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Ma Fille Liger

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La Fille Ligère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

A sa naissance on lui fit

Un berceau d'une gerbe de joncs

Elle aurait grandi au Puy

Avant de rejoindre des garçons

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Ils étaient tous marins

Cœurs gros et mœurs légères

Ils suivirent son chemin

Jusqu'à sa tribu Liger

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

En été elle se prélasse

Alanguie, elle prend tout son temps

C'est sans fin qu'elle rêvasse

S'endormant le long de ses bancs

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Et en automne, elle forcit

Elle redevient fréquentable

Mais si elle reste dans son lit

C'est pour se faire plus aimable

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Et en hiver elle s'emporte

En roulant sa colère

Tout en se faisant plus accorte

À tous les marins en galère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

C'est au printemps elle se lâche

Débordant de toutes parts

C'est alors qu'elle se fâche

Et nous refuse le départ

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Elle n'est jamais aussi belle

Qu'en notre soleil levant

Lorsque la brume l'éveille

À ses petits matins naissants.

 

 

C'est une Loire volage

Qui roucoule dans son lit

C'est un fleuve visage

Qui coule sans soucis.

 

 

Ligèrement vôtre

IGP6422

Jeudi 5 novembre 2009 4 05 /11 /Nov /2009 07:02
- Publié dans : Carton rouge
La fuite qui fait tache.

Retour en Ovale de Loire


    Amoureux de ce fleuve Liger dont je ne me lasse pas d'admirer la diversité, la beauté, les furies et les grands calmes, sa faune ailée qui n'a jamais été aussi nombreuse, je découvrais avec stupeur qu'un détail avait échappé à une sagacité que je pensais infaillible à l'instar de notre bon pape Benoît …
    Le Fleuve s'étire mollement, son niveau est si bas en une saison où sa fierté aurait déjà dûse moquer de l'étiage estival, qu'il semble ainsi émettre une longue plaine pour avertir les hommes de l'éminence d'une catastrophe écologique.

    Le badaud d'eau que je suis flânait le long de ces berges molles, inquiet de ce qu'il constatait avec le dépit du marinier condamné à l'immobilité. Soudain la plus grande perplexité s'imposa à mes rêveries ligériennes.
    Diantre qui diable a eu envie de construire des douves le long du fleuve royal ? Le grand architecte local a sans doute l'intention de bâtir un château de cocagne sur la rive Nord. Mais, ce système de défense archaïque ne se conçoit pas en ligne droite, fut-elle longue de 5 kilomètres. Le cercle s'impose à l'assaillant pour, en toute logique étymologique, encercler l'assailli !

    A bien y regarder, et la chose est aisée tant il est préférable de suivre le courant avec la tête tournée à droite pour ne pas risquer de perdre son regard dans ce vilain trou béant, pas de trace de construction féodale même si les trous se multiplient dans cette bonne ville. L'hypothèse des douves tombe d'elle même, faute d'eau et de château.

    J'y suis. Je suis impardonnable et bien puni de m'obstiner à ne pas lire ce si précieux journal local. La bataille du rail n'aura pas lieu, le débat sur le tracé du tramway est – ouest a fait long feu. Pharaon, dans sa grande sagesse a opté pour un tracé parallèle au fleuve qui redonnera, à n'en point douter, toute son lustre à ces rives désertes. Il s'offre même ce bonheur immense d'innover en créant la première ligne française d'un tramway enterré.

    Un esprit retors me fait remarquer qu'on eut pu tout aussi bien penser au métro. La remarque pour pertinente qu'elle soit est un tantinet incomplète, il s'agirait ici de construire un métro à ciel ouvert et à ligne inondable.

    Insondable inventivité de nos élus, le doute s'instille dans une réflexion pourtant foisonnante. N'aurais-je pas perçu tous les éléments du problème qui se pose à ma perplexité ? Au bout de ce trou boueux aux rebords parfaitement réguliers, un espace qu'on nomme « Capitainerie ».

    Le langage du transport public et néanmoins commun ne s'encombre pas d'un lexique marin. Cette piste s'effondre elle-aussi. J'aperçois du reste une écluse à sec qui se plaint de n'être d'aucune utilité dans ce contexte sahélien. Cette béance doit être un canal à sec. Nouveau concept là encore pour éviter de faire couler trop d'eau sous les ponts.
    Je vois au loin une manifestation de marcheurs du bord du chemin. Ils paraissent en colère et portent des banderoles. De nombreux policiers les encadrent, les contraignent, les écartent de ce centre ville où seule la colère paysanne a droit de cité. Ils font pourtant preuve d'une sagesse louable et ne demande que l'installation de filets de protection pour assurer les familles inquiètes et les marcheurs incertains.

    Un canal sans eau où se briser les os ! En d'autres temps, les caméras privées de chaînes nationales à la botte de destins ambitieux, seraient venues filmer cette gabegie économique. Mais les temps changent et ce canal n'est pas une halle. Il suffit de ne pas baisser les yeux sur ce triste spectacle de nos impôts qui nous filent entre les doigts !
    Canalsèchement vôtre.
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