Partager l'article ! Devoirs de vacances ou de mémoire ?: Absence de vouloir. L'ann ...
La Fille Ligère
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
A sa naissance on lui fit
Un berceau d'une gerbe de joncs
Elle aurait grandi au Puy
Avant de rejoindre des garçons
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Ils étaient tous marins
Cœurs gros et mœurs légères
Ils suivirent son chemin
Jusqu'à sa tribu Liger
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
En été elle se prélasse
Alanguie, elle prend tout son temps
C'est sans fin qu'elle rêvasse
S'endormant le long de ses bancs
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Et en automne, elle forcit
Elle redevient fréquentable
Mais si elle reste dans son lit
C'est pour se faire plus aimable
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Et en hiver elle s'emporte
En roulant sa colère
Tout en se faisant plus accorte
À tous les marins en galère
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
C'est au printemps elle se lâche
Débordant de toutes parts
C'est alors qu'elle se fâche
Et nous refuse le départ
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Elle n'est jamais aussi belle
Qu'en notre soleil levant
Lorsque la brume l'éveille
À ses petits matins naissants.
C'est une Loire volage
Qui roucoule dans son lit
C'est un fleuve visage
Qui coule sans soucis.
Ligèrement vôtre
La visite a été préparée de longue date. Un travail individuel de documentation sur le sort fait aux Tsiganes pendant la seconde guerre mondiale
et un exposé pour l'initiateur de ce projet. Un travail de compréhension et d'analyse autour de deux films : Liberté de Tomy Gatlif et La Rafle de Rose Boch. Encore deux activités en dehors des
règles, celles qui nous empêchent toujours de vraiment faire notre métier.
Le matin, alors que le collège bruissait de vociférations diverses, j'ai regroupé 21 éléments prêts à rester sérieux dans la tourmente. Une projection de la Rafle, des yeux
embrumés de larmes, un silence qui marque l'émotion et le respect des enfants pour le sujet présenté. Je suis à contre courant, mes collègues n'ont plus d'élève, ma classe est pleine et
studieuse.
Puis nous partons de ce lieu d'agitation effrénée pour nous rendre au mémorial. Nous y attend Christophine, notre conférencière. Elle a préparé une intervention pour évoquer le
camp de Jargeau où furent internés 1 800 Tsiganes de 1939 à fin 1945, bien après la fin du conflit. Notre pays brillait déjà pour sa considération aux minorités !
Les enfants sont attentifs, ils écoutent Christophine, posent quelques questions. Nous allons dans le musée après avoir vu un documentaire retraçant la montée du nazisme.
L'émotion est encore palpable. Les archives deviennent témoignage tangible. Il y a comme un moment de grâce.
Puis la fatigue se fait sentir. On devine quelques décrochages après 1 heures 30 d'explications. Le soleil est de la partie, les vacances n'ont jamais été aussi proches. Il
faut mettre un terme pour éviter des dérapages qui n'auraient pas leur place ici. Une petite reprise en main et Christophine propose de retourner dans la salle de projection pour voir le parcours
d'une juste devant les nations: Adelaîde Hautval.
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