Partager l'article ! En direct du siège de Libération: Rendez-nous notre bien quotidien. Les libéO à la capitale. ...
La Fille Ligère
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
A sa naissance on lui fit
Un berceau d'une gerbe de joncs
Elle aurait grandi au Puy
Avant de rejoindre des garçons
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Ils étaient tous marins
Cœurs gros et mœurs légères
Ils suivirent son chemin
Jusqu'à sa tribu Liger
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
En été elle se prélasse
Alanguie, elle prend tout son temps
C'est sans fin qu'elle rêvasse
S'endormant le long de ses bancs
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Et en automne, elle forcit
Elle redevient fréquentable
Mais si elle reste dans son lit
C'est pour se faire plus aimable
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Et en hiver elle s'emporte
En roulant sa colère
Tout en se faisant plus accorte
À tous les marins en galère
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
C'est au printemps elle se lâche
Débordant de toutes parts
C'est alors qu'elle se fâche
Et nous refuse le départ
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Elle n'est jamais aussi belle
Qu'en notre soleil levant
Lorsque la brume l'éveille
À ses petits matins naissants.
C'est une Loire volage
Qui roucoule dans son lit
C'est un fleuve visage
Qui coule sans soucis.
Ligèrement vôtre
Rendez-nous notre bien quotidien.
Les libéO à la capitale.
36-15 code : Libérons LibéO
Épisode 2
Avec Didier Porte ...
Petits êtres minuscules, quelques escouades de lecteurs de Libération Orléans s'en vont à la capitale défendre LEUR journal numérique. Ils espèrent encore en la mansuétude du sieur Demorand pour surseoir à la mort du soldat Mourad. Ne reculant devant aucun sacrifice, j'ai accompagné de dangereux activistes de la liberté de pensée et de l'écrit, les têtes pensantes de la rébellion du désespoir.
L'affaire ne fut guère confortable, le véhicule du contestataire de base atteste que ce n'est pas à travers cette marque mobile d'opulence que s'expriment mes comparses. L'appel d'air est ailleurs, la conversation du réfractaire à la pensée unique passe aisément du coq à l'âme, du mariage princier aux actions entreprises. La parole fuse plus sûrement que la petite 205 de 326 8897 kilomètres.
Curieusement, ces gens prêts à mettre le feu au poudre ne disposent pas de l'outil indispensable à la première étincelle. L'allume cigare manque cruellement à l'avant et à l'arrière de cette spacieuse berline on fait feu de traits d'esprits et de remarques acerbes. Il faut se rabattre sur les propos brûlants, les traits d'esprits et les crépitations du flash pour immortaliser les combattants de l'impossible.
Le plan de bataille est des plus classiques. Distribution de tracts, rencontre des journalistes survivants dans cet ancien grand journal de gauche passé aux mains du baron de Rotschild. La chanson française de qualité assurera la bande son de l'expédition avec la célébrissime chanson de qualité immortalisée par Daniel Mouloud Guichard et les LibéO : « On s'est aimé comme on se quitte ! »
Mais atteindre le siège de Libé est un exercice mal commode pour le provincial ignorant tout des encombrements urbains. C'est à l'allure du gastéropode poitriniaire que nous avançâmes vers notre objectif final. C'est dans cette confusion des sens que nos vessies se signalèrent à nous et montrèrent les limites du militantisme d'opinion. Le siège se fit cuvette libératoire, nous venions de remplir une première victoire.
De la Bastille à République, le cortège se fait classique. La foule innombrable des lecteurs en colère se donnait rendez-vous près du magasin « Camaïeu» qui fait l'angle de la rue François Béranger, paix à son âme mal pensante ! Une dizaine de demeurés, bien moins selon la Police, était venue de la cité Johannique pour débouter le journal de Demorand. L'anglois n'y était pour rien dans l'affaire et il n'est pas certain que nos militantes soient quant à elles restées vierges !
La suite confirmera la supposition. L'une d'entre elles sortit de son sac une corde à linge qui atteste d'une progéniture nombreuse. Le fil était emmêlé, histoire de dénouer l'objet à défaut de la crise. Il fut promptement tendu entre trois arbres malingres pour y suspendre une exposition de dessins de presse offerts gracieusement au collectif pour soutenir notre action.
Les salariés du journal purent être rangés dans deux catégories. Les uns, les plus nombreux étaient solidaires de notre initiative. Ils sentaient que ce qui arrive aujourd'hui aux Libé-villes ne sont que les prémices de mesures plus douloureuses encore dont ils seront les prochaines victimes. Ils étaient blanchis sous le harnais, avaient la nostalgie d'un passé plus glorieux où ils étaient fiers d'être de ce porte-drapeau de la contestation d'alors. D'autres étaient manifestement agacés par cette démonstration affligeante à leurs yeux de jeunes, élevés au lait d'un journalisme qui ne se reconnaît plus dans les batailles idéologiques. Ceux là tailleront leur route, ici ou ailleurs, ça n'a aucune importance !
Madame Collin fila à l'anglaise sans doute pressée de se rendre au mariage princier. Elle se réfugia dans un taxi, craignant sans doute d'essuyer quelques coups de la part de ces brutes incultes et provinciales (pléonasme pour la dame). Nicolas Demorand prit la peine de rester quelques minutes en notre compagnie. Il eut grand plaisir à voir la dernière vidéo des libé-chiens d'Orléans. Son ami de toujours : Didier Porte y joue le rôle d'un postulant réclamant le titre de Libérateur du journal que Nicolas a l'honneur de contrôler.
Nous avions le soutien de Zina Rouabah( coprésidente de la société des lecteurs de Libération) et Fatima Brahmi (déléguée du personnel pour la CGT) qui toutes deux avaient fait le voyage le 2 avril au bord de La Loire pour soutenir notre action en faveur de Libé-Orléans. Par leurs œuvres, les dessinateurs de presse Pierrre Ballouhey, Placide, Beeb, Na!, Delucq, Bauer, Patrick notre vénérable vieux sage et Fansolo confirment que notre combat est celui de la liberté et de la pluralité de la presse, n'en déplaise à nos barbons des journaux régionaux et à tous ces élus qui sont heureux de voir disparaître le dernier poil à gratter local.
Urticantement vôtre
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