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Ma Fille Liger

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La Fille Ligère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

A sa naissance on lui fit

Un berceau d'une gerbe de joncs

Elle aurait grandi au Puy

Avant de rejoindre des garçons

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Ils étaient tous marins

Cœurs gros et mœurs légères

Ils suivirent son chemin

Jusqu'à sa tribu Liger

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

En été elle se prélasse

Alanguie, elle prend tout son temps

C'est sans fin qu'elle rêvasse

S'endormant le long de ses bancs

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Et en automne, elle forcit

Elle redevient fréquentable

Mais si elle reste dans son lit

C'est pour se faire plus aimable

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Et en hiver elle s'emporte

En roulant sa colère

Tout en se faisant plus accorte

À tous les marins en galère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

C'est au printemps elle se lâche

Débordant de toutes parts

C'est alors qu'elle se fâche

Et nous refuse le départ

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Elle n'est jamais aussi belle

Qu'en notre soleil levant

Lorsque la brume l'éveille

À ses petits matins naissants.

 

 

C'est une Loire volage

Qui roucoule dans son lit

C'est un fleuve visage

Qui coule sans soucis.

 

 

Ligèrement vôtre

IGP6422

Lundi 3 octobre 2011 1 03 /10 /Oct /2011 06:34
- Publié dans : Carton rouge - Communauté : Secrets d'école
La brisure scolaire.

 




        Un récent billet aux commentaires multiples m'a démontré, si besoin en était encore nécessaire à quel point une frange de la population vouait aux gémonies le corps enseignant. Les propos les plus vils, les attaques les plus abjectes, l'absence de respect et une haine féroce attestent d'une dégradation définitive me semble-t-il de l'image du professeur.

    Ils sont bien loin la considération et de la déférence que nos parents accordaient à nos instituteurs d'alors. Les effets d'une politique de division, de suspicion et de dénigrement général de la fonction publique voulue par un gouvernement au service d'intérêts privés et soucieux de son seul maintien au pouvoir ont provoqué un éclatement total du tissu social dans ce pays.

    Le chômeur maudit le travailleur qui déteste l'étranger qui méprise le policier qui dénigre les jeunes qui bousculent les vieux qui se méfient de tous … Pendant ce bal des détestations réciproques, certains font leurs petites affaires, remplissent des valises de billets pour les paradis fiscaux ou la prochaine campagne électorale. Quelle misère !

    Dans ce contexte délétère, l'éducation nationale est dans le viseur de la frange la plus droitière (il faut dire populaire maintenant) d'une opinion qui se plait à manier l'anathème sur différentes catégories sociales ou professionnelles. Le résultat de ce sport national me fait froid dans le dos et chaque jour je constate les résultats désastreux sur le terrain.

    Les enfants de ce monsieur qui traitent les professeurs de fainéants n'ont pas envie de travailler pour des gens de si peu de courage. Les rejetons de ce modèle de labeur n'ouvrent plus leurs cahiers, font rarement leur travail et refusent, avec l'appui de leur géniteur, de rendre la punition justement attribuée pour pareille attitude.

    La fille de ce couple sans emploi qui jalouse ceux qui ont la garantie de l'emploi, vient quand elle veut au collège. Se permet de sécher les séances de sport, ne vient pas le mardi après midi pour une seule heure de cours. Elle se croit tout permis et n'accepte aucune remarque de gens qui de toute manière, sont d'affreux privilégiés.

     Le garçon de cette femme seule, dépassée totalement par des difficultés sans nom et plombée par une pauvreté honteuse n'accepte pas la moindre remarque d'adultes qui ont les marques du confort élémentaire. Il détourne le regard quand ils s'adressent à lui, parle à haute voix en classe sans jamais écouter les cours. Il bouscule ses camarades dans la cour, il a besoin d'exister et le fait payer cher à tout le monde.

      Il y a ainsi des dizaines d'enfants qui expriment le malaise des leurs, les pensées négatives contre une institution qui ne garantie plus la promotion sociale. Ils ne disent pas bonjour, gardent leur manteau, casquette et baladeur en pénétrant en classe, ne sortent que bien péniblement leurs affaires quand ils en ont encore. Ils s'invectivent pendant les leçons, ne font jamais plus silence, se déplacent sans y être invités, refusent de répondre, ne rendent pas les devoirs. Ils s'insultent à longueur de paroles et n'utilisent désormais qu'un langage désarticulé. Ils sortent dès la sonnerie sans terminer ce qui est en route, sans attendre l'invitation de l'adulte et sans ranger leur chaise.

     Oui, c'est ainsi tous les jours et beaucoup d'entre-vous ignorent à quel point les vôtres se comportent dans nos établissements. Vous n'en savez rien car le lien avec l'école a été rompu, vous ne lisez plus les mots dans le carnet, ne répondez pas aux invitations pour une réunion ou une remise de bulletin. Vous avez baissé pavillon devant des enfants tout puissants et vous attendez de l'école qu'elle remplisse une fonction qui devrait être vôtre.

 Alors, pour sauver la face, vous nous méprisez. Pour tenir ce quotidien sordide, nous vous rendons la pareille car ne nous sommes ni meilleur ni pire que vous. De ce climat abominable, seuls quelques nantis tirent les marrons du feu dans des établissements préservés de cette guerre souterraine. Il serait grand temps de décréter l'armistice et de penser à sauver, malgré eux, vos enfants qui vont si mal !

Profparentalement vôtre.

 

Pour info et pour le plaisir :

La lutte des libé-chiens d'Orléans continue

 


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