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Ma Fille Liger

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La Fille Ligère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

A sa naissance on lui fit

Un berceau d'une gerbe de joncs

Elle aurait grandi au Puy

Avant de rejoindre des garçons

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Ils étaient tous marins

Cœurs gros et mœurs légères

Ils suivirent son chemin

Jusqu'à sa tribu Liger

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

En été elle se prélasse

Alanguie, elle prend tout son temps

C'est sans fin qu'elle rêvasse

S'endormant le long de ses bancs

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Et en automne, elle forcit

Elle redevient fréquentable

Mais si elle reste dans son lit

C'est pour se faire plus aimable

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Et en hiver elle s'emporte

En roulant sa colère

Tout en se faisant plus accorte

À tous les marins en galère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

C'est au printemps elle se lâche

Débordant de toutes parts

C'est alors qu'elle se fâche

Et nous refuse le départ

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Elle n'est jamais aussi belle

Qu'en notre soleil levant

Lorsque la brume l'éveille

À ses petits matins naissants.

 

 

C'est une Loire volage

Qui roucoule dans son lit

C'est un fleuve visage

Qui coule sans soucis.

 

 

Ligèrement vôtre

IGP6422

Vendredi 23 juillet 2010 5 23 /07 /Juil /2010 13:55
- Publié dans : Des Carnutes aux Cathares

Compagnons de misère.


Le désarroi de la petite reine !


 Sur les petites routes de France, je croise pour unique compagnon de misère, le cycliste du dimanche ou l'occasionnel, le cyclotouriste minutieux et le vacancier à vélo. Ceux-là sont mes frères de goudron, ils craignent comme moi qu'une vilaine auto viennent leur voler dans les plumes !


Ils n'appartiennent pas à la caste déguisée, celle des sportifs rapides et grimés aux couleurs chatoyantes et souvent inesthétiques des porteurs de placards publicitaires. Ceux-là se déplacent en tribus compactes qu'on nomme dans leur jargon : « peloton ». Moi je croyais bien naïvement que ce terme était une invitation à faire un tour à bicyclette avec Paulette …


Ils peuvent aussi aller seul, mais le souffle de leur passage me permet de penser qu'ils sont accompagnés de leurs amis apothicaires. Qu'importe leur nombre, nos amis de la conformité télévisuelle prennent alors l'importance qu'ils attribuent à leur idoles. Ils se donnent l'air d'avoir l'air même s'ils n'ont le plus souvent pas l'air du tout.


L'habit du sportif fait souvent le moine et le façonne dans une humanité qui n'est pas la nôtre, nous les « traîneux » de l'asphalte. Ces porteurs de maillot officiels passent le plus souvent sans saluer le marcheur ni même leur jeter un regard plein de compassion. Au bonjour que j'adresse systématiquement à la gente « pédalière », celle-là me retourne un silence méprisant. Ils sont les futurs automobilistes qui me frôleront d'un souffle d'air si proche.


Leurs collègues de selle et de guidon, les anonymes du dérailleur, ceux-là n'oublient jamais de me rendre mon salut et il en est même de plus prompt que moi pour ouvrir le bal de la politesse. Ils ont l'avantage de la vitesse et de la hauteur, ceci expliquant cela. J'ai même vu des porteurs de cuissards mettre cale à terre pour m'accompagner un petit bout de chemin.


Les tenants de la performance ont sans doute oublié que la courtoisie ne diminue en rien le rendement de leurs belles mécaniques. Au contraire, un petit bonjour les incite à une expiration forcée, un rejet supplémentaire d'air qui leur ferait le plus grand bien.


Je reviens à mes cyclistes distingués qui prennent le temps d'un mot et d'un sourire. Ils sont pour moi les plus précieux connaisseurs des petites routes et parfois quand ils pratiquent le vélo libre et indépendant du bitume, des chemins de leur coin.


Au cycliste courtois je peux toujours demander un conseil, une astuce, un raccourci qui en sera vraiment un. Sur sa région, il en connait un rayon. Il est un des derniers arpenteurs de nos routes. Il ne fait pas usage de l'électronique pour décider où il va. Il sait consulter une carte et peut m'en montrer les petites subtilités.

 

Cycliste et amoureux du pays réel, il m'indique où il faut passer, il me conseille le petit restaurant sympathique, le village qui vaut le détour, la visite qui s'impose. Il sait vraiment la distance à parcourir, me permet de comprendre le temps qu'il me faudra.


Cycliste, compagnon de misère, je tiens à te remercier au nom de tous les tiens. Souvent tu m'a remis en selle quand j'étais crevé ou à plat et de ça, je t'en remercie vraiment.


Draisiennement vôtre. 


Je sais que vous attendez tous le récit de mes rencontres de Lissac-Moret. L'attente est la meilleure façon de créer le désir. J'use auprès de vous de cette ficelle grossière, je vous prie d'en accepter le jeu !

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