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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

La contre-voix sublime

Scotché par la dame !



Un samedi soir, quand on ne veut pas rester bêtement devant son poste de télévision à regarder les habituelles conneries, les inepties de foire et les vedettes qui s'auto-congratulent, l'aventurier s'en va à la rencontre du spectacle vivant tant qu'il en est encore temps.

En ce samedi de janvier, ma curiosité m'a conduit vers la petite salle de spectacle des Longues allées à Saint Jean De Braye. Avant que de vous raconter par le menu la soirée proposée par les amis d'ABCD, je vous dois de souligner l'inconfort de cette salle. Le spectateur est une espèce suffisamment rare pour le préserver de pareilles douleurs lombaires. Quand celui-ci doit choisir entre son canapé domestique et un vulgaire banc en bois, sa colonne vertébrale lui recommande la paresse intellectuelle !

J'ai surmonté ce handicap en serrant les dents, heureux qu'en cette soirée éclectique il y eut trois entractes pour soulager une douleur lancinante. Bien m'en prit car au détour d'un travail autour des chansons de Pierre Perret, j'ai reçu comme un coup de poing la prestation de dame Lucia. Auparavant, deux interprètes avaient sillonné le répertoire de Pierre Perret avec application mais sans cette petite flamme qui emporte l'adhésion de tous.

Nous en étions à notre deuxième entracte, l'occasion de soutenir l'association en vidant nos seconds verres de vin de l'Orléanais quand une dame tout de noir vêtue vint imposer sa présence sur la petite scène. Accompagnée d'un pianiste discret et talentueux,: Camille Petit, la dame nous apparut tout d'abord fort empruntée par son ample foulard.

L'attention du spectateur se focalise parfois sur des choses anodines. C'est une manière de scruter le spectacle, de prendre le temps d'y entrer par une petite porte. Avec Lucia Di Carlo, l'observateur vagabond revient vite aux choses essentielles, la dame en impose et sa voix tonne pour réveiller ceux qui d'aventure auraient choisi de s'assoupir.

Puis elle se fit tour à tour tonnerre et chatte, tempête et coquine, dévastatrice et grivoise, diva et friponne. Et alors, l'improbable mariage de l'opéra et de la variété, de la mezzo-soprano et du gars de Castelsarazin emmena le spectateur bien loin des rivages habituels de monsieur Perret.


Décrire l'étrange caverne de la femme avec une voix qui résonne ouvre de nouvelles perspectives à l'amateur éclairé. La surprise passée, le coup de poing reçu dans l'estomac, le spectateur se demande bien pourquoi il a le privilège de figurer dans cette petite poignée à goûter cette incroyable révélation, cette évidence sublime.

Arnaud Roy, l'instigateur et le directeur artistique de ce coup de folie a donné dans le mille. S'il y avait une caméra dans la salle, l'évènement ferait le tour de la blogosphère. C'est de même nature que Suzanne Boyle, un coup de tonnerre dans le Landerneau de la chanson. Je vous invite tous à réclamer ce tour de chant, ce Perret vocalisé, ce Perret vampirisé, ce Perret avalé tout cru par la dame à l'immense appétit.

Je n'ai rien à gagner à faire la publicité de la dame. Croyez-moi sur parole, dépêchez-vous d'être parmi les premiers à écouter cette merveille de décalage. Réclamez le tour de chant, profitez en pour y adjoindre la création : Chansons à voir. Dix chansons mises en images par des graphistes locaux qui provoquèrent hilarité, surprise, émotion, poésie et trouble.



J'en avais presque oublié mon mal de dos. Je voulais rentrer au plus vite pour vous faire partager ce moment de pure émotion. C'est si rare qu'il ne faut pas garder pour soi un tel trésor. Contactez ABCD, Envoyez un message à la dame, ne passez pas à côté de ce moment d'exception !

Mélomavariétement vôtre

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