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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

L'information en boucle me défrise !

Comment Taire ?




Quand un évènement sort de notre quotidien (à moins qu'il ne puisse y rentrer faute de patience), il s'impose à nous par une avalanche déraisonnable d'images qui font la ronde. Les spécialiste de la chose médiatique prétendent que l'information tourne alors en boucle. La belle mise en plis (à défaut de perspective qui sied pourtant bien plus à la profession.)

L'homme branché veut tout voir en temps réel. Il a depuis longtemps dépassé l'exigence de savoir ! C'est par la seule vu que ces Saint Thomas de l'exceptionnel ont besoin de s'offrir un joli spectacle. Tout est prétexte à regarder béatement le plus sordide, le plus terrible, le plus affreux, le moins agréable qui soit ou le plus morbide.

La détresse des autres est devenue une drogue qui se consomme à haute dose en perfusion. Plus l'image se répète plus le voyeur se rassure : « Si ceci est bien réel, ce n'est heureusement pas pour moi ! » Alors, scotché à son écran plat ( celui-là même qui manque de profondeur), il peut s'abrutir jusqu'à l'indécence de la tragédie d'ailleurs.

Pour l'aider, une bande son, parfaitement monocorde, accompagne par obligation des images qui souvent, manque singulièrement de diversité. Alors, devant le rien à montrer le journaliste se croit obligé de déblatérer des inepties à longueur d'antenne. C'est le vide absolu, la totale vacuité de la réflexion, c'est le fond sonore à la seule surface des choses.

« Il n'y a rien à montrer. Il faut attendre. On espère dans quelques minutes un peu de mouvement. Il se peut que bientôt nous aurons du nouveau. Ne quittez pas, d'un instant  à l'autre nous allons établir une liaison ». Et ainsi de suite, jusqu'à ne plus savoir que dire et passer la parole à un forcément expert auto proclamé spécialiste incontestable ….

Ce délire moderne de notre soi-disant exigence d'information pousse à mettre à l'antenne des images qui seraient censurées s'il s'agissait d'un film. Les cadavres s'amoncellent, le respect de la dignité humaine est bafoué, la réglementation reste lettre morte, la morale est hors débat. Mais l'information passe et les chiens aboient.

Car ne vous y trompez pas, ce sont des aboiements que tiennent nos journalistes du direct. Écoutez les pires d'entre-eux, les journalistes sportifs, qui surfent eux aussi sur l'étrange cocktail du direct, de l'addiction et du spectaculaire, ils vocifèrent, ils hurlent, ils s'époumonent pour décrire ce que chacun peu regarder sans eux. Bientôt, les directs de l'information seront accompagnés des mêmes barrissements navrants.

Non messieurs, ce n'est pas cela, le devoir d'information. Vous avez besoin de recul, de vérification, de distance, d'analyse et de recoupement. Le commentaire ne peut se faire dans le sillage de l'évènement. Il faut un temps de décantation, de digestion, de compréhension.

Vous vous faites bateleur des misères du monde. Vous vendez du temps d'antenne et rien de plus. Vous déshonorez votre mission et pour concourrez à faire du téléspectateur un être uniquement réactif. Vous enfoncez le clou en le gavant d'émotion et en lui refusant la plus petite réflexion.

Nous nous enfonçons dans une société ou tout devient spectacle. Il faut le promouvoir, le vendre, entretenir l'intérêt astucieusement fabriqué à coup d'éditions spéciales, de radio trottoirs, de débats à chaud, de réactions du public. Tout est donné au même niveau, rien n'est filtré par un commentaire, c'est un jet ininterrompu sans aucune échelle des valeurs.

Ainsi, on fabrique un public qui n'a plus d'idées mais des réactions. C'est la fin programmé de l'idéologie, mot que vous avez rendu négatif, dévalué. Vous préférez sans doute le terme opinion, à coup de sondages qui se contentent d'impressions sans fondement. Cette société est si facile à manipuler que c'est ainsi que vous vous faites les complices d'une vaste entreprise pré-totalitaire.

Ibilletement vôtre

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