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Ma Fille Liger

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La Fille Ligère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

A sa naissance on lui fit

Un berceau d'une gerbe de joncs

Elle aurait grandi au Puy

Avant de rejoindre des garçons

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Ils étaient tous marins

Cœurs gros et mœurs légères

Ils suivirent son chemin

Jusqu'à sa tribu Liger

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

En été elle se prélasse

Alanguie, elle prend tout son temps

C'est sans fin qu'elle rêvasse

S'endormant le long de ses bancs

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Et en automne, elle forcit

Elle redevient fréquentable

Mais si elle reste dans son lit

C'est pour se faire plus aimable

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Et en hiver elle s'emporte

En roulant sa colère

Tout en se faisant plus accorte

À tous les marins en galère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

C'est au printemps elle se lâche

Débordant de toutes parts

C'est alors qu'elle se fâche

Et nous refuse le départ

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Elle n'est jamais aussi belle

Qu'en notre soleil levant

Lorsque la brume l'éveille

À ses petits matins naissants.

 

 

C'est une Loire volage

Qui roucoule dans son lit

C'est un fleuve visage

Qui coule sans soucis.

 

 

Ligèrement vôtre

IGP6422

Mercredi 8 juin 2011 3 08 /06 /Juin /2011 06:19
- Publié dans : Fable - Communauté : Secrets d'école

Fable des temps nouveaux ...




Une banale affaire de conflit conjugal, un malaise patent qui rejaillit sur un enfant pris en otage par des adultes qui se déchirent. L'habitude prise d'instrumentaliser le garçon, d'en faire le roi de la discorde, le témoin de toutes les querelles, le bras armé de l'un contre l'autre.

Il s'est construit au milieu de cette faille, choisissant puisqu'on le lui demandait un camp contre l'autre. Il s'est conforté dans l'idée que ce que l'on veut, on l'obtient, en dépit des règles et des obligations. Sa parole est devenue arme au service d'une cause qu'il a embrassée par amour maternel.

La relation à sa mère est devenue au fil du temps lien exclusif. Tous les autres adultes étant petit à petit vécus comme obstacle au désir de sur-protection d'une femme qui va mal pour un enfant qui finit par ne plus aller bien du tout. Faire ce qui plait, quand cela plait sans se plier aux codes ; fâcheuse habitude que voilà qui finit évidemment par poser problème à l'école !


Rapidement je me suis heurté au refus de faire, au besoin de se démarquer, à l'envie de s'opposer à toute autorité autre que la seule qu'il reconnait. J'ai, comme mes collègues subi ce pouvoir tyrannique de l'enfant à qui l'on ne peut rien reprocher au risque de déclencher les foudres d'une autorité parentale portée comme un étendard invincible.

Un mot, une remarque, une punition et c'était un flot de paroles, un écrit véhément, une plainte circonstanciée, un refus d'obtempérer. La loi commune certainement pas pour le mien, il est innocent, il est différent, il ne doit pas suivre les voies ordinaires. De passe-droits en renoncements, de reculs en concessions, un petit roi tenait la première place à moins que ce soit la dernière.

Mépris, refus de travail, absences innombrables mais toujours cette impossibilité de dire les choses à moins que de vouloir déclencher l'invective maternelle. Un jour pourtant, un mot lâché, un mot malheureux pour dire le dépit, l'inquiétude et les craintes pour le devenir de celui qu'on place de façon illusoire sur un piédestal. « Quand je te croiserai plus tard dans la rue, rassure-toi, je te donnerai une pièce ! ».

C'est stupide, c'est méchant et c'est gratuit. C'est aussi le résultat d'une morgue subie chaque jour, de son refus obstiné de se mettre au travail, d'un mépris affiché pour tous les adultes. Il faut parfois évacuer par les mots ce qui s'accumule en travers de la gorge. Ce qui ne pouvait se dire, j'ai fini par le vomir, bien mal m'en a pris.

Depuis, je traîne ce boulet, cette épée de Damocles au-dessus de ma tête. L'avocat,le juge l'inspecteur d'académie seront informés de votre crime; Mon enfant, la prunelle de mes yeux, humilié par un monstre, un incapable, un bon à rien. Alors quand l'odieux, respecta simplement la loi, accorda au papa honni le droit de recevoir les bulletins de son rejeton, ce fut l'ouragan, le tremblement de terre et le tsunami réunis.

Coup de téléphone assassin, mots insupportables, récriminations et menaces jusqu'à n'en plus pouvoir et devoir finir par prévenir la dame que j'allais raccrocher et ne plus jamais lui répondre. La rupture accomplie, la colère de la dame n'en fut que plus vive. Elle alla jusqu'à déverser un torrent de mensonges à l'inspecteur d'Académie, mon supérieur hiérarchique.

Un courrier immonde, diffamatoire, injuriant, parsemé de mensonges incroyables. Le pédagogue que j'espère être, traîné plus bas que terre. Je ne puis accepter, je vais exercer mon droit de retrait vis à vis de ce tout-puissant qui peut inventer les pires mensonges pour salir celui qui ose appliquer la règle commune. Je ne veux plus croiser ce demi-dieu, son regard de tueur, son odieuse certitude de pouvoir imposer sa volonté à une institution toute entière.

Colériquement sien.
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