Partager l'article ! Du trop vide au trop plein: L'agenda de septembre. Les mois de juillet et d'août son ...
La Fille Ligère
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
A sa naissance on lui fit
Un berceau d'une gerbe de joncs
Elle aurait grandi au Puy
Avant de rejoindre des garçons
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Ils étaient tous marins
Cœurs gros et mœurs légères
Ils suivirent son chemin
Jusqu'à sa tribu Liger
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
En été elle se prélasse
Alanguie, elle prend tout son temps
C'est sans fin qu'elle rêvasse
S'endormant le long de ses bancs
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Et en automne, elle forcit
Elle redevient fréquentable
Mais si elle reste dans son lit
C'est pour se faire plus aimable
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Et en hiver elle s'emporte
En roulant sa colère
Tout en se faisant plus accorte
À tous les marins en galère
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
C'est au printemps elle se lâche
Débordant de toutes parts
C'est alors qu'elle se fâche
Et nous refuse le départ
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Elle n'est jamais aussi belle
Qu'en notre soleil levant
Lorsque la brume l'éveille
À ses petits matins naissants.
C'est une Loire volage
Qui roucoule dans son lit
C'est un fleuve visage
Qui coule sans soucis.
Ligèrement vôtre
L'agenda de septembre.
Les mois de juillet et d'août sont pour beaucoup une parenthèse merveilleuse où les obligations cessent de scander la journée, d'imposer un rythme fou entre travail et vie associative, entre
obligations et rendez-vous. L'agenda s'offre de belles plages vides, des endroits dévolus aux loisirs sans contraintes, au repos ou aux plaisirs variés. Puis d'un
coup, ses feuilles se noircissent, se chargent et se surchargent de dates à ne pas manquer, d'horaires à imbriquer.
Tout commence par la rentrée des classes. Pour les parents, c'est le début de la course matinale, des difficultés inconciliables, de la recherche de solutions pour garder les enfants ou les
conduire à l'école. L'emploi du temps de leur rejetons ne peut jamais coller aux leurs. Il faut combler les différences en s'arrachant les cheveux.
Puis c'est la course démente aux fournitures scolaires, aux suppléments à la liste estivale que ne manquent jamais d'ajouter des enseignants jamais rassasiés. Il faut alors jouer des coudes avec
d'autres ménagères énervées, des adolescents désabusés, des vendeurs débordés. Puis de retour à la maison, c'est l'insupportable corvée de la couverture des livres
scolaires. Il ne faut rien prévoir les premiers soirs de septembre …
Bientôt arrivent les inscriptions. C'est le début de l'enfer ; choisir des activités qui se coordonnent, des déplacements conciliables, des loisirs qui plaisent à vos garnements. Les villes, pour
vous aider dans ce choix délicat, vous proposent des forums ; vastes foires à tous les possibles des adorateurs de la loi de 1901. Et là, c'est l'abondance, vous ne savez plus où donner de la
tête et vos chères têtes blondes ou brunes qui vous tirent par la manche vers ce qui se fait de plus onéreux.
Nouvelle cavalcade pour acheter les équipements adéquats, trouver médecin pour obtenir l'indispensable certificat médical tout en trouvant prétexte pour que cette obligation vous soit remboursée
par la sécurité sociale. Les cabinets sont débordés, vous devez faire des miracles pour fournir tous les papiers dans les délais les plus brefs.
L'école ne veut pas être en reste. Elle vous réclame attestations et fiches interminables de renseignements. Vous devez vous multiplier pour parvenir à tout faire lors de cette première semaine
infernale. Vous n'en pouvez plus et pourtant vous êtes loin de la fin de cette folie. Vous recevez de toutes parts des invitations amicales, des soirées
agréables entre amis quand les jours ne sont pas encore à la grisaille automnale.
Il n'y a pas assez de samedis et de dimanches pour contenter tout le monde et participer, si le temps vous en dit au vide grenier de votre quartier, au Festival d'à côté, au premier rendez-vous
sportif. C'est un emploi du temps de ministre qui se présente à vous pour les prochains week-end de ce mois déraisonnable.
Vous pensez pouvoir enfin souffler les soirs de la semaine quand tout est calé du côté des enfants. Que nenni ! Les réunions parents professeurs pointent le bout de leur nez au virage de la
mi-septembre. Il faut se débrouiller pour se libérer à des horaires où tous les braves travailleurs sont encore au turbin. Parfois, les presque convocations pour vos différents enfants se
percutent. Ne pas y aller, ce serait passer déjà pour de mauvais parents, comment faire ?
C'est encore le mois où l'on songe à refaire une belle révision. Les yeux ou les oreilles, la prise de poids de cet été ou les aigreurs d'estomac demandent un petit avis médical spécialisé. Mais
là, rassurez-vous, se soigner dans notre pays demande maintenant une longue patience et beaucoup de chance. Le plus souvent, c'est sur l'agenda de l'année suivante que vous devrez coucher un
rendez-vous si lointain que vous risquez de le manquer quand viendra son jour.
Débordement vôtre
vidéo : William Sheller - Oh ! J'Cours Tout Seul par cladstrife
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