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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

L'Anachorète du Net.

La vacance du vouloir…



Voici que se profile dans l'irréversible immédiat, une terrible épreuve qui me glace d'effroi. Face à moi s'ouvre un gouffre insondable. Je m'apprête à plonger dans le vide, dans cet inconnu sans fond que constitue une retraite. Seul face à moi-même, je suis contraint de vous priver sans ménagement de cette compagnie qui vous est devenue indispensable.

L'impensable n'est jamais certain. Pourtant, au bout d'un chemin toujours incertain (que Saint Christophe ait la bonté de veiller sur moi), la civilisation communicante va redevenir poussière. Tous les liens établis patiemment depuis déjà quatre mois, toutes les connections qui ont illuminé mon entrée dans ce monde merveilleux et n'ayant pas peur de l'écrire, miraculeux vont soudain, du jour au lendemain s'éteindre soudainement.

Allant au bord de l'océan dans une maison de vacances qui a échappé à la modernité vitale, je suis contraint de renoncer aux bontés de ce monde. Au cœur de la tradition française du surf, au bord de ces plages tumultueuses, de ces rouleaux propices, je serai totalement et désespérément privé de mon évasion quotidienne et nul rets ne me prendra au piège !

J'aborde cette terrible amputation avec une angoisse sourde et le sens du sacrifice propre aux gens de mon ordre. Comment vivre sans mes nobles vigies ? Comment supporter la disparition de mes compagnons de l'Estaminet sublime ? Comment vous priver du meilleur de moi-même, mes billets assassins ou mes chroniques doucereuses ?

Entre Mimosas et arbousiers, mon monde fantasmagorique va tirer son indifférence. C'est avec une anxiété non feinte que j'aborde cette immersion volontaire dans le monde du silence. C'est Nabum va disparaître des écrans radar. Vous l'oublierez bien plus vite que vous avez fini par accepter son verbiage amphigourique.

Un pauvre anachorète a fait vœu d'abstinence pour renoncer à sa logorrhée paradigmatique. Il prendra l'habit de bure pour affronter les frimas des Landes et l'absence de connexion Internet. Le sacrifice paraît considérable pour le pèlerin du calepin, le chevalier du clavier, mais il est nécessaire pour se défaire de cette assuétude décadente.

Aucun portable, aucun réseau, aucune connexion n'accompagneront celui qui se taira une semaine durant. Grand soulagement dans les chaumières postières, le dictionnaire va retrouver sa quiétude, les maux de tête seront vite oubliés. L'équilibriste du vocabulaire va jouer les filles de l'air, bon vent et grand soulagement !

Un ermite a pris sa place. Entre confit et foie gras, entre Madiran et Tursan, entre Océan et Landes, la pénitence sera rude, la discipline rigoureuse. J'accepte volontiers ce sacrifice nécessaire : vin midi et soir, gastronomie et balades interminables sur des plages désertes. La pénitence doit  être à la hauteur des fautes, le pardon éternel est à ce prix. J'ai tant péché qu'il me faut expier !

Un nouvel internaute sortira peut-être de ce voyage silencieux. Je me dépouille de mes phrases alambiquées, je me dévêts de mes chers mots obsolètes, je me dénude de mes idiomes incertains qui me donnent l'air patelin, je me prive de la polémique sombre, je m'abstiens de ces fables insensées.

Sous le sable, je dépose en offrande à la marée salvatrice mes pavés indigestes ...

Tous ces propos absurdes n'ont d'autres raisons (moi qui depuis longtemps en suis privé) que de vous signifier la vacance de ce Post pour une semaine qui ne manquera pas de vous paraître longue et triste. Ce repos vous fera le plus grand bien et limitera votre consommation d'aspirine.

 


Bonnes vacances à tous, je fais don de ma personne au silence de la toile…

Immodestement vôtre

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polikarpov 08/04/2010 16:10



Et peut être un peu de Floc ?


Bonnes vacances du net.



BR 10/04/2010 20:35



Bonsoir.


Que ne vous ai-je pas lu avant de partir !


 


J'ai ignoré le Floc et je le regrète amèrement.


Le repos du net est bénéfique mais les satistiques fondent alors comme neige au soleil ou sable sous la vague.


Au clavier !