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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

L'enfer pour commencer

Pas les conditions idéales pour un départ.

 Pour mon départ, je vous avais proposé un billet idéal, une balade tranquille entre Canal et Loire. Le Fleuve Royal ne se laisse pas dompter aussi facilement. La météo s'est mise de la partie pour que l'enfer soit pavé de mauvaise intentions. Ajoutez une nuit blanche, l'angoisse du départ et un billet qui s'est offert une belle bataille de commentaires.


J'avais passé étrange journée de veillée d'arme. Mon billet censuré au petit matin, une confiance qui s'écroule, une interrogation douloureuse : « Demain je pars et je n'aurai plus l'écho nécessaire du Post, pour trouver lecteurs et éventuels hébergements. » Puis, magie du site, je me retrouve en Une et en buttes aux commentateurs acerbes.


J'essaie de me faire devoir de répondre à chacun mais là, je vais devoir faire exception. Dimanche, je goutais au plaisir incomparable d'une vraie fête de village. La fête du Canal à Vitry rassemble tous les ingrédients d'une animation populaire où chacun, se fait acteur et spectateur de propositions simples, amusantes, étonnantes. J'ai abusé peut-être de l'excellente bière artisanale de la Brasserie des écluses. Mes jambes allaient s'en souvenir le lendemain. De tout cela, une nuit d'insomnie vint me rappeler que la machine vieillit aussi.


Dés potron-minet, l'ami Philippe est arrivé à l'heure du chineur. Je dois à la vérité qu'il me surprit un peu et que j'allais précipiter mon départ. Un petit déjeuner bâclé, la faute est lourde et un départ à bonne allure allait me mettre dans le rouge bien avant l'heure. La chaleur de cette journée de juillet allait faire son œuvre. C'est une loque qui arrivait à Jargeau, les jambes tiraillées de crampes alors qu'il restait encore 16 km.


Je reprenais le bâton de pèlerin, je trouvais refuge et un peu d'ombre sur le chemin de Loire.

À midi, il n'y avait plus d'essence, je devais me résoudre à poser mon baluchon pour une tentative de sieste le long du fleuve. Je ne lâchais pas prise mais pris assez de repos pour retrouver des jambes et un peu d'énergie. Je profitais de cet arrêt au stand pour changer de chaussettes et faire sécher un short que m'a bien hâtivement conseillé un marchand prévenant.


Je reprenais ma marche sous les feux d'un soleil à son zénith. Perdu au milieu de nulle part, j'étais bien seul et ne risquais pas de trouver pompe à mon bidon. Bientôt aux crampes, il fallut ajouter la déshydratation, que du bonheur, vous dis-je ! Sur la levée, que des maisons au volets fermés et aucun espoir de pouvoir boire !


Le temps est fort long dans ces cas-là. La gorge me brûlait, les jambes pesaient le plomb. J'avais prévu une première étape bien au-dessus des possibilités du moment. L'orgueil du vieux sportif qui n'a pas vu le temps faire son œuvre mais qui le sent à son corps souffrant. C'est alors qu'un automobiliste eut la formidable idée de sortir de chez lui. Je le hélais et fort complaisamment, l'homme remplit mon bidon quand d'autres maisons avaient fait la sourde oreille.


Sigloy pointait son clocher. Un bar était ouvert, le patron rugbyman évident entama la conversation et sa femme accepta de me faire une assiette de crudités. Il était 14 H 30 et les figues et le pain me devenaient rédhibitoires. Je ne sais qui de l'ombre, de la fraîcheur ou du repas me fit le plus grand bien. Je pouvais repartir à un train de sénateur convalescent.


Il me restait cinq kilomètres. J'avançais d'un pas qu'il est difficile de dire alerte. Une grosse demi-heure plus tard, un automobiliste compatissant fit halte à ma hauteur et me demanda de monter. Je devais avoir piète allure pour que pareille proposition se fit sans un geste de ma part. Ces deux derniers kilomètres véhiculés furent un petit coin de paradis. Un gars de mon pays, un sullylois avait compris qu'un compatriote était à la peine. Qu'il en soit remercié. Finalement 30 kilomètres au podomètre qui, cette année fonctionne convenablement même s'il me vole un peu pour l'instant. Demain sera un autre jour et je ne me donnerai pas Gien comme objectif incontournable. Il faut savoir ménager sa monture et le cirque Bidon se produit à Sully.


Sagement vôtre.

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Le ch'timi 05/07/2011 14:49



Cher Bernard,


ça-y-est vous êtes en route...:


"le marcheur solitaire"


Il traîne son pas hagard dans la nuit,
Gaspillant les heures, ignorant le temps,
Les trottoirs s'étendent à perte de vue,
Il avance son ombre sur le sol qui luit,
Avalant les heures, oubliant le temps,
Les trottoirs se perdent dans les rues,
Il n'a plus de temps pour battre son coeur,
Allant de son pas pour perdre sa vie.
Il gaspille l'amour, il gaspille les heures
Il gagne le silence dans ses pas enfuis
Les fenêtres le regardent qui marche sans bruit,
Les fenêtres discrètes du haut des mansardes,
Alors qu'aux gouttières le chat noir se hasarde,
Sous les reflets de la lune aux yeux ébahis.
Il marche sans maux, sans douleurs, sans haine,
Il parle au vent de son pas lent qui se traîne,
Là-bas, dans le coin d'une rue bien sombre,
Passe sa petite âme où va la pénombre,
Et le chat qui poursuit de son pas de velours,
De la tombé de la nuit à l'aube du jour,
Le long des mansardes au sommeil profond,
Le pas étrange de l'homme allant vagabond.
Il traîne ses heures qui s'arrêtent parfois,
Quand le vent se couche au milieu de sa joie,
Sa joie qui pleure dans le néant du soir,
La joie du temps, et des rêves d'espoir.
L'homme se dresse et parle tout seul
Traîne son corps dans l'horrible linceul,
Ses pensées habillées du vide du temps,
Le manteau ténébreux de la vie qui attend.
A l'entour les murs des maisons se lézardent,
Une porte s'ouvre, hésite et regarde,
Le chat s'y engouffre dans un miaulement
Traînant derrière lui la vague du vent,

A.Cartner


bonne route..


amitiés


Patrick


 



BR 05/07/2011 17:09



Patrick


 


Vous voilà revenu à vos recherches poétiques.


Merci l'ami de me proposer des petits cailloux qui viennent agrémenter mon chemin.


 


Bonne soirée à vous