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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Harlequins 19 Stade Français 18

La petite porte pour l'Europe.

 

Le stade français à quitte ou roubles …
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    Au terme d'une saison plus que médiocre, sans fond de jeu et sans envie, le Stade français se retrouve presque malgré lui en finale de la petite coupe d'Europe de Rugby. De ce challenge qui n'intéresse presque personne, seul le gagnant hérite d'une place au soleil, un strapontin miraculeux pour la H Cup ! Et pour le club, ce serait le Jack-pot, l'arrivée de roubles ou autres menues monnaies.

    Face à eux, des anglais qui sont dans la même situation. Saison manquée et dernière carte à jouer ce soir. Une seule formation tirera le joker. L'habit des Harlequins conviendrait mieux à ce bonus inespéré que les tenues toujours plus extravagantes d'un club qui tient davantage lieu de la boutique de fringues que d'une grande école du jeu. Mais la grande incertitude du sport ne s'appuie que très rarement sur des remarques aussi oiseuses !

    Entre le onzième français et le septième anglais, la bataille sera rude pour empocher la mise. Ce ne sera d'ailleurs pas le cas du trésorier de l'IRB, le stade de Cardif sonne creux et atteste du faible engouement pour la finale de la consolante. Max se rassure avec ses grigris habituels. Je ne sais s'il a versé de l'eau de lourdes sur le ligne d'en but mais il compte les finales disputées en dix-huit ans et le treize s'affiche au compteur qu'il espère du bonheur.

    Cinq minutes d'observation par le jeu. C'est l'arbitre qui décide alors de l'ouverture du score en donnant une pénalité à messieurs les anglais qui tirent et marquent les premiers. 0 à 3. Il semble pourtant qu'il y a plus de tranchants dans les attaques françaises sans que le soutien, pour l'instant, ne permette leur continuité.

    Des cinquante mètres Beauxis remet les équipes à parité. 3 à 3. Sur une « cagade » de Paris en touche, Lowe s'offre une jolie chevauchée. Là encore, le soutien ne vient pas. L'arbitre met logiquement le sifflet à la bouche pour un 3 à 6 au quart d'heure. Beauxis mène le bal et le jeu, c'est de lui que viendra l'éclair me semble-t-il aujourd'hui.

        Faute de solutions, le pied prend le relais des assauts stériles. Pourtant le jeu s'aime, la première vraie offensive est anglaise et une pénalité arrête l'attaque. En confiance, les Harlequins choisissent la touche. C'est un premier moment décisif. Paris semble s'en sortir sans que le dégagement soit suffisant. Il y a encore faute sur le retour de bâton et Evans anquille 3 à 9.

    Le jeu s'éclaire avec les demis de mêlée. Dupuy ouvre le bal dans un trou de souris. Care réplique avec une percée lumineuse qui eut mérité meilleur sort. Il y a un petit vent de folie. C'est au tour de Parisse de percer après des relais courts des avants. Les anglais se mettent à la faute et Beauxis recolle au score à la demi-heure : 6 à 9.

    De part et d'autre, il y a des petits loupés en défense. Des actions chaudes qui manquent toujours un peu de liant. Dommage, il y a des intentions de chaque côté. La bataille est farouche, une finale ça se gagne ! Le manque de continuité est pour l'heure ce qui fait défaut pour enflammer le jeu. Mi-temps, léger avantage aux points pour les anglais sans que les mouches aient pour l'heure choisi leur âne !

    Bastaraud perce la muraille, passe les bras pour donner légèrement en avant à Bousses qui filait à dame. Le juge de touche a vu la manœuvre et remplit son office. Mais c'est l'étincelle qui déclenche une nouvelle période chaude. Paris menace la ligne adverse. L'action ne donne rien et c'est encore par une pénalité que le score s'établit : 9 à 9, égalité un peu frustrante.

    Paris va mieux. Il faudrait enfoncer le clou pendant cette bonne période. Ils ont des intentions, ils font des efforts sans trouver la faille. Finalement par dépit plus que par calcul, Bastaraud tape et passe un drop qui donne pour la première fois l'avantage aux français 12 à 9.

    L'essai ne devrait pas tardé. Il y a du mou dans la corde à nœuds des défenses. Mais ça manque toujours d'huile. C'est dans l'approximation des jeux collectifs que l'on peut expliquer les mauvais classements de ces deux formations. Il y a de chaque côté de bons joueurs, c'est la mayonnaise qui n'a pas su prendre dans l'année !

    C'est dans la reine des épreuves de force du paquet que Paris met à mal son adversaire. Une mélée qui met au supplice les Harlequins qui ne trouvent pas ça drôle du tout malgré les facéties de Roncero. Beauxis marque la pénalité et le score enfle un peu : 15 à 9. Dans la foulée, le Stade Français a une balle d'essai qui est galvaudée par une faute technique de Camara à l'heure de jeu.

    D'une situation très favorable, une glissade renverse la vapeur et les Anglais se refont un peu la cerise. Pénalité aux quarante mètres pour arrêter à temps l'hémorragie. Evans manque la cible au plus mauvais moment pour les siens. Le jeu se fait plus farouche et moins léché. Les joueurs mettent toute leur énergie dans leur volonté d'avancer et à ce jeu plus basique, les blancs héritent d'une nouvelle pénalité pour recoller un peu. 15 à 12 et toujours pas d'essai !

    Il reste dix minutes, le suspens remplace le spectacle qui fait un peu défaut . C'est ce que doit se dire Arias qui crève la ligne mais une fois encore, il manque quelque chose qui grippe la mécanique : un soutien ou un choix plus judicieux, une maladresse ou un retour miraculeux. Le chrono est favorable aux parisiens mais ils sont sur le fil. Alors Rodriguez déclenche un drop lointain ; petite bouffée d'oxygène ou de bière c'est selon : 18 à 12.

    Tout est bon à prendre dans ce match verrouillé et la pénalité aux cinquante mètres peut ouvrir les portes du brasseur hollandais aux parisiens. Beauxis se manque un peu. Rien n'est vraiment fait encore et tout peu basculer même si, objectivement, le Stade est mieux.Et c'est toujours dans ces cas là que le coup de poignard arrive dans le dos avec une action en continue des anglais et un coup de pied à suivre judicieux et dosé pour donner l'essai tant espéré. C'est la transformation qui décidera du résultat et elle passe : 18 à 19.

    Paris à deux minutes pour renverser la vapeur et tout sera bon à prendre. La mêlée cherche le coup de sifflet qui ne vient pas; On remet le couvert une deuxième fois. Il faudra en refaire une autre. L'issue viendra du pied !

    C'est la dernière cartouche et Bastareaud , grand manieur de ballon perd la dernière gonfle ! C'est fini sur un petit sentiment d'injustice. Mais n'est-ce pas à l'image de la saison de cette équipe, qui faute de jeu collectif n'a pas réussi sa saison. Ils étaient tout près de la sauver et puis, pour un rien, une broutille, ils passent juste à côté de la récompense.

    Cette année ne sera pas française en Europe. Il ne reste plus qu'à croiser les doigts et espérer l'impossible avec la coupe du monde en septembre. Mais ceci est un espoir insensé …


     Pasdecoupement nôtre.

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