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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

La culture des quartiers !

Foot, argent et irrespect.


 


La farce orchestrée en Afrique du Sud par nos amis pousse-citrouilles est un véritable fait de société dont on ne peut faire l'économie d'une réflexion sérieuse. Elle illustre la culture d'un pan entier de notre pays qui se découpe maintenant en tranches imperméables.

Il est ici une série de zones urbaines où l'insulte et le crachat sont devenus simple ponctuation. La langue s'est réduite à un usage excrémentiel, elle dégueule la haine, le mépris et la violence dans un infâme mélange de borborygmes, d'onomatopées, de mots chamboulés ou bien expatriés. Le vocabulaire s'est réduit aux acquêts,  ce qu'on possède, désire ou souhaite acquérir ! L'unique préoccupation est strictement matérielle …

Cette langue fleurie est privée de syntaxe. La simplicité des mots et de la forme enferment le locuteur dans un monde sans nuance où les poings sont alors, l'ultime subtilité d'usage. La satisfaction immédiate des envies, la toute puissance et le refus des normes deviennent ainsi le fonctionnement de base des petits frères de nos footballeurs en bleu.

La langue est vulgaire et purement agressive. Elle s'habille d'un accent qui permet de se reconnaître comme membre déplorable d'une toute autre humanité que la nôtre. Les armes sont fourbies, la ligne de démarcation tracée. L'accent « racailleux » est sa nouvelle frontière !

L'insulte est l'unique fioriture d'un discours affligeant qui ne se paie pas de mots. La Mère est la source première de l'indignité des femmes, règle essentielle de cette misère humaine. Elle est sacrée quand elle est génitrice. Elle n'est qu'ordure et souillure quand elle est une autre. Nos footballeurs en font le même usage, eux qui s'offrent des poupées facturées.

Le regard accentue les paroles. Le visage quand il n'est pas dissimulé derrière une casquette posée sans manière, une capuche qui  dissimule et des écouteurs qui éloignent des autres, devient façade guerrière. Le regard haineux et l'immobilité des traits, l'absence de sourire et le refus d'accrocher les yeux de son interlocuteur deviennent alors des armes de déshumanisation massive.

Ces quelques traits tracés à la hâte, nous les avons retrouvés chez nos représentants indignes en cette terrible découpe du Monde. Chacun peut nommer un de ces pantins immondes derrière ces descriptions d'un individu quatierisé.

Il faut encore ajouter la prière. Une obligation en ces lieux austères. On appartient à une chapelle, une mosquée ou une église qui vous exclut immédiatement de celle de votre voisin. C'est Dieu qui fait les groupes humains et séparent les hommes qui ne se prosternent pas de la même dévotion fictive.

Dieu est lui aussi dans toutes les bouches, il se fait démonstratif et 'locutif' à foison. Il oublie bien souvent d'être dans des cœurs qui n'ont rien compris de ses préceptes d'amour. Nos manieurs de petits ballons de plage ont constitué des clans au nom de leurs croyances. Ils ne font qu'illustrer ce qui se passe chaque jour dans nos quartiers masqués.

La langue réduite et la pensée prisonnière, comment peut-on alors comprendre ce monde dans sa complexité féconde ? La violence et l'argent remplacent la réflexion qui manque. La qualité d'un individu se mesure à ses marques ostentatoires d'une puissance matérielle : la voiture et les vêtements de marque, le téléphone portable et la montre bracelet.

Nous avons une autre idole, petit homme agacé qui fonctionne sur le même modèle. Quand les beaux quartiers rejoignent ceux de la périphérie, la classe moyenne n'a plus que ses yeux pour pleurer son rêve de cohésion sociale à jamais envolé.

Quartièrement vôtre

Roselyne évoque des Caïds immatures. Ils sont comme ceux qui imposent leur terreur à une grande majorité de jeunes apeurés qui subissent cette loi inique dans nos quartiers, nos collèges et nos lycées. Nous sommes tous complices par notre silence et nos refus de voir ce problème en face.  Il y a sans doute de mutiples responsabilités mais il est grand temps de se dresser face à eux.

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