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Ma Fille Liger

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La Fille Ligère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

A sa naissance on lui fit

Un berceau d'une gerbe de joncs

Elle aurait grandi au Puy

Avant de rejoindre des garçons

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Ils étaient tous marins

Cœurs gros et mœurs légères

Ils suivirent son chemin

Jusqu'à sa tribu Liger

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

En été elle se prélasse

Alanguie, elle prend tout son temps

C'est sans fin qu'elle rêvasse

S'endormant le long de ses bancs

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Et en automne, elle forcit

Elle redevient fréquentable

Mais si elle reste dans son lit

C'est pour se faire plus aimable

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Et en hiver elle s'emporte

En roulant sa colère

Tout en se faisant plus accorte

À tous les marins en galère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

C'est au printemps elle se lâche

Débordant de toutes parts

C'est alors qu'elle se fâche

Et nous refuse le départ

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Elle n'est jamais aussi belle

Qu'en notre soleil levant

Lorsque la brume l'éveille

À ses petits matins naissants.

 

 

C'est une Loire volage

Qui roucoule dans son lit

C'est un fleuve visage

Qui coule sans soucis.

 

 

Ligèrement vôtre

IGP6422

Mercredi 28 juillet 2010 3 28 /07 /Juil /2010 06:16
- Publié dans : Des Carnutes aux Cathares

 

Sur la Route.


Observation des mœurs automobiles.



 Le marcheur en mal de chemin ou qui cherche à maintenir son cap doit parfois fréquenter le bord d'une route départementale. La prudence lui impose d'avancer sur le côté gauche pour faire face à ce danger qui surgit face à lui sur quatre coussins pneumatiques.


Il peut tout à loisir constituer des observations fines sur cette tribu étrange qu'on nomme automobilistes. Il n'est est pas un d'identique mais il est possible de tirer quelques grands archétypes. Bien sûr, certains échapperont toujours à la case où l'on a voulu les glisser.


À tout saigneur potentiel, tout honneur. Il y a mes amis les bolides. Bêtes sauvages lorsqu'ils ont le volant en main et la Rolex au poignet, ils traversent nos campagnes à une allure folle. Possesseur de véhicules aux multiples gadgets, ils savent où peut se situer le contrôle mesquin et le reste du temps dépassent allègrement les limites fixées.


C'est un point de vue qui peut à la limite se concevoir mais ce qui devient tout à fait insupportable c'est leur refus de ralentir lorsqu'ils croisent un chemineux-traineux. Tout juste font-ils un écart si personne ne se trouve en face car la route leur appartient et le piéton n'a qu'à se pousser ou se jeter au fossé.


Il y a aussi les prudents par nature. Ceux qui s'écartent au croisement de l'obstacle. Ils ont le souci de leur belle enveloppe métallique et tout ce qui peut constituer un danger, doit lui être épargnée. Caillou, trou, animal ou baladin, il faut éviter ce qui entrave l'espace d'un instant leur course folle.


Rassurez-vous, le pilote est vigilant, il a vu, il a esquivé avec une parfaite virtuosité. Mais dans l'habitacle bienheureux, on le devine, pas un regard, pas une pensée pour celui qui se trouve face à eux l'espace d'un souffle d'air qu'ils ne cherchent même pas à atténuer.


Il y a ceux qui prennent en compte l'imprévoyant à pied. En l'apercevant, ils ralentissent un peu et s'ils le peuvent, vont de l'autre côté de la chaussée. Ils regardent étonnés cet étrange olibrius qui refuse le progrès et l'évidence pétrolière. Ils ont cependant, l'espace d'un moment, respecté son chemin.


Il y a enfin ceux qui considèrent le marcheur solitaire à l'égal d'un autre usager de la route. Ils font en sorte de lui montrer qu'il existe, qu'ils l'ont vu et qu'ils souhaitent s'en préoccuper; Bien avant de le croiser, ils ralentissent, mettent un clignotant qui est comme un signe amical pour se déporter de l'autre côté de la route.


À ceux-là qui m'ont fait le cadeau d'un clin d'œil, j'offre toujours un salut amical de la main. Les lois de la dynamique peut-être ou plus exactement de la cinétique sont sans doute ainsi faites que le salut se perd le plus souvent dans l'abime du temps de réaction. Car, il faut bien le reconnaître, ils sont bien peu ceux qui me rendent ce geste amical.


À ma grande surprise, ce sont souvent des camionneurs qui me renvoient ce geste de la main. Je devine pourtant que pour eux parfois, l'écart et le ralentissement n'est pas chose aisée, et je tiens à les en remercier ici.


Je vous souhaite, après avoir lu ces lignes, de modifier votre pratique routière si elle n'était pas celle que je préfère. Ce petit clin d'œil est fort simple, il marque de la considération tout en rassurant celui qui est le plus en danger. Merci à vous.



Sécuritéroutièrement vôtre


De Cordes à Albi, pour finir mon périple, j'ai fréquenté plus de cinq heures durant le côté gauche de la D 600. Pendant une heure, aucun véhicule ne me fit ce clin d'œil que j'aime tant. Puis, les gentils conducteurs étant enfin sortis, 36 signaux amicaux me furent offerts.

Pendant ce temps, 8 démons de la route me mirent gravement en danger par des comportements qui devraient relever de la cour d'assise. Mais en pays, seul la fiscalité routière importe à notre gouvernement. 

De tout mon long chemin, je n'ai pas vu gendarme ni policier sur ces petites routes où les comportements sont parfois ahurissants. Il est vrai qu'il faut faire du chiffre en piégeant les braves gens et qu'il est bon de laisser filer les habitués de l'infraction.

Ce matin, j'assiste à l'entraînement de l'équipe de Rugby d"Albi. Je vous raconterai ce nouvel aspect de mon voyage.

 

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