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Ma Fille Liger

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La Fille Ligère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

A sa naissance on lui fit

Un berceau d'une gerbe de joncs

Elle aurait grandi au Puy

Avant de rejoindre des garçons

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Ils étaient tous marins

Cœurs gros et mœurs légères

Ils suivirent son chemin

Jusqu'à sa tribu Liger

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

En été elle se prélasse

Alanguie, elle prend tout son temps

C'est sans fin qu'elle rêvasse

S'endormant le long de ses bancs

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Et en automne, elle forcit

Elle redevient fréquentable

Mais si elle reste dans son lit

C'est pour se faire plus aimable

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Et en hiver elle s'emporte

En roulant sa colère

Tout en se faisant plus accorte

À tous les marins en galère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

C'est au printemps elle se lâche

Débordant de toutes parts

C'est alors qu'elle se fâche

Et nous refuse le départ

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Elle n'est jamais aussi belle

Qu'en notre soleil levant

Lorsque la brume l'éveille

À ses petits matins naissants.

 

 

C'est une Loire volage

Qui roucoule dans son lit

C'est un fleuve visage

Qui coule sans soucis.

 

 

Ligèrement vôtre

IGP6422

Samedi 22 mai 2010 6 22 /05 /Mai /2010 06:53
- Publié dans : Ethnologie sportive

Une certaine idée de la France.


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    Je viens d'achever une présentation de la Finale de la Coupe d'Europe de rugby. Je m'aperçois que parler technique, rapport de force et chance des uns ou des autres c'est passer à côté de l'essentiel. Ce match, c'est la confrontation de deux conceptions du Sud-Ouest, ce pays qui s'est fait royaume d'Ovalie.

    Ceux qui auront la chance d'être dans les tribunes découvriront deux façons exceptionnelles de faire la fête, de célébrer le bonheur de partager une passion qui s'accompagne de chants joyeux, de banda qui s'époumonent jusqu'à trop soif, de casse-croûtes qu'il faut dissimuler aux regards inquisiteurs et palpeurs de vigiles  trop habitués aux débordements du ballon rond.

    Ici, en noir ou en blanc, le rouge est couleur flamboyante, étendard de la fraternité et de communion derrière ce ballon pointu à ces deux extrémités. Ils vont trinquer et partager à la santé du soleil et du Midi. Tenants de la façade Atlantique ou Gens de la ville Rose, ils seront d'abord expatriés en cette triste banlieue du nord parisien.

    Ils auront traversé des espaces qui ne sont pas leurs, croisé des passants à la triste mine et à l'accent pointu à vous déchirer les oreilles. Ils auront constaté qu'ici un sourire ne se rend pas, qu'il vaut mieux tirer une tête de six pieds de long que de resplendir de joie de vivre. Après bien des efforts, des difficultés et de nombreuses incompréhensions, ils découvriront un espace triste à jeuner pour une prohibition réservée à ceux qui ne sont pas dans les loges.

    Rien n'arrêtera pourtant leur bonne humeur pas même la défaite éventuelle de leurs couleurs. Ils iront noyer un chagrin de façade ou arroser un bonheur de circonstance Rue Princesse, ce seul espace qui se fait Sud-ouest les soirs de grands matchs de Rugby.

     D'un côté les porteurs de bérets, la tenue rouge et blanche et le foulard au cou. Une chorale permanente, une vague qui chante et qui danse, un rythme éblouissant de rameurs qui s'en vont conquérir l'Amérique latine. Le Pays basque et la côte aux vagues qui ont du coffre, la montagne et la mer réunies pour cette passion des hommes forts, des corps qui ploient sous la charge et jubilent dans le défi.

    De la fierté à revendre, une langue pour ne pas se dire de ce pays ci, une culture ancestrale qui fait de ce peuple une énigme et une extraordinaire offrande à notre nation. Des noms imprononçables, les lettres accentuées dont nous ignorons jusqu'à l'existence et un goût immodéré pour l'excès.

    De l'autre les princes d'Occitanie. La capitale économique et le berceau du jeu de mouvement, de l'école du Rugby qui chante avec le cuir. Des amateurs éclairés, des connaisseurs qui veulent de l'épique, du colossal et du sublime. Des gens du Sud, de tous les  sud ou presque qui se sont trouvés une patrie au bord de la Garonne.
   
    De l'insouciance que donne une opulence certaine, un accent accentué plus qu'une langue oubliée par beaucoup. Une façon d'exagérer tous les propos, de bomber le torse et de rouler les mécaniques sans vraiment se pendre au sérieux. Ils n'ont qu'une seule conviction : le meilleur Rugby au monde vient de chez eux !

    Et tous ces braves gens vont se chambrer et s'embrasser, se mesurer en des joutes stupides pour un apéro géant qui a échappé à la rigueur de nos ministres à triste mine. Ils se saouleront plus de mots que de boissons, de jolis gestes réinventés que que vaines querelles oubliées. Ils sont le public sportif tel qu'en tous lieux et toutes disciplines nous aimerions croiser.

    Rougement vôtre

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