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Ma Fille Liger

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La Fille Ligère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

A sa naissance on lui fit

Un berceau d'une gerbe de joncs

Elle aurait grandi au Puy

Avant de rejoindre des garçons

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Ils étaient tous marins

Cœurs gros et mœurs légères

Ils suivirent son chemin

Jusqu'à sa tribu Liger

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

En été elle se prélasse

Alanguie, elle prend tout son temps

C'est sans fin qu'elle rêvasse

S'endormant le long de ses bancs

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Et en automne, elle forcit

Elle redevient fréquentable

Mais si elle reste dans son lit

C'est pour se faire plus aimable

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Et en hiver elle s'emporte

En roulant sa colère

Tout en se faisant plus accorte

À tous les marins en galère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

C'est au printemps elle se lâche

Débordant de toutes parts

C'est alors qu'elle se fâche

Et nous refuse le départ

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Elle n'est jamais aussi belle

Qu'en notre soleil levant

Lorsque la brume l'éveille

À ses petits matins naissants.

 

 

C'est une Loire volage

Qui roucoule dans son lit

C'est un fleuve visage

Qui coule sans soucis.

 

 

Ligèrement vôtre

IGP6422

Jeudi 22 septembre 2011 4 22 /09 /Sep /2011 15:08
- Publié dans : A la lumière d'une chandelle. - Communauté : Le grand n'importe quoi !

Gueule de bois …

 


Nous en avons plein la bouche de ces mots qu'on gueule pour dire, hurler, clamer, vociférer notre colère. Des mots qui accrochent, des mots qui soulagent, des mots qui irritent, des mots qu'on mérite. Les mots se bousculent à notre portillon intime. Ils sont une mise en bouche pour un gueuleton final, une orgie de vérité, une exigence de clarté, une source miraculeuse.

Car les mots coulent de source. Ils ont longtemps cheminé dans nos consciences. Ils pesaient lourdement sur ce présent qu'on ne pouvait tolérer. Ils s'infiltraient par tous les pores de notre peau, nous remplissaient d'amertume, d'indignation avalées, de révoltes étouffées. Puis un jour, le trop plein a explosé, la bonde a lâché et les flots ont jailli par cataractes impétueuses.

Les mots se sont  alors inscrits en lettres de feu, en lettres de sang. Ils exprimaient nos souffrances, nos maux, nos malheurs. Ces années de silence, ces heures à supporter les mots des autres, des mots sans épaisseur, des mots sans saveur, vos mots hémicycles, vos mots des palais méprisants. Ils étaient mots sans noirceur, sans valeur, sans odeur. D'eux ne coulaient nulle sève, d'une langue pourtant, qu'on disait de bois.

Leurs échardes nous blessaient, leurs copeaux nous étouffaient, leurs résines nous collaient à une vérité factice, une démonstration artifice, une idéologie du vice. Nous étions les pantins désarticulés des mots qui  jaillissaient  de vos gorges vaniteuses. Vous tiriez les ficelles,vous meniez le bal où jamais nous étions invités à danser. Simples spectateurs, nous nous débattions bien malgré nous dans ce fatras de mots cossus que vous jetiez à nos bouches cousues !

Une rumeur nous est venue d'ailleurs, de contrées jusqu'alors bâillonnées.Des peuples mis sous le boisseau de dictateurs odieux se sont réveillés d'années de terreur en hurlant à la face de ces monstres cupides : « Dégage ! ». Eux, ils n'avaient plus rien à perdre. Ils reprenaient l'appel à l'indignation qu'un vieux monsieur ici, avait lancé à l'amertume des gens simples. Ils inventaient l'ordre de faire place nette et de laisser les peuples prendre en main leurs destins.

Maintenant, les grands hommes, chaque matin en se rasant, n'ont plus leur pouvoir comme unique préoccupation, Ce sont les murs qu'ils doivent raser, partir sur la pointe des pieds, faire leur valise avant que leur tête ne roule dans une malle en osier. Les mots peuvent être coupants, nos mots, trop longtemps ravalés au fond de nos gorges, peuvent enfin trancher dans le vif !

Ici aussi, à trop s'être moqués de nous, de nous avoir abreuvé de  mots creux, de phrases simplettes pour nous berner et nous mentir, ils ont mis en marche ce mouvement inexorable qui abolira le pouvoir actuel, cette cinquième république accaparée par des professionnels du mensonge et de la démagogie.

Dehors parleurs sans talent, orateurs sans chaleur, phraseurs sans sincérité. Dehors, dégagez et laissez nous prendre en main notre destin. La société qui vous a engraissés nous a laissés sur la paille. Vous vous êtes nourris sur la bête et aujourd'hui, la bête réclame son émancipation, sa liberté retrouvée et la fin du joug insupportable d'une parole confisquée.

De tous vos mots de bois, de cette langue sans racine que vous nous avez servie, nous préparons un immense bûcher. Nous mettrons le feu à vos vanités, votre statut à jamais perdu, votre cinquième République de l'abus de pouvoir, du rejet de la différence, de l'irrespect des autres. Nous supprimerons les décorations, les honneurs, les rentes à vie, les immunités scabreuses, les  positions dominantes. Nous inventerons une nouvelle république, fraternelle, égalitaire, solidaire sans jamais plus aliéner notre liberté à des représentants honteux.


Déboisement vôtre.

Vidéo : déjà mise en ligne mais si nécessaire
F. LEPAGE - L'art de manier la langue de bois par rikiai

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