Partager l'article ! La caravane passe, la Loire se noie …: À contre-courant ! Le conseil général du Loir ...
La Fille Ligère
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
A sa naissance on lui fit
Un berceau d'une gerbe de joncs
Elle aurait grandi au Puy
Avant de rejoindre des garçons
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Ils étaient tous marins
Cœurs gros et mœurs légères
Ils suivirent son chemin
Jusqu'à sa tribu Liger
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
En été elle se prélasse
Alanguie, elle prend tout son temps
C'est sans fin qu'elle rêvasse
S'endormant le long de ses bancs
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Et en automne, elle forcit
Elle redevient fréquentable
Mais si elle reste dans son lit
C'est pour se faire plus aimable
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Et en hiver elle s'emporte
En roulant sa colère
Tout en se faisant plus accorte
À tous les marins en galère
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
C'est au printemps elle se lâche
Débordant de toutes parts
C'est alors qu'elle se fâche
Et nous refuse le départ
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Elle n'est jamais aussi belle
Qu'en notre soleil levant
Lorsque la brume l'éveille
À ses petits matins naissants.
C'est une Loire volage
Qui roucoule dans son lit
C'est un fleuve visage
Qui coule sans soucis.
Ligèrement vôtre
À contre-courant !

Le conseil général du Loiret organise à son tour sa grande messe biennale à la gloire de
notre fleuve royal. Un grand barnum culturel accompagnera le lent cheminement de la marine en bois entre canal et fleuve. Contrairement à nos amis de Cenabum, la navigation est à l'honneur,
la marine traditionnelle est véritablement mise en avant et sert un peu moins de prétexte aux délires mégalomaniaques des
organisateurs.
La caravane de Loire cette année a déplacé sa période de transhumance pour ne pas concurrencer les grotesques footballeurs français. Ce qui devait se dérouler fin juin, alors
qu'il y avait encore un peu d'eau, se passera de 3 au 12 septembre au cœur de l'étiage
(basses-eaux). Elle rejoint ainsi l'hérésie orléanaise qui veut plier les lois de la nature aux impératifs du calendrier politique.

Alors navigation il y aura entre bancs de sable et rochers qui affleurent. Les futreaux resteront bloqués et le marinier en goguette devra mettre pieds dans l'eau pour se tirer
de tous ces mauvais bras. Il ne faut pas contrarier un politique quand il décide en dépit du bon sens et c'est pourtant là que je viens mettre mon inutile grain de sable.
La caravane de Loire descend à moteur notre fleuve Liger de Gien à Beaugency. Quelle belle tradition que voilà ! Patrimoine mondial de l'humanité, dernier fleuve sauvage
d'Europe, la belle se passerait volontiers de la pétaradante compagnie des moteurs à hélices. L'exemple est du reste navrant et peut déclencher des vocations pour les amateurs de griseries
motorisées sur un plan d'eau.

Nul jetski ne devrait souiller l'onde de ce conservatoire vivant de la faune et de la flore. Nul moteur ne devrait ajouter aux bruits déjà trop présents de notre civilisation
terrestre. La Loire est un joyau et il faut la préserver. Un décret ou une loi devrait en faire un sanctuaire merveilleux.
Alors mes amis mariniers n'auraient plus qu'à revenir aux sources de la discipline qu'ils entendent célébrer. Pour le spectacle, pour la magnificence du fleuve et de ces
bateaux à voile carrée, la caravane devrait remonter le fleuve et non le descendre stupidement. Nous verrions les voiles se gonfler au grand vent de Galerne, nous serions admiratifs de ce
spectacle qui étaient jadis, celui que goûtaient avec délices nos ancêtres ligériens.

