables chemins.
Un premier habitant de fin une explication parfaite pour couper la colline et me retrouver en face par deux sentiers de terre et un chemin muletier. Il prit la peine de me dire : « Vous trouverez forcément quelqu'un pour vous montrer la suite ! »
Au débouché de la ferme Bervic, on fit mieux qu'une longue explication. On me donna carte locale détaillant les circuits et balades autour de Sainte Croix. Il fallait me dit-on viser jusqu'à Balard puis aller vers l'Oustal où c'est certain ; quelqu'un prendrait le relais.
Je passais sur des chemins que l'occupation agricole raisonnée et la passion du pays ont laissé entretenus et parfaitement marqués. Je croisais vaches et brebis qui par leurs passages fréquents assurent une intendance qui ne se fait pas ailleurs.
À l'Oustal, j'étais proche du but et je demandais une fois encore ma route ou bien un chemin. Mon interlocteur me demanda chez qui je me rendais et déclara sans possibilité de le contredire :
« Il vaux mieux que je vous y conduise, vous ne trouverez jamais tout seul ! »
L'homme revenait de la pêche et j'appris plus tard qu'il fut le boulanger d'ici avant que de prendre une retraite bien occupée. Il me fit détours et contours et en quelques minutes me posa à bon but.
Mes hôtes n'étaient pas encore arrivés. Je fis bonne et longue sieste à l'ombre d'un arbre et sorti l'ordinateur pour écrire un texte. Quand Gilles et Annie arrivèrent, l'enchantement aveyronnais se renouvela une fois encore. Vous en saurez plus une autre fois !
Cheminement vôtre.
Départ de Najac après une nuit chez un artiste pingre qui me refusa Wi-Fi et petit déjeuner.
En route pour Cordes sous la pluie comme il se doit !
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