Partager l'article ! Élucubrations culinaires: Recette approximative ! ...
La Fille Ligère
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
A sa naissance on lui fit
Un berceau d'une gerbe de joncs
Elle aurait grandi au Puy
Avant de rejoindre des garçons
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Ils étaient tous marins
Cœurs gros et mœurs légères
Ils suivirent son chemin
Jusqu'à sa tribu Liger
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
En été elle se prélasse
Alanguie, elle prend tout son temps
C'est sans fin qu'elle rêvasse
S'endormant le long de ses bancs
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Et en automne, elle forcit
Elle redevient fréquentable
Mais si elle reste dans son lit
C'est pour se faire plus aimable
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Et en hiver elle s'emporte
En roulant sa colère
Tout en se faisant plus accorte
À tous les marins en galère
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
C'est au printemps elle se lâche
Débordant de toutes parts
C'est alors qu'elle se fâche
Et nous refuse le départ
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Elle n'est jamais aussi belle
Qu'en notre soleil levant
Lorsque la brume l'éveille
À ses petits matins naissants.
C'est une Loire volage
Qui roucoule dans son lit
C'est un fleuve visage
Qui coule sans soucis.
Ligèrement vôtre
Recette
approximative !
La France, riche de ses plats traditionnels, n'attendait que moi pour
coucher sur le papier une recette de Corrèze. La nécessité faisant
toujours loi, je me dois une fois encore de vous narrer par le menu
mes faits et gestes de vacancier écriveur. Ce jour-là, c'est de
Farcidure qu'il était question et sans trahir les secrets férocement
gardés par le cuisinier, je vais vous confier l'essentiel de son
chef d'œuvre alimentaire.
Tant que le farci dure …
À tout seigneur, tout honneur, gloire au sieur Parmentier et à son
tubercule américain qui bouleversa la vie de nos campagnes et l'art
culinaire de nos provinces. En quantité suffisante, pelez et
rémoulez vos patates. Pour la réussite de la suite, essorez les à
pleines mains pour que l'amidon en soit extrait. Allez-y de bon cœur,
la suite sera du même acabit. Qui ne veut pas mettre la main au
plat, ne réussira pas ce met délicat …
Pendant ce temps, dans une immense cocotte, mettez grande quantité d'eau à bouillir. Assurez-vous que vos réserves de gaz
supporteront près de
quatre heures de travail en continu. Quand l'eau bout, plongez-y un
chou vert et pommelé à souhait, le temps de donner à ses belles
feuilles, souplesse et brillance. Elles deviendront par la suite,
enveloppes gourmandes ….
Bien vite sortez le chou de son bain fumant pour jeter à sa place tout le
cochon demi-sel qui vous tombe sous la main. Palette, andouille de
viande, petit salé, ne lésinez jamais sur la viande de porc, elle a
nourri des générations entières de nos aïeux ! Évitons
l'anathème sur ce gentil omnivore, tout est bon pour le dénigrer de
nos jours.
Puisque le progrès vous permet d'utiliser un robot, ne le refusez pas et
usez en pour hacher persil à foison, poireau à l'unité calibrée
de belle taille et même lard fumé à moins que ce ne fut talon de
jambon cru. Tout cet heureux mélange se hache cru. Oubliez les
réflexions de votre entourage, la suite s'annonce tout autant
extravagante, il ne faudra pas s'en formaliser !
Mélangez à parité farine blanche et de sarrasin à raison de quatre cuillères à soupe bien bombée. Gardez à portée de main la farine et remontez-vous les manches. Qui se la joue petit bras n'ira pas au bout de l'aventure. Avancez sans compter sur les chemins de la déraison. C'est le moment de réaliser la communion parfaite de la pomme de terre rémoulade et de votre hachis hétéroclite. Salez et poivrez à votre convenance ou bien à celle de vos convives, c'est une question d'éducation.
À deux mains, malaxez le mélange tandis qu'un comparse viendra
déverser en pluie fine les farines. Vous devez obtenir une pâte
molle mais compacte qu'il vous appartiendra de mettre ensuite en
boules pour le plus grand
plaisir de vos invités. La taille de vos
boulettes doit être en parfaite adéquation avec la dimension de
vos
feuilles de chou. Approchez, sans l'atteindre tout à fait la
dimension d'une boule de pétanque, le cochon sera alors près du but !
Emballez vos boulettes d'une ou de deux feuilles feuilles de chou en
quinconce pour la seconde option. Comme souvent, il y a plusieurs écoles et je ne me mêlerai pas d'en
choisir une plus que l'autre. Délicatement,
plongez vos farcidures, puisque c'est ainsi qu'il faudra
dorénavant
désigner ce curieux assemblage réalisé avec amour et de vos mains,
dans le bouillon où mijote votre mélange de porc. Quand toutes les
boulettes habillées de chou auront trouvé place dans la cocotte,
laissez cuire plus de trois
heures à petit feu.
Prévoyez une belle soirée. Le repas qui s'annonce devra être suivi
d'une
promenade digestive mais les parfums qui viennent de la cuisine vous
feront bien vite oublier le risque de l'abus qui pèsera néanmoins
très fort sur le trop gourmand qui s'aventurera à prendre une
seconde boulette. La
modération est recommandée en toute chose et
n'hésitez pas à ouvrir très bonne bouteille pour la
circonstance.
Farcement vôtre.
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