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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Droit de retrait !

Fable des temps nouveaux ...




Une banale affaire de conflit conjugal, un malaise patent qui rejaillit sur un enfant pris en otage par des adultes qui se déchirent. L'habitude prise d'instrumentaliser le garçon, d'en faire le roi de la discorde, le témoin de toutes les querelles, le bras armé de l'un contre l'autre.

Il s'est construit au milieu de cette faille, choisissant puisqu'on le lui demandait un camp contre l'autre. Il s'est conforté dans l'idée que ce que l'on veut, on l'obtient, en dépit des règles et des obligations. Sa parole est devenue arme au service d'une cause qu'il a embrassée par amour maternel.

La relation à sa mère est devenue au fil du temps lien exclusif. Tous les autres adultes étant petit à petit vécus comme obstacle au désir de sur-protection d'une femme qui va mal pour un enfant qui finit par ne plus aller bien du tout. Faire ce qui plait, quand cela plait sans se plier aux codes ; fâcheuse habitude que voilà qui finit évidemment par poser problème à l'école !


Rapidement je me suis heurté au refus de faire, au besoin de se démarquer, à l'envie de s'opposer à toute autorité autre que la seule qu'il reconnait. J'ai, comme mes collègues subi ce pouvoir tyrannique de l'enfant à qui l'on ne peut rien reprocher au risque de déclencher les foudres d'une autorité parentale portée comme un étendard invincible.

Un mot, une remarque, une punition et c'était un flot de paroles, un écrit véhément, une plainte circonstanciée, un refus d'obtempérer. La loi commune certainement pas pour le mien, il est innocent, il est différent, il ne doit pas suivre les voies ordinaires. De passe-droits en renoncements, de reculs en concessions, un petit roi tenait la première place à moins que ce soit la dernière.

Mépris, refus de travail, absences innombrables mais toujours cette impossibilité de dire les choses à moins que de vouloir déclencher l'invective maternelle. Un jour pourtant, un mot lâché, un mot malheureux pour dire le dépit, l'inquiétude et les craintes pour le devenir de celui qu'on place de façon illusoire sur un piédestal. « Quand je te croiserai plus tard dans la rue, rassure-toi, je te donnerai une pièce ! ».

C'est stupide, c'est méchant et c'est gratuit. C'est aussi le résultat d'une morgue subie chaque jour, de son refus obstiné de se mettre au travail, d'un mépris affiché pour tous les adultes. Il faut parfois évacuer par les mots ce qui s'accumule en travers de la gorge. Ce qui ne pouvait se dire, j'ai fini par le vomir, bien mal m'en a pris.

Depuis, je traîne ce boulet, cette épée de Damocles au-dessus de ma tête. L'avocat,le juge l'inspecteur d'académie seront informés de votre crime; Mon enfant, la prunelle de mes yeux, humilié par un monstre, un incapable, un bon à rien. Alors quand l'odieux, respecta simplement la loi, accorda au papa honni le droit de recevoir les bulletins de son rejeton, ce fut l'ouragan, le tremblement de terre et le tsunami réunis.

Coup de téléphone assassin, mots insupportables, récriminations et menaces jusqu'à n'en plus pouvoir et devoir finir par prévenir la dame que j'allais raccrocher et ne plus jamais lui répondre. La rupture accomplie, la colère de la dame n'en fut que plus vive. Elle alla jusqu'à déverser un torrent de mensonges à l'inspecteur d'Académie, mon supérieur hiérarchique.

Un courrier immonde, diffamatoire, injuriant, parsemé de mensonges incroyables. Le pédagogue que j'espère être, traîné plus bas que terre. Je ne puis accepter, je vais exercer mon droit de retrait vis à vis de ce tout-puissant qui peut inventer les pires mensonges pour salir celui qui ose appliquer la règle commune. Je ne veux plus croiser ce demi-dieu, son regard de tueur, son odieuse certitude de pouvoir imposer sa volonté à une institution toute entière.

Colériquement sien.

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Le ch'timi 10/06/2011 23:58



Vol de nuit..Non, ce n'est pas St-Ex...







Je prendrai par la main les deux petits enfants ;
J'aime les bois où sont les chevreuils et les faons,
Où les cerfs tachetés suivent les biches blanches
Et se dressent dans l'ombre effrayés par les branches ;
Car les fauves sont pleins d'une telle vapeur
Que le frais tremblement des feuilles leur fait peur.
Les arbres ont cela de profond qu'ils vous montrent
Que l'éden seul est vrai, que les coeurs s'y rencontrent,
Et que, hors les amours et les nids, tout est vain ;
Théocrite souvent dans le hallier divin
Crut entendre marcher doucement la ménade.
C'est là que je ferai ma lente promenade
Avec les deux marmots. J'entendrai tour à tour
Ce que Georges conseille à Jeanne, doux amour,
Et ce que Jeanne enseigne à George. En patriarche
Que mènent les enfants, je réglerai ma marche
Sur le temps que prendront leurs jeux et leurs repas,
Et sur la petitesse aimable de leurs pas.
Ils cueilleront des fleurs, ils mangeront des mûres.
Ô vaste apaisement des forêts ! ô murmures !
Avril vient calmer tout, venant tout embaumer.
Je n'ai point d'autre affaire ici-bas que d'aimer.


Victor Hugo
(1802-1885)

amitiés


Patrick



BR 11/06/2011 11:39



Patrick


 


Nouveaux rebondissements.


La pauvre mère innonde l'administration de sa prose abondante et vengeresse. Ayant compris que je disposais du soutien de mes chefs et d'un peu de pouvoir, elle déplace sa colère vers d'autres,
des collègues qu'elle pense être proies plus faciles pour dissimuler ses carrences.


 


Comment ne pas laisser sombrer son pauvre garçon ?


Bon week-end



Patrick 08/06/2011 10:02



SOLIDAIREMENT TIEN . . .


Ami, évite toutefais de trop te ronger les sangs



BR 08/06/2011 14:11



Patrick


 


Bravo, tu es le sixcentième commentateur !


Sur le fond du sujet, je m'en suis fait une journée puis j'ai eu le soutien de ma hiérarchie tant les accusations de la dame dans un flot haineux sont apparus incohérentes et folles.


Mais ça plus ça et encore ça ça finit par faire beaucoup !


Je suis las de tout cela ...