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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

La compagnie ferrée de Paris à Orléans

Grandeur et Décadence.

 

La ligne Paris-Orléans
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    L'histoire fit d'elle une des principales lignes historiques d'un chemin de fer qui crachait encore fièrement ses volutes de fumée. De grandes étapes furent créées pour donner à boire aux monstres de puissance et de charbon. Vierzon fut alors un nœud historique, la plaque tournante de la fierté cheminote.

    De Toulouse à Paris, les étapes avaient noms : Montauban – Cahors - Brive - Limoges – Chateauroux - Vierzon – Orléans. Personne n'aurait jamais songé à priver les gens de ces villes d'un
arrêt, d'une étape, de la considération qu'à l'époque on devait à notre belle province.

    Les murs du Musée d'Orsay se souviennent encore de ces heures de gloire. Orléans inscrit en lettre de noblesse, le chemin de fer français s'honorait de relier tous les hommes de ce joli pays. Un
réseau se créa qui de villes plus petites permettait de rejoindre la ligne principale. Chacun dans l'intérieur des terres avait droit à considération, le service public était la fierté d'une nation.

    L'électricité n'apporta pas au début de grande révolution. La continuité du service prévalait, les gueules noires disparurent, le travail se fit plus facile mais le respect des horaires avait encore
en ce temps valeur de modèle. L'école pouvait poser des problèmes sur les trains qui se croisent, le pays tout entier avait son droit au rail.

    Puis il y eut de belles expériences, un aérotrain qui révolutionnait la donne et voulait faire d'Orléans la voisine de Paris. L'idée était trop précoce, le projet fut mort-né avant que d'avoir connu la folie des grandes vitesses.

    Il fallut attendre bien des années plus tard la révolution du TGV pour comprendre bien trop tard que les lignes anciennes allaient être étouffées à petits feux par les prétentieux énarques de nos grandes villes.

    Il fallait tout changer, inventer d'autres lignes et surtout effacer l'héritage historique. Avec le TGV, c'en était fini du tarif équitable, de l'égalité des voyageurs. On joue son tarif comme on joue
aux courses, on spécule, on commande, on se gausse du principe d'égalité qui fonda jadis notre ancienne République.

    Une madame Chirac se permit de décréter que pour relier Paris à Toulouse, il fallait passer par Bordeaux. Au fait du prince, on ajoute maintenant le caprice de sa dame et il n'y a rien à redire à tout ça ! De Montauban à Orléans on se désole à présent du mépris souverain dans lequel sont tenues ces villes subalternes.

    On réduit la fréquence des trains, on allonge à plaisir la durée des trajets, on multiplie les heures d'attente et les correspondances. Ceux qui refusent de passer par Paris pour gagner du temps et perdre de l'argent sont des ennemis de la croissance et du libéralisme triomphant.

    Que ces petites villes maintenant se rassurent, des TER assurent la relève. Ils ne sont pas peu fier de leur titre de gloire : « Transports express  Régionaux ! ». L'annonce ne manque ni d'humour ni de dérision.trois  heures trente pour aller de Limoges à Orléans, je ne comprends pas bien le sens d'un adjectif bien hâtivement choisi.

    Monsieur le maire d'Orléans qui se croit important a construit une gare pour recevoir des omnibus de plus en plus rares. J'espère qu'il tirera le signal d'alarme pour que notre ligne retrouve considération auprès de ces gens férus de leur importance et qui nous méprisent tant !

    Cheminement vôtre

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