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Ma Fille Liger

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La Fille Ligère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

A sa naissance on lui fit

Un berceau d'une gerbe de joncs

Elle aurait grandi au Puy

Avant de rejoindre des garçons

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Ils étaient tous marins

Cœurs gros et mœurs légères

Ils suivirent son chemin

Jusqu'à sa tribu Liger

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

En été elle se prélasse

Alanguie, elle prend tout son temps

C'est sans fin qu'elle rêvasse

S'endormant le long de ses bancs

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Et en automne, elle forcit

Elle redevient fréquentable

Mais si elle reste dans son lit

C'est pour se faire plus aimable

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Et en hiver elle s'emporte

En roulant sa colère

Tout en se faisant plus accorte

À tous les marins en galère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

C'est au printemps elle se lâche

Débordant de toutes parts

C'est alors qu'elle se fâche

Et nous refuse le départ

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Elle n'est jamais aussi belle

Qu'en notre soleil levant

Lorsque la brume l'éveille

À ses petits matins naissants.

 

 

C'est une Loire volage

Qui roucoule dans son lit

C'est un fleuve visage

Qui coule sans soucis.

 

 

Ligèrement vôtre

IGP6422

Lundi 19 septembre 2011 1 19 /09 /Sep /2011 06:12
- Publié dans : Compétition et conséquences - Communauté : Les rugbymens
Ma cabane au Canada





    Par un temps de bûcheron du grand nord, de fiers barbus et de solides gaillards affrontent le quinze frappé du coq qui ne déteste rien tant que la pluie et le froid. Pourvu que la cabane ne tombe pas sur le chien mouillé et que les acteurs s'adaptent à ces conditions délicates pour offrir un spectacle qui s'apparentera davantage au combat de tranchées plutôt qu'au Rugby champagne !

    Jusqu'à l'ultime seconde les canadiens se sont regroupés, symbole d'une volonté d'en découdre malgré un rapport de force très défavorable et un temps de récupération sans commune mesure. La première action dure 1 minute 10, les français ont balayé la largeur sans poser problème à la défense rouge, perdent la balle et les canadiens avancent et franchissent la ligne adverse. Une pénalité vient sanctionner un hors-jeu français : 0 à 3.
   
    Encore un ballon perdu au contact pour nos bleus à l'âme. Heureusement, on dévisse le dégagement en face et une bonne touche s'offre aux tricolores. Deux pénétrations en force, un relais de Picamoles et une chandelle de Trinh Duc permettent à Vincent Clerc de remttre les pendules à l'heure grâce à un essai de saison : 7 à 3.

    Le jeu continue sur la base du à toi à moi. Une chandelle dévissée du côté des bleus, un retour à l'envoyeur des plus efficaces et après quelques cagades en chaine, les hommes à la feuille d'érable marque à leur tour : 7 à 10. Trois actions, trois concrétisations, la rigueur défensive laisse à désirer en ce début de rencontre. La première incursion infructueuse sera française et pire encore, une pénalité met les bleus en danger. Échec du buteur rouge !

    Le coq mouillé continue de se trouer sur les ogives aériennes, l'équipe réputée la plus faible a mis la main sur le ballon et un drop manque sa cible de très peu. Il va falloir mettre de la glu sur nos « mimines » … C'est la mêlée qui permet d'investir le camp adverse, c'est pour l'heure notre seule certitude collective. C'est alors une suite de défis en force à une ou deux passes et passage par le sol. Nous sommes loin du jeu flamboyant des all-blacks mais les circonstances l'imposent. Une pénalité vient démontrer que la méthode, pour tristounette qu'elle soit, est la bonne : 10 à10.

    Une belle action tricolore redonne le sourire. Cinq passages par le sol, une percée de Marty qui met les jambes mais un passage des bras avec une chistera qui manque de précision, c'est pourtant en prenant des risques techniques que le bonheur peut revenir sur le pré. D'ailleurs le jeu s'enflamme des deux côtés, un bleu atomise son vis à vis, un rouge enrhume son vis à vis, c'est de saison !

    Le jeu au pied est l'arme fatale des jours pluvieux. Chandelles, passe au pied, dégagements lointains sont au programme. Ce qui vient à manquer c'est le premier plaquage sur le quinze adverse qui relance à la main une ogive française. Une pénalité récompense l'équipe qui a pris l'initiative mais il y a encore un échec du canonnier rouge. Si la bataille au ras du sol est à l'avantage des bleus, leurs homologues dominent actuellement le combat aérien. Nouveau frisson après un loupé de Picamoles récupéré par une action défensive de Papé, il va falloir s'acheter des mains !

    Nouvelle attaque française, Marty s'illustre à nouveau mais la continuité fait encore défaut. Nous manquons d'ambition, de technique ou de prise de risque, c'est à vous de choisir. Et à la demi-heure, le petit Poucet des forêts du grand nord tient la dragée haute aux représentants du meilleur championnat domestique du Monde. Il y a quelque chose qui cloche !

