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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Des Carnutes aux Cathares : sur la route de Cordes à Albi

 

Sur la Route.


Observation des mœurs automobiles.



 Le marcheur en mal de chemin ou qui cherche à maintenir son cap doit parfois fréquenter le bord d'une route départementale. La prudence lui impose d'avancer sur le côté gauche pour faire face à ce danger qui surgit face à lui sur quatre coussins pneumatiques.


Il peut tout à loisir constituer des observations fines sur cette tribu étrange qu'on nomme automobilistes. Il n'est est pas un d'identique mais il est possible de tirer quelques grands archétypes. Bien sûr, certains échapperont toujours à la case où l'on a voulu les glisser.


À tout saigneur potentiel, tout honneur. Il y a mes amis les bolides. Bêtes sauvages lorsqu'ils ont le volant en main et la Rolex au poignet, ils traversent nos campagnes à une allure folle. Possesseur de véhicules aux multiples gadgets, ils savent où peut se situer le contrôle mesquin et le reste du temps dépassent allègrement les limites fixées.


C'est un point de vue qui peut à la limite se concevoir mais ce qui devient tout à fait insupportable c'est leur refus de ralentir lorsqu'ils croisent un chemineux-traineux. Tout juste font-ils un écart si personne ne se trouve en face car la route leur appartient et le piéton n'a qu'à se pousser ou se jeter au fossé.


Il y a aussi les prudents par nature. Ceux qui s'écartent au croisement de l'obstacle. Ils ont le souci de leur belle enveloppe métallique et tout ce qui peut constituer un danger, doit lui être épargnée. Caillou, trou, animal ou baladin, il faut éviter ce qui entrave l'espace d'un instant leur course folle.


Rassurez-vous, le pilote est vigilant, il a vu, il a esquivé avec une parfaite virtuosité. Mais dans l'habitacle bienheureux, on le devine, pas un regard, pas une pensée pour celui qui se trouve face à eux l'espace d'un souffle d'air qu'ils ne cherchent même pas à atténuer.


Il y a ceux qui prennent en compte l'imprévoyant à pied. En l'apercevant, ils ralentissent un peu et s'ils le peuvent, vont de l'autre côté de la chaussée. Ils regardent étonnés cet étrange olibrius qui refuse le progrès et l'évidence pétrolière. Ils ont cependant, l'espace d'un moment, respecté son chemin.


Il y a enfin ceux qui considèrent le marcheur solitaire à l'égal d'un autre usager de la route. Ils font en sorte de lui montrer qu'il existe, qu'ils l'ont vu et qu'ils souhaitent s'en préoccuper; Bien avant de le croiser, ils ralentissent, mettent un clignotant qui est comme un signe amical pour se déporter de l'autre côté de la route.


À ceux-là qui m'ont fait le cadeau d'un clin d'œil, j'offre toujours un salut amical de la main. Les lois de la dynamique peut-être ou plus exactement de la cinétique sont sans doute ainsi faites que le salut se perd le plus souvent dans l'abime du temps de réaction. Car, il faut bien le reconnaître, ils sont bien peu ceux qui me rendent ce geste amical.


À ma grande surprise, ce sont souvent des camionneurs qui me renvoient ce geste de la main. Je devine pourtant que pour eux parfois, l'écart et le ralentissement n'est pas chose aisée, et je tiens à les en remercier ici.


Je vous souhaite, après avoir lu ces lignes, de modifier votre pratique routière si elle n'était pas celle que je préfère. Ce petit clin d'œil est fort simple, il marque de la considération tout en rassurant celui qui est le plus en danger. Merci à vous.



Sécuritéroutièrement vôtre


De Cordes à Albi, pour finir mon périple, j'ai fréquenté plus de cinq heures durant le côté gauche de la D 600. Pendant une heure, aucun véhicule ne me fit ce clin d'œil que j'aime tant. Puis, les gentils conducteurs étant enfin sortis, 36 signaux amicaux me furent offerts.

Pendant ce temps, 8 démons de la route me mirent gravement en danger par des comportements qui devraient relever de la cour d'assise. Mais en pays, seul la fiscalité routière importe à notre gouvernement. 

De tout mon long chemin, je n'ai pas vu gendarme ni policier sur ces petites routes où les comportements sont parfois ahurissants. Il est vrai qu'il faut faire du chiffre en piégeant les braves gens et qu'il est bon de laisser filer les habitués de l'infraction.

Ce matin, j'assiste à l'entraînement de l'équipe de Rugby d"Albi. Je vous raconterai ce nouvel aspect de mon voyage.

 

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TEIXEIRA 28/07/2010 11:51



Chapeau bas l'artiste,


il est des voyages qui  font découvrir cette beauté méconnu ou oublié pour beaucoup de notre terroir. il est des routes ou il fait bon vivre et d'autres ou il n'y fait pas bon passer,
je suis ravi d'avoir lu tes récits petit tour de france moins médiatique  mais au combien passionnant si tu passes par la beauce  fais signe on trouvera bien un
ou deux morceaux de choix de notre fidèle cochon ou autre compagnon cher au plaisir de bacchus  Amitié Mathieu    



BR 28/07/2010 16:04



Mathieu


 


J'ai passé trois longues semaines bien loin des considérations gastronomiques et je te préviens, je répondrai à ton invitation avec un appétit d'ogre.


Merci d'avoir suivi ce périple, j'espère en faire une compilation livresque dont bien sûr tu auras la primeure.


Vive la Beauce, ce beau pays si plat !


Que n'ai-je marché ici plutôt que dans ces contrées pentues !


 


Platement vôtre



marie-jo 28/07/2010 10:03



Si les pieds sont au repos, je constate que la plume court toujours... Bravo pour la performance sportive, littéraire, et humaine... Merci pour le partage que tu nous en as fait ;
atterris en douceur dans l'univers des séden-terre, après cette longue envolée. Je t'embrasse, rassurée que tu sois arrivé à bon port, sans autres égratignures que celles occasionnées par qq
décevantes rencontres... mais qui t'auront finalement inspiré ces griffures épistolaires dont tu as le secret !



BR 28/07/2010 16:01



Marie-Jo


 


Dois-je t'avouer que certains lecteurs m'ont préféré dans la verbe acide, celle que tu me contestes tant ?


Je fus ainsi baptisé "L'amer des sarcasmes !" et le titre me plait assez. J'ai tâché aussi de tremper ma plume dans les pétales de roses. J'y suis parvenu parfois car les rencontres furent
belles.


Les égratignures et les belles pommades font toujours partie du voyage.


La ronce griffe et il faut apaiser sa brûlure ...


Les commentaires de tous mes amis furent baume au cœur aussi !


 


Merci


 


Bernard



Patrick 28/07/2010 09:36



Cool, cool . . . c'est fini. Bonjour à l'ami Yann et son amie. Joli coin que son bord de rivière. Et l'homme est toujours aussi jovial.


Bon entrainement avec ton pote Henry


A très bientôt



BR 28/07/2010 10:04



Patrick


 


C'est l'heure de la collation pour les joueurs.


Ils ont commencé à 7H30 : les joies du professionnalisme !


Grosse séance physique et une mise en place de la défense en touche. Un billet bien-sûr décrira tout ça.


À BIENTÔT


Que c'est bon de ne pas marcher par ce soleil !


 


Bernard