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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Du Haras à la chambre d'hôtes

À cheval sur la literie.


À Decize, Hélène tient chambre d'hôtes en toute simplicité. Elle accueille comme elle vit, sans mettre les petits plats dans les grands, sans faire de manière et en restant parfaitement nature. La dame, il faut lui reconnaître cette qualité, a été blanchie sous le harnais de la convivialité. Son mari Luc, parti il y a déjà dix ans pour les champs de course de l'éternel, tenait haras. Il fallait héberger, blanchir, nourrir les cinq apprentis lads.

 


 

Depuis, Hélène n'a jamais cessé de recevoir du monde, pour les courses de Magny-Court, pour dépanner l'office de tourisme, pour ne jamais être seule. À soixante-sept ans, la dame vit dans ses souvenirs sans oublier son présent fait de ses petits enfants, ses trésors !


Mais elle ne se fait pas prier pour relater le passé glorieux quand la ferme recevait trente chevaux de course. Des bêtes qui appartenaient à des propriétaires qui savaient que la méthode était bonne à la ferme du Troncin. Les trophées exposés dans la salle à manger rappellent les belles années, les années où tout souriait de 1982 à 1990.

 


 

À cette époque, les chevaux entraînés par son Luc raflaient la mise sur tous les champs de course de l'hexagone. Il y avait les hippodromes de la région : Vichy, Moulin, Paray Le Monial pour ne citer que ceux-là. Mais le couple n'hésitait pas à partir bien plus loin : Dunkerque, Marseille, Pau. C'était alors tout un week-end passé pour la passion course.


« Nous partions le samedi matin avec le van. Nous dormions dans un hôtel, passionsle dimanche sur le champ de course. Les jours de victoire, nous nous offrions toujours une nuit de plus à l'hôtel, sinon, c'était retour tard le dimanche soir. Nous aimions cette vie ! »

 


 

Il y eu aussi les victoires en terre parisienne. À Auteuil, à Chantilly, à Maisons Lafitte, les chevaux du Troncin revenaient parfois victorieux. Ce n'étaient pas des purs sangs mais ils triomphaient de leurs redoutables adversaires. (Là, j'avoue ne pas avoir tout compris des distinctions de races chevalines, mais ce n'était pas très grave …)


Hélène était intarissable. Elle me parlait des deux cracks de la ferme. « Nessos Trois » fut une référence nationale dans les courses de cross. Moi qui ne joue jamais et encore moins aux courses, j'opinais pour ne pas paraître idiot. C'est d'ailleurs lui qui fut un jour opposé à une motocyclette de cross sur un parcours de cross hippique. « Je vous enverrai la photographie par mail » me dit-elle !

 


 

Il y eut encore « Jasmin Deux » qui gagna le grand steeple chasse. Là, le béotien ne pouvait passer au travers de cette référence. Je devais m'incliner devant une performance qui vous classe un éleveur pour le restant de ses jours. Mais la main passe et dans les années quatre-vingt dix, Luc et Hélène rentraient de plus en plus souvent le dimanche soir.


« Nous n'insistâmes pas. Les chevaux avaient eu leur temps, pour vivre, nous nous mîmes à la vache ! ». La ferme du Troncin fut partagée en deux, les chevaux étant mis en gérance à un fermier qui venait de partir en laissant la ferme en triste état. Hélène en était malade et avait ce problème de plus à gérer.

 


 

Car il y en a d'autres dans une vie de retraitée hyper-active. Comme cette curieuse énigme : « Mes poulets ne font que pour sept personnes cet été. Je ne comprends pas ! D'habitude, ils me font facilement neuf personnes … Est-ce qu'il n'ont pas supporté la chaleur du printemps ? » Je n'avais une fois encore pas le moindre avis étayé.


Hélène serait encore en train de papoter si elle n'avait eu une fête à préparer le matin de mon départ. Elle partait pour une nouvelle journée active en me déposant au pied du canal. Merci madame !

 

 


 

Hippiquement vôtre.

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