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Le monde selon C'est Nabum

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Ma Fille Liger

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La Fille Ligère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

A sa naissance on lui fit

Un berceau d'une gerbe de joncs

Elle aurait grandi au Puy

Avant de rejoindre des garçons

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Ils étaient tous marins

Cœurs gros et mœurs légères

Ils suivirent son chemin

Jusqu'à sa tribu Liger

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

En été elle se prélasse

Alanguie, elle prend tout son temps

C'est sans fin qu'elle rêvasse

S'endormant le long de ses bancs

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Et en automne, elle forcit

Elle redevient fréquentable

Mais si elle reste dans son lit

C'est pour se faire plus aimable

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Et en hiver elle s'emporte

En roulant sa colère

Tout en se faisant plus accorte

À tous les marins en galère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

C'est au printemps elle se lâche

Débordant de toutes parts

C'est alors qu'elle se fâche

Et nous refuse le départ

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Elle n'est jamais aussi belle

Qu'en notre soleil levant

Lorsque la brume l'éveille

À ses petits matins naissants.

 

 

C'est une Loire volage

Qui roucoule dans son lit

C'est un fleuve visage

Qui coule sans soucis.

 

 

Ligèrement vôtre

IGP6422

Vendredi 4 février 2011 5 04 /02 /Fév /2011 06:17
- Publié dans : Ethnologie sportive - Communauté : Le grand n'importe quoi !

La passion  moins évidente …



    Une conférence ovale à la maison des sports organisée conjointement par les comités du Loiret et du Centre. Est-ce le poids des ans ou plus élégamment, le renouvellement des cadres, mais je ne connais pas la moitié des membres de cette docte assemblée. Le monde ovale a d'ailleurs subi une petite révolution qui m'avait échappée : sept femmes sont venues écouter la bonne parole technique. Elles apportent une touche de charme à ce qui naguère n'étaient que de vilains rassemblements machistes et braillards !


    Seuls nos amis cravatés n'ont pas changé. Le temps ne semble pas avoir de prise sur eux à moins que ce ne soit le renouvellement démocratique qui ne soit pas assuré. Mais je m'égare et risque d'être encore taxé de mauvais esprit, ce qui n'est jamais tout à fait faux !


    Comme il se doit dans le monde sportif lorsque nous sommes exonérés de la rigueur du corps arbitral, la conférence ne débute pas à l'heure prévue. Un organisateur s'empresse de nous expliquer qu'un retard indépendant de sa volonté est à déplorer. Comme nous le subodorions tous, nos amis les conférenciers arriveront en retard et se feront attendre comme des vedettes du spectacle ou des dirigeants fédéraux.


    L'attente se meuble d'apartés. Les conversations se font ovales comme il se doit. La blessure de l'un, le résultat de l'autre, le parcours du combattant en formation, la quête des billets pour le prochain France-Écosse, les nouvelles de nos sélections de jeunes. Je reste à l'écart de cette agitation verbale, le billet prend déjà forme alors que les vedettes ne sont pas encore arrivées.


    La demi-heure réglementaire écoulée, nos hommes arrivent étincelants dans leurs beaux survêtements officiels, bardés d'un coq et d'une bande tricolore. Quelques applaudissements polis pour oublier l'attente et saluer l'entrée d'un ancien international aux 86 sélections. Il est flanqué du Directeur Technique national adjoint et d'un comparse qui se fera parfaitement oublier.


    On déploie le grand écran, on installe le vidéo projecteur outil indispensable à toute intervention de nos hommes de la science rugbystique. Je crains qu'on nous serve l'une de ces incontournables animations qui fait le tour de tous les stages que j'ai pu fréquenter. Mon inquiétude sera fondée, la conférence aura un goût de réchauffé.


    C'est le DTN adjoint qui ouvre le bal pour donner un peu de solennité à l'exercice imposé qui va suivre. Je retrouve sa posture embarrassée, cette gène à s'exprimer en public qui l'a toujours desservi alors qu'il a sans doute des convictions fortes et des compétences certaines. Une timidité qui n'est pas habituel en pays d'Ovalie et qui le pousse à bien vite donner la parole à plus à l'aise que lui.


    L'ancien international est lui bien plus à l'aise. Il est adossé à la table, il se montre décontracté, sa parole est claire, il semble parfaitement au fait de son affaire. Pourtant bien vite, la présentation se limitera à une relecture de l'écran agrémentée de quelques commentaires. Nous resterons à la surface des choses, ce doit bien être assez pour le public qui est là.


    Il est vrai que tout près de moi, un garçon que je n'apprécie guère, un de ces jeunes cadres qui ne respectent rien et n'ont jamais montré grand chose a sorti l'ordinateur pour se donner l'air d'avoir l'air. Je me demande ce qu'il peut bien noter à moins qu'il ne compte servir in-extenso la même soupe à une formation prochaine. Les mots s'enchaînent, les slogans bien gentils, les évidences incontournables que nous sert un discours fédéral qui n'a pas changé depuis des lustres.


    Il y a bien loin de ce discours policé et purement théorique avec l'incroyable complexité de notre sport. Les repères sont connus, chacun les a intégrés et pourtant la mise en œuvre pose toujours d'incroyables difficultés quand il faut se colleter à la réalité de nos terrains amateurs.


    C'est sans doute cet écart entre le joli discours de salon et la réalité prosaïque de nos pelouses que nous espérions. Les dés étaient sans doute pipés, l'assistance bien loin de la passion qui était notre dans nos soirées d'entraîneur à Super-Besse. D'ailleurs, l'exposé bien vite bouclé, la parole est offerte à l'assistance pour un débat technique qui peine à prendre corps et qui ne trouvera jamais son âme !


    Seul, mon chauffeur d'un soir se lance dans une question à sa façon. Comme le joueur qu'il est encore, il a une légère propension à la gourmandise. La question se fait longue démonstration. La passion pointe enfin le bout de ses émotions, il a dans la voix les trémolos de ceux qui savent tenir une séance. C'est le moment enfin de trouver un peu de chaleur dans les réponses de nos spécialistes qui se mettent au diapason avant que de retomber dans la léthargie qu'impose cette assistance trop convenable.


    Les vieux grognards ne sont pas dupes. Ils sortiront de la salle avec la certitude qu'on s'est joué d'eux. La commande a été remplie, gentiment, rapidement. Nos instances ont rempli leur obligation de formation continue. Quelques éducateurs en recherche de professionnalisation par le Rugby sont venus chercher une attestation supplémentaire. Tout ça est trop lisse, trop terne pour que je m'y sente à ma place.


    Je n'ai pas aimé ce discours ampoulé, vide de passion, d'emphase et d'excès. Le rugby pourtant doit être bien plus que cette gentille théorie d'échiquier au rabais. La complexité de notre sport ne peut se satisfaire de ce train-train sans originalité ni richesse. Il est davantage fait de la force et de la faiblesse des hommes, de leurs compétences et de leurs impossibilités, de leurs volontés et de leurs refus. Des trahisons et des égoïsmes, des difficultés liés à la météo et des impondérables, de la pression ou de la peur.


    Rien de tout ça n'a été évoqué. Tout devait tenir dans ce bel arrangement de mots bien choisis, cette belle mécanique dialectique vide et soporifique. Je suis rentré avec la déception chevillée au cœur et un billet qui va encore me faire quelques amis !


    Franchement vôtre.

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