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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Fait d'hiver !

Peu m'en chaut




L'hiver est précoce, l'hiver est froid et nos sources d'énergie sont à plat. Chez moi, cela tourne au fiasco général, à la catastrophe climatique, à la reprise scénique de la retraite de Russie. C'est dans un froid glacial, les doigts protégés par de vieilles mitaines que je rédige ce billet sibérien.

La loi des séries a trouvé sans doute une nouvelle victime à son terrible principe de réitération des emmerdements à répétitions. Tout ce qui se chauffe, tout ce qui réchauffe tombe en rade dans cette maison où le thermomètre fait la grève du mercure.

Vous avez suivi avec un intérêt extrême la fabuleuse histoire de mon four. À trop tirer les poils du nez de Lucifer, il finit toujours par se mettre en colère. La surprise pour l'occasion fut que ce diable d'homme soit capable de colère froide !

De retour de mon périple dans le Sud-Ouest, je trouvai une maison à l'accueil glacial. Je pensais qu'il ne s'agissait que d'une simple contrariété de domicile délaissé. Que nenni ! Toutes les interventions pour briser la glace, revenir à de meilleurs sentiments sont restées vaines. La chambre froide donnait des frissons dans le dos, le salon glacé interdisait la pause télévisuelle.

La cave devait conserver au frais un secret inavouable, une colère domestique de la vieille chaudière, délaissée depuis trop longtemps à l'écart des bonnes bouteilles auxquelles elle n'avait jamais droit. Après trente années de chauds et loyaux services, la bougresse a rendu l'âme sans fleurs ni couronnes. Sa crémation précéda sa chute, elle est devenue tombe pour la fin de ses jours.



L'homme prévoyant ne met jamais une seule bûche dans sa réserve et dans ma huche, un poêle de substitution ou de saison intermédiaire trônait dans la pièce de vie depuis aussi longtemps que sa consœur souterraine. Se sont-ils donné le mot ? Je ne puis l'affirmer avec exactitude mais le fait est que les deux bouches à gaz ont cessé d'être tout feu tout flamme !

Me voilà bien puni de ne point avoir confié à la fée électricité un peu de ma quiétude domestique. Il faut reconnaître que le compteur rame, qu'il pète parfois les plombs et qu'il serait imprudent de lui coller résistance supplémentaire. Il attend avec crainte d'être changé par les escouades d'EDF pour complaire aux normes européennes et me délester encore d'argent contre mon gré.

Voilà une fois encore que je m'échauffe l'esprit ce qui n'est guère prudent quand les pieds et les doigts sont glacés. Laissons ces vilains et revenons à nos énergies défaillantes. L'année commence en fanfare et mon chauffagiste n'y est pas allé de main morte. Tout est trop vieux pour supporter réparation, il faut renouveler la totalité des agents calorifiques.

Il y a parfois des coïncidences qui évitent des catastrophes ultérieures. Vous n'êtes pas sans savoir que j'ai hélas reçu quelque argent en héritage. Mon peu de goût pour la finance, mon aversion pour la spéculation ne m'ont pas poussé à geler ces capitaux modestes. Bien m'en prit et le chauffagiste sera payé en retour de son action salvatrice. Vous pouvez le constater, l'argent me brûle les doigts et l'héritage n'aura pas été long à partir en fumée ...

En attendant le retour de flamme, je vis dans le duvet, la plume et le tricot. Je laisse mijoter des heures durant de bonnes soupes et je vous chauffe les oreilles avec mes histoires personnelles. Si ce billet n'a pas l'heur de vous plaire, brûlez-le immédiatement que je puisse bénéficier de cette lointaine chaleur si fugace.


Chaudement vôtre.

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