Mais le vent ne souffle pas toujours assez fort me rétorqueront les tenants de la facilité locomotrice. J'entends la critique malgré le bruit de leurs engins. Comment faisaient
les mariniers d'autrefois ? Ils halaient bon pas sur les rives du fleuve. Le geste est magnifique, le rythme merveilleux. La tradition se respecte entièrement ou elle devient artifice.
Haler n'est plus aussi facile de nos jours. La berge est encombrée, elle n'est pas entretenue et n'autorise que trop rarement l'utilisation de l'ancien chemin de halage. Mais
ne serait-ce pas l'occasion de mener une politique départementale de remise en état des berges qui serait une bien meilleure utilisation des deniers publics ?
Lors de la caravane à contre-courant que j'appelle de mes vœux, il faudrait solliciter des bras, faire appel aux écoles pour tirer sur la corde de chanvre et participer à une
aventure éducative grandeur nature qui devrait concerner véritablement toute la population ligérienne.
Les plus gaillards de nos mariniers usaient de la bourde pour affronter les aléas météorologiques. L'exercice demande adresse et force, temps et courage. Il ne faut pas abuser
des agapes terrestres pour aller à la perche de bois. Une mesure de salubrité publique pour quelques marins entre deux eaux !
Àcontrecouramment vôtre
Il est vrai qu'être spectateur accorde bien des privilèges.
Celui de voir, admirer, jauger, photographier, profiter, dénoncer parfois, défendre... Quelqu'un m' a dit à moins que ce ne soit ici, que la Loire n'était pas fille facile. Je le crois aisément.
Comme dans la Mythologie que j'affectionne tout particulièrement - chacun-e ses références - nombre de marins s'y comportent comme en terrain conquis, oubliant que La Loire ne se donne que lorsqu'elle en a envie, tolérant bien des affronts de la part de ces humains qui n'en sont guère avares.
Comme dans la mythologie aussi, où nombre de naïades, néréides ou autres divinités des eaux, elle se permet de les remettre à leur place, le moment venu, lorsque de trop d'audace et d'irrespect elle est victime.
Cependant, si elle n'est pas fille facile, elle sait, elle, être royale et poursuivre sa route rappellant aux un-e-s et aux autres qu'ils peuvent bien la qualifier, elle ne sera jamais ce qu'ils ont cru en voir ou entre-apercevoir un cours instant.
Circé
Le marin sait que la Loire restera toujours la plus forte et qu'une vilaine crue, une embâcle ou un gros coup de vent finira par avoir raison de lui.
Ne vous fiez pas aux apparences. Le marin grande gueule et flambeur cache aussi des failles. Une mauvaise chute et il finira noyer...
Je suis désolé de donner une image peu conforme à la réalité complexe de notre fleuve. La colère des flots n'est jamais loin.
Modestement vôtre
La Loire fleuve magnifique pour y pratiquer une passion qui a traversé des génération mais fort chahuté aujourd'hui, fort dommage de constater que la loire devient le théatre de beaucoup de dégradations, l'année dernière les chasseurs à la rencontre du grand public avait réalisé une opération loire propre à croire que la ligérienne est une décharge à ciel ouvert.... pour le passionné que je suis quelle joie que de poser bottes et cuissardes en cette saison à espérer, à écouter, à découvrir ce fleuve car nul le connait vraiment et quel joie de voir le jour paraitre dans ses endroits merveilleux et pourtant si proche de nous...
Mais nos chèrs Politique de "Tribord ou de Babord" n'ont guere à entendre et faire des conseils que peuvent leurs prodiguer les vrais connaisseurs et non pas c'est quels farfelus aux grandes idées et à la langue bien pendue qui pour principe de précaution et de Bioattitude ou encore de faits médiatiques repoussent l'impensable conduisant à ces énormités comme de naviguer en étiage... d'abandonner notre fleuve au profit d'une trame Verte qui n'apporte rien si ce n'est que des noms en bas de pages et qui fait plaisir à certains en disant "Moi je Connais".
Mathieu
Preserver la nature ce n'est ni s'afficher écolo, ni se prétendre chasseur ou pêcheur pas plus que batelier. C'est adopter une attitude responsable et équilibrée qui tiennent compte de tous les éléments qui concourent à la biodiversité.
Le moteur n'est pas de cela, forcer l'étiage par décision absurde pas plus.
Il faut laisser l"esprit Loire fleuve sauvage, la protéger en lui évitant les abus de toute sorte dans l'équilibre des pratiques traditionnelles que sont la chasse, la pêche, la marine ligèrienne à la bourde