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Ma Fille Liger

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La Fille Ligère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

A sa naissance on lui fit

Un berceau d'une gerbe de joncs

Elle aurait grandi au Puy

Avant de rejoindre des garçons

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Ils étaient tous marins

Cœurs gros et mœurs légères

Ils suivirent son chemin

Jusqu'à sa tribu Liger

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

En été elle se prélasse

Alanguie, elle prend tout son temps

C'est sans fin qu'elle rêvasse

S'endormant le long de ses bancs

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Et en automne, elle forcit

Elle redevient fréquentable

Mais si elle reste dans son lit

C'est pour se faire plus aimable

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Et en hiver elle s'emporte

En roulant sa colère

Tout en se faisant plus accorte

À tous les marins en galère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

C'est au printemps elle se lâche

Débordant de toutes parts

C'est alors qu'elle se fâche

Et nous refuse le départ

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Elle n'est jamais aussi belle

Qu'en notre soleil levant

Lorsque la brume l'éveille

À ses petits matins naissants.

 

 

C'est une Loire volage

Qui roucoule dans son lit

C'est un fleuve visage

Qui coule sans soucis.

 

 

Ligèrement vôtre

IGP6422

Dimanche 15 janvier 2012 7 15 /01 /Jan /2012 07:17
- Publié dans : A la lumière d'une chandelle. - Communauté : Le grand n'importe quoi !

Un ange passe …


Voilà bien complexe interrogation pour celui qui ne croit pas et se pense contraint d'éliminer de sa réflexion un des deux termes. Le destin, par sa puissance divine, nie la liberté de l'homme et le conduit au fatalisme et à l'acceptation de son sort. C'est écrit, c'est ainsi et nous n'y pouvons rien. Le très haut en a décidé ainsi, il faut l'accepter, se plier à ses désirs insondables.


Le cautère eut bien des avantages en des temps où l'individu n'avait que bien peu de marges de manœuvres pour s'extraire d'une condition qui lui était imposée dès sa naissance. Le destin avait bon dos, justifiait les inégalités les plus terribles, accréditait l'inéluctable. Il fallait plier l'échine, souffrir et ne jamais gémir. C'est son destin.


Les hommes ont combattu l'obscurantisme, ils ont cherché à se fabriquer une destinée qui faisait fi des lois du Seigneur. Certains se sont émancipés du joug d'une église, d'autres ont réclamé le droit à la libre pensée. Tous se sont donnés un libre arbitre et ont revendiqué le droit à tracer eux-mêmes leur destinée.


Belle et noble entreprise que voilà. L'homme pouvait infléchir son destin, rompre avec les injonctions de castes, briser les inégalités sociales, avancer librement sur un chemin ouvert à tous. Grand remue-ménage dans les hautes-sphères, certains prétendaient à jouir pleinement de leurs facultés pour tenir la place, sous prétexte qu'ils en étaient plus capables.


Vous devinez aisément le grand désordre que provoqua cette prétention démesurée qui s'octroyait le droit de répartir les hommes selon leurs mérites et non leur naissance. Il fallut alors couper quelques destinées, mettre à bas un ordre immuable pour que l'idée puisse trouver sa place au soleil. Les ennuis ne faisaient que commencer …


Sa destinée en main, l'individu dût bien vite se soucier de lui-même. Il avait grand combat à mener entre ses désirs et ses aspirations, ses besoins légitimes et ses envies inavouables. Ce que Dieu bornait par des explications simples et des lois intangibles, il fallut que l'homme à son tour eut à tergiverser avec sa conscience. Tout ne lui était pas possible et grand besoin était de fixer des limites pour se supporter les uns les autres.


La loi humaine suppléa la loi de Dieu. Ce fut l'occasion d'y introduire petites mesquineries et grandes duperies pour favoriser une nouvelle hiérarchie, entériner de nouvelles strates sociales, fabriquer de nouveaux privilèges. La société ne supporte décidément pas l'idée d'égalité. Elle se plait à singer la nature qui n'a jamais accordé la plus petite considération à cette notion si peu efficace dans l'optique de la survie des espèces.


Ce que le destin imposait et qu'il fallait subir sans rechigner, la destinée se l'octroyait pour certains ou en privait d'autres sous les coups de l'arbitraire et de la force, de l'iniquité et de l'argent. Le savoir avait vécu. Le libre-arbitre, héritage des lumières cessait de dominer l'espérance en des jours meilleurs pour chacun.


Le dieu argent impose aujourd'hui un destin de soumission et de misère à ceux qui ne lui font pas révérence. Il met à genoux les humbles, les renvoie à une destinée sans issue joyeuse, une vie de privation et de souffrance quand les thuriféraires de cette nouvelle foi jouissent sans entraves de tous les bienfaits de ce monde.


Le destin règne à nouveau en maître. Partout où l'arbitraire est le moteur des décisions humaines, il gouverne le devenir des valets et des maîtres. La destinée voit ses marges de manœuvres se limiter aux espoirs incertains. Elle guette le gros lot, attend le mirage impossible pour briser les chaines d'une vie laborieuse. L'argent est roi, il fait les princes et réduit ses esclaves, c'est notre destin. Brisons nos chaînes, rompons le lien avec ce diable monétaire et offrons nous une nouvelle destinée.


Ontologiquement vôtre.

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