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Ma Fille Liger

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La Fille Ligère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

A sa naissance on lui fit

Un berceau d'une gerbe de joncs

Elle aurait grandi au Puy

Avant de rejoindre des garçons

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Ils étaient tous marins

Cœurs gros et mœurs légères

Ils suivirent son chemin

Jusqu'à sa tribu Liger

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

En été elle se prélasse

Alanguie, elle prend tout son temps

C'est sans fin qu'elle rêvasse

S'endormant le long de ses bancs

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Et en automne, elle forcit

Elle redevient fréquentable

Mais si elle reste dans son lit

C'est pour se faire plus aimable

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Et en hiver elle s'emporte

En roulant sa colère

Tout en se faisant plus accorte

À tous les marins en galère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

C'est au printemps elle se lâche

Débordant de toutes parts

C'est alors qu'elle se fâche

Et nous refuse le départ

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Elle n'est jamais aussi belle

Qu'en notre soleil levant

Lorsque la brume l'éveille

À ses petits matins naissants.

 

 

C'est une Loire volage

Qui roucoule dans son lit

C'est un fleuve visage

Qui coule sans soucis.

 

 

Ligèrement vôtre

IGP6422

Mardi 29 mars 2011 2 29 /03 /Mars /2011 06:34
- Publié dans : Ethnologie sportive - Communauté : Le grand n'importe quoi !

Le dernier déplacement.

 


    La saison tire déjà à sa fin. Notre sport n'aime rien tant que la pluie, la boue, le froid,le vent. Pour satisfaire les meilleurs, le championnat sacrifie les moins bons, les moyens et les pas premiers. Dans une semaine , une fois encore le printemps nous sera interdit. Il est inutile de se plaindre, rien ne sert de crier pour ne pas être entendu par une Fédération sourde à l'évidence et aux intérêts du plus grand nombre.

    Alors nous fêtons à notre manière la fin de la galère, l'arrêt prématuré de nos voyages dominicaux. Les soutes sont pleines de choses hétéroclites qui ont, il faut bien le reconnaître qu'un lointain rapport avec la pratique sportive. Mais le rugbyman est ainsi fait que rien ne le rebute, surtout le plus curieux, le moins banal, le franchement bizarre.

    Faut-il encore évoquer les gourmandises de toutes natures ? Le billet n'y suffirait pas, la France de la gastronomie est dignement représentée dans toutes ses composantes solides ou liquides, les desserts ont aussi leur place pour clore le pique-nique au bord de la route. Reconnaissons honnêtement qu'il y a aussi quelques excentricités étrangères, des boissons peu avouables qui se mélangent pour le grand désespoir des prohibitionnistes et des diététiciens. Mais ce soir, il faudra fermer les yeux sur beaucoup de choses.

    Il sera prudent également de se boucher les oreilles. Le car se transforme pour l'occasion en salle de concert. Pardon, je suis allé un peu vite dans la description et les sons qui m'arrivent déjà alors que nous n'en sommes qu'au début de la matinée ne présagent rien de très mélodieux. C'est un espace dodécaphonique qui s'ouvre à nous et qui ne fera qu'empirer au fil de la soirée.

    Curieusement, une guitare sèche viendra se perdre dans un lieu qui sera bien vite dédié au liquide. Les six cordes ne sont pas toutes exploitées à la perfection mais nous n'y trouvons rien à dire. Il faut bien admettre que sa cousine amplifiée résonne avec emphase grâce à un ampli très raisonnable de dix watts. Les percussions sont représentées par un djembé et les ronflement de Dimitri. La ligne rythmique sera doucement illustrée par une contre-bassine qui servira à l'occasion à un tout autre usage si des débordements improbables venaient à se faire jour. Le boy-scout de service s'est muni d'une paire de cuillères à soupe qui n'ont ici, d'autre usage que la cadence saccadée.

 


    Nous déplorons l'absence d'une basse, oublié par un pilier, la vielle à roue restée en carafe dans le Berry natal de notre vierzonnais. Les chœurs de l'armée du rouge et des alcools blancs feront le complément indispensable à cette orchestre qui chambre ! Plus loin, les irréductibles tapent du carton, ce qui, il faut l'avouer est la seule fausse note !

    Les premiers accords sont timides, les cultures musicales ne s'harmonisent guère et seule le répertoire alsacien peut réunir nos virtuoses de l'heure d'été. C'est d'ailleurs ce qui explique l'absence de l'homme au short oublié. Cette fois, le voilà contraint de nous rejoindre en voiture, il a sans doute laisser sa montre dans la poche de son flottant.

    L'arrêt roboratif est encore l'occasion de découvrir d'autres instruments. Une planche à découper, un couteau à dents, des tires bouchons. Chacun ajoute une petite note à la douce musique des appétits insatiables. Il nous faut revenir à notre préoccupation prétendue. Bientôt c'est le sifflet à roulette qui sonnera la fin provisoire de la récréation. C'est encore lui qui ouvrira les festivités déraisonnables.

    De celles-ci, vous ne saurez rien, il est juste de garder secret ce qui fait le lien de ce groupe. Si vous désirez en savoir plus, il n'y a qu'une manière. Inscrivez-vous pour participer aux prochaines aventures de la fanfare ovale des Fleuristes. Si vous n'êtes pas de chez nous, vous trouverez auprès de chez vous pareils énergumènes. Rendez-leur visite !

 



    Cacophoniquement vôtre.

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