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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

L'emphase terminale

  • Sous un soleil de plomb.

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    Le soleil célèbre bien trop tôt  un été qui devra attendre encore trois mois. Pourtant, dès ce soir deux équipes des quatre qui s'affrontent aujourd'hui sur la pelouse de la cuvette de Bala seront en vacances rugbystiques. Ne plus jouer au Rugby à partir du 17 avril, quand on a 16 ans, la pilule est amère. Pour beaucoup d'autres, les équipes non qualifiées, le traitement a débuté il y a trois semaines déjà !

    Éternel serpent de terre pour nos compétitions nationales. Toute la pyramide est calquée sur le modèle Fédéral. Les championnats s'achèvent fin avril pour permettre ces merveilleuses et élitistes phases finales. Les mêmes comités années après années sortent vainqueurs de ce marathon de printemps avec parfois quelques petits arrangements entre amis pendant qu'au Nord, on se régale de barbecue et de pétanque.

    Il faudrait repenser toute l'architecture, je n'aurai de cesse de le répéter car pour moi, il y a un non respect du contrat implicite qu'impliquent la signature et le paiement d'une licence : la pratique du jeu à l'entraînement et en compétition sur les huit à neuf mois de l'année scolaire.
La réalité est bien différente, le troisième trimestre est tout ou partie amputé. Plus de matches, des entraînements désertés et un Rugby régional à l'arrêt complet à la mi-mai.

    Il est vrai que lorsque l'on a assisté aux rencontres de ce dimanche 18 avril, on comprend qu'il est plus prudent de ne pas fouler des pelouses dures qui se transforment vite en danger potentiel. Il serait utile de réaliser un petit arrosage nocturne avant que de disputer un match de Rugby quand le soleil et le vent se mêlent à la joute ovale. Deux garçons sont passés par la case hôpital et c'est fort regrettable.

    L'enjeu des phases finales est amplifié considérablement par cette perspective ahurissante : « Ce soir, tout peut s'arrêter ! ». D'autant plus que chez les jeunes, la prochaine saison, c'est vraiment une autre histoire, un nouveau groupe ou une nouvelle catégorie quand ce n'est pas un départ pour les études ou la promotion sportive.

    Le résultat, c'est un jeu verrouillé pendant une mi-temps. Une absence de risque, une copie conforme du Rugby ping-pong des plus grands. L'enjeu tue le jeu et lorsque les joueurs se réveillent, il est souvent trop tard. Ce fut une nouvelle fois le cas pour les deux matches auxquels nous avons assisté en observateurs neutres.

    Alors, au bout du compte, la frustration s'ajoute à la déception et engendre des réactions déplacées, indignes, injustifiables. Nous vîmes quelques coups échangés lors de la poignée de main finale dans le dos d'un arbitre pas concerné par la chose. Il s'agissait de Cadets et je doute que ce monsieur ait rempli ce jour et uniquement à cette triste occasion, sa mission éducative.

    Nous assistâmes aussi au coup de sifflet final de la rencontre Ballandrade à un sketch qui eût pu nous faire rire sur une scène de rap mais pas sur un pré. Toutes les caricatures affligeantes de la banlieue chaude parisienne furent mises en action par un garçon qui fit peur aux enfants spectateurs, indigna un public bon-enfant et décrédibilisa son club et sa région. Ce joueur ferait mieux d'ailleurs d'améliorer considérablement son registre rugbystique et de laisser tomber les injures raciales et les singeries qu'il affectionne.

    Alors, si tout ça se passait en cours d'année pour une coupe de France par niveau qui ne signifierait pas la fin de la saison, nous ne verrions certainement pas ces spectacles indignes de notre principauté d'Ovalie et de ses valeurs.

    Moralistement vôtre.

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