    C'est la précision du buteur qui fait la différence et à ce jeu Morgan Para ne manque rien pour l'instant et donne la main à son équipe : 13 puis 16 et enfin 19 à 10 juste avant le vin chaud. La différence physique va se faire sentir progressivement à n'en point douter mais nous sommes en droit d'attendre un peu plus qu'une série de trois pénalités en cinq minutes de la part d'une équipe qui a eu le temps de se préparer me semble-t-il.

    L'entame commence par un en-avant français, signe d'une fébrilité qui n'est pas de mise vue la différence de niveau des deux formations. Les rouges se font d'ailleurs plus de passes que les professionnels et une pénalité récompense cette prise de risque. Troisième échec du buteur qui ne permet pas à sa formation de rester à flot.

    Nouvelle séquence ambitieuse, plaquage manqué et drop réussi : la France ne démarre pas pied au plancher, c'est le moins qu'on puisse dire ! 19 à 13. On sent un jeu spontané d'un côté et un jeu séquencé et récité de l'autre avec de rares éclairs de Picamoles, Para, Marty et Clerc. C'est un peu juste tout ça pour enflammer le sceptique que je suis et les foules béotiennes. Encore une fois, pour illustrer le propos, c'est une pénalité qui nous donne de l'air : 22 à 13. Para aime la pluie, nous n'en doutions pas !

    La preuve une fois encore de cette différence d'approche, un drop totalement improbable et spontané récompense une nouvelle possession canadienne. 22 à 16, la vie vient à manquer pour l'instant dans le camp tricolore. Alors le pied de Para vient au secours de notre encéphalogramme plat mais le métronome connait son premier échec.

    Les chandelles n'éclairent pas le jeu, elles échauffent simplement les esprits de canadiens qui ne sont pas des plus loyaux sur les dernières actions. Les français choisissent la touche et de changer le talonneur juste à ce moment là. La cocotte remplacera les belles envolées, sur la première, le groupé-effondrant échoue de peu. La mêlée qui suit est un peu cafouillée, les bucherons s'en sortent encore. Inquiétant, non ? Décidément le rouge ne réussit pas aux bleus qui sont contraint de s'en sortir par un drop pour concrétiser : 25 à 16.

    Les canadiens jettent leurs dernières forces, ils avancent encore et héritent d'une pénalité dans l'action suivante, preuve encore d'une fébrilité totalement disproportionnée par rapport au rapport de force réel. 25 à 19, le châtiment physique tarde à se manifester. Une autre action solide répond à cet affront, il y a danger sur la ligne canadienne sans que l'on sente une envie forte des Français de tout renverser sur leur passage. Pourtant, nous sommes à l'heure de jeu, c'est souvent le tournant des rencontres de ce type avec une opposition déséquilibrée.

     On devine les canadiens au point de rupture. Quand la corde finira-t-elle par céder ? C'est le seul intérêt de cette rencontre alors que débute le bal des changements en cascade. Et l'éclair surgit enfin, une action purement individuelle, un jaillissement de l'ami Traille qui s'offre une belle balade canadienne. Cette fois le coup est porté : 32 à 19.

     Maintenant il s'agit de voir si nos représentants sont capables de se libérer maintenant que le plus délicat est accompli. De façon inexcusable, il y a le feu dans la maison France et le vent du boulet est passé très près sur l'attaque suivante. Ce n'est pas la première fois, ce manque de maîtrise est particulièrement préoccupant. La pénal-touche qui suit l'alerte n'est pas droite mais les canadiens restent malgré tout dans le camp tricolore.

     Comme contre les japonais, nous attendons les contres pour planter des banderilles. Si c'est suffisant contre ces deux nations, la méthode manque de panache et de talent. Nous sommes en droit de réclamer autre chose de cette équipe qui, pour moi, manque cruellement d'âme. C'est un jeu laborieux, besogneux même qui donne une dimension soporifique à ce sport. Qui a vu Irlande – Australie sait que l'on peut vibrer pour un match sans essai. Pour l'heure, avec le quinze de France, nous sommes loin du grand frisson.

    Faudra-t-il attendre le terrible rendez-vous des blacks pour vibrer ? À faire ainsi, nous risquons davantage de nous apitoyer. J'en perds le fil d'une rencontre qui sombre dans le rugby brouillon. Le temps s'écoule, la belle action collective tarde. On tergiverse, on glisse, on se cherche, on se conforte sur la seule base solide du jour : la mêlée. On la choisit sous les perches pour réaliser une belle combinaison d'école en premier main, signe d'une supériorité réelle mais d'un blocage collectif. 39 à19, le score fait illusion. Il faut attendre la sirène pour envoyer du jeu. C'est d'un psychologique que cette équipe a besoin ! Et au bout de l'ennui, le bonus tombe dans la musette grâce au triplet de Vincent Clerc et de la seule action enthousiaste de cette équipe : 46 à 19.

Laborieusement vôtre
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