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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

La comprenette facile.

Le seigneur en son royaume.




Le Maire d'Orléans est un homme qui ne rigole pas. Il a autant d'humour que de patience. Il avait démontré son côté Prince sans rire lorsqu'il traina en justice le pauvre blogueur farceur qui usait d'ironie à son encontre. Il lui donna même quelques jolis coups de pied au sol allant jusqu'à le bouter hors du département par le jeu de ses relations et de son influence.


L'homme ne plaisante pas. Il n'aime rien tant que l'ordre et la discipline. La ville est sous la botte d'un pouvoir autoritaire mais juste diront ses admirateurs, juste autoritaire diront ses détracteurs. Les arrêtés s'ajoutent aux mesures policières pour la paix de tous et le bonheur de quelques uns.


Maintenant qu'il a installé l'ordre républicain dans les rues, il compte nettoyer sa bonne ville des derniers détracteurs qui osent se dresser sur son chemin. Mourad Guichard, correspondant de Libération dans la région Centre est de ceux-là. Comme bien rares sont ici, les journalistes qui ne font pas la révérence devant un grand homme qui ne supporte pas ceux qui, modestement veulent rester debout.


Alors, il prive ce plumitif trop acide du bonheur ineffable d'assister à ses conférences de presse. La liberté de la presse s'arrête aux frontières du département. Il faut servir ou se retirer ! Le pouvoir local ne s'encombre guère de respecter la forme puisque personne ne viendra se plaindre. Et si par malheur, une voix s'élevait, fusse celle de la représentante de la minorité municipale, elle serait alors immédiatement tancée publiquement sur une tribune que notre homme prend pour un trône.


Les mots sont inacceptables dans une démocratie mais sommes nous encore en démocratie dans cette ville. Le père de la ville gronde ses enfants agités, il parle avec un ton paternaliste d'autant plus insupportable qu'il s'adresse à une femme. Ses mots relèvent du mépris le plus total. Qu'il se permette de plus de tenir des commentaires que l'on pourrait qualifier de diffamant à l'encontre d'une personne absente des débats atteste du sentiment de toute puissance qu'il s'est forgé au fil du temps.


Que madame Teixera ne quitte pas immédiatement la salle du conseil municipal après le trop fameux : «  Vous n'avez pas la cromprenette facile » démontre que la dame, pour travailleuse et motivée qu'elle soit ne dispose pas encore de l'autorité qu'il sied pour affronter ce personnage. Monsieur le Maire traite ses rivaux comme des sous-individus, qu'importe s'ils sont censés représenter la minorité (nombreuse pourtant) de ses administrés. Nous sommes tous ses sujets et nous lui devons le respect du vassal à son suzerain.


Je m'étonne qu'aucune voix ne s'élève dans la majorité pour déplorer le ton et la forme que prennent maintenant les séances du conseil municipal. À Orléans, nous ne sommes plus en démocratie, la parole est confisquée, le débat évité, le respect refusé. C'est un seigneur qui tient conseil ; il n'accepte pas le plus petit commentaire désobligeant, gronde le rebelle, menace le dissident, évacue l'impudent. Il tient le pouvoir et se fait juge tout autant que magistrat. Je refuse tout autant que les représentants de l'opposition soient ainsi méprisés publiquement sans qu'ils ne drapent dans la dignité qu'il conviendrait et dont manque si cruellement le maître de ces lieux.


Il serait bon de rappeler à ces personnages qu'ils ne sont que nos représentants, que nous sommes en droit d'exiger une plus grande tenue morale dans cette maison commune. Monsieur Grouard est sans doute grisé par ses succès, il a perdu de vue la dimension démocratique de sa charge. Il serait grand temps qu'il retrouve ses esprits et revienne à des comportements plus en adéquation avec le code déontologique de l'élu d'une nation encore républicaine (pour son plus grand déplaisir sans doute). Nous pourrions le lui rappeler d'une autre manière, avec fermeté mais avec la courtoisie qui ne devrait jamais être absente du débat politique.


Comprenettement sien.


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