Partager l'article ! Fleury 03 – Chinon 05: L'honneur retrouvé, la victoire échappée … 1ere emission - regar ...
La Fille Ligère
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
A sa naissance on lui fit
Un berceau d'une gerbe de joncs
Elle aurait grandi au Puy
Avant de rejoindre des garçons
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Ils étaient tous marins
Cœurs gros et mœurs légères
Ils suivirent son chemin
Jusqu'à sa tribu Liger
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
En été elle se prélasse
Alanguie, elle prend tout son temps
C'est sans fin qu'elle rêvasse
S'endormant le long de ses bancs
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Et en automne, elle forcit
Elle redevient fréquentable
Mais si elle reste dans son lit
C'est pour se faire plus aimable
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Et en hiver elle s'emporte
En roulant sa colère
Tout en se faisant plus accorte
À tous les marins en galère
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
C'est au printemps elle se lâche
Débordant de toutes parts
C'est alors qu'elle se fâche
Et nous refuse le départ
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Elle n'est jamais aussi belle
Qu'en notre soleil levant
Lorsque la brume l'éveille
À ses petits matins naissants.
C'est une Loire volage
Qui roucoule dans son lit
C'est un fleuve visage
Qui coule sans soucis.
Ligèrement vôtre
L'honneur retrouvé, la victoire échappée …
Il est parfois des défaites plus belles que des succès étriqués. Celle de ce dimanche rentre dans la catégorie très particulière des grands tournants d'une saison, ce que la
mode a pris la fâcheuse habitude de cataloguer sous le terme assez galvaudé de « Match référence », comme s'il existait un catalogue où puiser les bons ou les mauvais éléments pour reproduire une
performance.
Celle-ci s'est construite d'abord dans le cœur des joueurs. Étrange alchimie des émotions qui ne peut se reproduire sur commande. Une préparation calamiteuse, un discours un
peu grandiloquent, des petits billets rédigés par les joueurs, des déclarations simples et émouvantes dans le vestiaire et un temps de presque printemps. De tout cela qu'est ce qui fit cette
résistance farouche, cette débauche d'énergie qui aurait sans doute méritée meilleur sort si la victoire avait été plus habituelle cette année ? Je n'en sais rien et c'est ce qui fera l'éternelle
magie du Rugby que j'aime lorsqu'il est ainsi et que je déteste tant parfois.
Le coup d'envoi montre immédiatement que les verts, dans leur nouvelle tunique ne sont plus des vieux tacots. Ça carbure fort et la carrosserie rutilante mérite un moteur de qualité. Les
premières actions se placent sous le signe de l'agressivité et de la volonté de conserver le ballon tout en avançant, un vieux souvenir revenu à la surface.
C'est Fleury qui va ouvrir le bal par une pénalité de près de 50 mètres qui passe entre les perches à l'étonnement de tous les spectateurs. Mais il y a des petits ratés, des
touches qui se perdent dans nos imperfections légitimes avec un alignement totalement inédit. des fautes qui s'accumulent un peu vite et un carton blanc qui vient réduire nos rangs d'une unité
sauteuse.
La sanction classique à ce jeu va arriver deux minutes plus tard. Pourtant sur l'action précédente, Philippe franchit et trouve Damien qui perce mais ne trouve pas de soutien.
Le ballon change de main, un grossier en-avant échappe à l'arbitre bourguignon et trompe en même temps nos derniers défenseurs. Chinon va pointer à dame et en coin ce qui sera le seul essai de la
partie.
Fleury continue d'entreprendre. Les joueurs réussissent à jouer debout quand c'est nécessaire. Il n'en demeure pas moins quelques imperfections dans les lancements de jeu et
une pénalité magistrale de Damien qui flirte du mauvais côté de la barre. Un petit échauffourée vient montrer les limites de notre ami en vert foncé. Un coup de pied qu'il voit mais dont il
ignore le propriétaire et il sort deux cartons jaunes pour équilibrer les débats.
Il ajoute un carton blanc à Chinon pour marquer définitivement son territoire et finir d 'exaspérer les entraîneurs des deux camps. Les joueurs auront le mérite de rester
concentrer et abordent la seconde période avec de louables intentions.
Fleury va connaître une période très forte avec un siège en règle de la ligne. Par deux fois le maul est écroulé avant que de franchir la ligne. L'essai de pénalité ne vient
pas spontanément et à la troisième tenta une petit en-avant n'échappe pas ?, cette-fois là à la vigilance du directeur de jeu. C'est le premier rendez-vous manqué avec le bonheur.
Puis le jeu s'équilibre. Chinon connait à son tour des périodes de domination avec des actions tranchantes souvent mangées par précipitation et individualisme. Fleury redresse
la tête fort de sa farouche détermination à préserver sa ligne. Les joueurs s'encouragent, se félicitent et se transcendent par la parole. Puis ils sortent la tête de l'eau et reprennent pied
dans le camp adverse.
Une action va symboliser la patience, les progrès accomplis et la volonté de tenir le ballon et d'avancer. Derrière une mêlée, 9 temps de jeu, 1' passe, 1 maul et 6 passages
par le sol. C'est enfin du jeu construit et dangereux. Immédiatement après cette action, une percée plein champ de Florian (qui ne se sentait pas près à évoluer en A) est relayée par Damien. Mais
la dernière passe trouve un Chinonais plutôt qu'un Fleuriste. Le plat ne repassera plus.
En fin de match, Chinon a l'occasion de priver Fleury du Bonus défensif mais la volonté inflexible des cheminots va repousser mêlée et mauls pour une défaite de deux points qui
donne la promesse de joueurs meilleurs à la condition de conserver ce formidable état d'esprit.
Fièrement vôtre.
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