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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

L'ami chemin

 

La fin du canal …



Je partis imprégné du charme et plus encore, de l'âme des Recollets. Il y a un climat apaisant dans cette demeure, comme si le lointain voisinage avec les moines mendiants, avait laissé une ombre sur les visiteurs d'occasion. Les maîtres de maison ne sont pas pour rien dans cette étrange alchimie, leur disponibilité toute en distance et en retenue, confère de la gravité et de la sérénité.

 


 

Cela peut vous paraître étrange. Vous n'avez qu'à pénétrer dans cette immense demeure de six cents mètres carrés pour comprendre que l'élégance rime avec discrétion, que la sobriété aime l'esthétique, que le confort supporte aisément la simplicité. Il lui manque simplement la Loire à ses pieds. C'était pourtant comme ça du temps du monastère, le fleuve coulait au pied du jardin. La Loire est changeante, elle a modifié son cours pour s'en aller deux kilomètres plus loin à Chambilly. Mais quand elle se fâche, elle revient sur les lieux de ses premiers amours.

 


 

Je repris mon chemin, là où je l'avais abandonné la veille. Il y avait un long parcours à avaler en ce samedi de juillet : 33 kilomètres d'après les indications de la première écluse. J'avançais du pas de celui qui cesse enfin d'avoir des jambes de plomb dès le matin. Il le fallait bien, j'avais une journée de 8 heures de marche devant moi.

 


 

Longtemps, la Loire me tint compagnie en contre-bas. C'était un vrai bonheur de pouvoir y jeter un œil. Je fis une pause salutaire au milieu des aigrettes, enivré de ce parfum à nul autre pareil du fleuve en été. Je me laissai aller à des rêveries d'enfance, mais il ne fallait pas s'endormir, la route était encore longue avant son terme.

 


 

C'est un peu plus tard que je fis un arrêt fort sympathique dans le bistrot du président de l'U. S. Briennon, un club de football qui évolue en Excellence Loire. J'ai rencontré des pousse-citrouilles qui ont offert à boire à un rugbyman assoiffé. Il y avait là le capitaine, debout au comptoire, un attaquant et un défenseur, sans doute fatigués et assis à une table.

 


 

Le président me raconta les difficultés de boucler le budget pour une association comme la sienne, privée de subvention municipale (la ville n'est ni grande ni riche). Avec 100 licenciés et un groupement de quatre communes (Briennon – Pouilly s/C – Vougy & St Lizier s/C), pour encadrer pas moins de 160 gamins qui rêvent tous d'avoir le destin de Jean Marc Ferry, l'enfant du pays, il faut beaucoup d'imagination pour trouver le nerf de la guerre.

 


 

Monsieur Le président s'y emploie. Lotos, soirées dansantes, tombolas sont les moyens utilisés dans tous le pays par des associations comme la sienne qui tire le diable par la queue pour que le sport vive dans les petits clubs. Alors, si vous habitez dans le coin, notez sur vos agendas que le 15 octobre, il y aura un super-loto à la salle polyvalente de Briennon pour mettre du beurre dans les épinards d'un club qui mérité d'être aidé.

 


 

Je laissai mes footballeurs à leur apéritif pour reprendre ma longue marche en avant. Il n'y avait pas foule sur le canal et c'est seulement à l'approche de Roanne que je fis la rencontre d'André, un râteau à la main, un physique à la Guy Morel, la soixantaine active. Il s'employait à retirer ces maudites algues vertes qui obstruaient une dérivation du canal.

 


 

Curieux comme un marcheur qui tient un blog, je m'enquis du sens de son action. André m'expliqua qu'il rendait service à son ami qui possédait ici deux turbines pour fabriquer de l'électricité. Il me montra l'installation juste derrière le chemin de halage : un dégrilleur pour éliminer les autres impuretés de l'eau. Au bout de la conduite forcée, deux turbines qui produisent de l'électricité pour trente maisons.

 


 

Son ami a construit trois autres structures analogues et André aime à lui rendre service. Nous devisons ensuite de ces algues et de la clarté des eaux du canal. Il est vrai que depuis ce matin, si je n'ai vu âme qui vive, par contre, j'ai pu admirer tout à loisir les poissons dans une eau limpide. L'homme au râteau émet l'hypothèse que les algues jouent un rôle dans ce filtrage de l'eau. Il est vrai qu'elles sont particulièrement nombreuses dans cette partie du canal, « et sur la Loire » ajoute-t-il !

 


 

Je quitte André pour terminer mon périple par le chemin Loire Nature à l'entrée de Roanne. Le tracé n'est ni droit ni plat et mes jambes commencent à peser lourdement. Au bout de ma route, le plan d'eau sur la Loire grâce à une petite retenue et c'est encore la fin du canal. C'est là que je fais une rencontre décisive : Yvoline, une magnifique péniche habitation me tend les bras. Je tombe sous le charme et me laisse séduire; sans grande résistance de ma part. Vous saurez tout de la dame une fois prochaine, il faut savoir se faire désirer m'a susurré Yvoline à l'oreille. J'en sais quelque chose, c'était ma dernière péniche du chemin et ce fut la bonne

 


 

Pénichement vôtre

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