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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

La Cuvette se fera fournaise !

Des larmes et du sang

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    À 16 h 25, un horaire que seule une chaine de télévision peut imposer à la sagesse des hommes, dans l'antre de Sapiac, la belle et noble Cuvette qui vit tant d'exploits, se déroulera le dernier acte d'une tragédie insoutenable.

    Quand l'équipe de Montauban foulera la pelouse, l'émotion sera à son comble. Dans les tribunes populaires et sur le pesage, ce sont des années de mémoire qui défileront dans les yeux des montalbanais, fiers de leur petite préfecture, de cette qualité de vie à nulle autre pareille et de ce maillot « vert et noir » pour la vie.

    Je connais des joueurs dont le corps se souvient encore et pour toujours, je crois, de ces combats d'antan. Des matches héroïques qu'il fallait livrer au stade toulousain de Rives et Skrela. Le soir, il y avait foule à l'hôpital. Personne ne râlait, la bataille avait été rude et loyale.

    À Montauban, le pèlerinage de Sapiac est un passage obligé, une pause nécessaire, un rayon de soleil dans une région où il est pourtant particulièrement généreux. C'est le public du Rugby comme on l'aime, simple, populaire, goguenard et chauvin. On ne se change pas !

    Quatre-vingt minutes pour couler l'aviron et sortir la tête de l'eau. Le Tescou n'a pas fait des siennes, c''est le grand dramaturge du championnat qui a décidé il y a fort longtemps de ce final à la « muerte ». L'actualité a ajouté les soubresauts d'un budget qui s'étiole, les hésitations qui deviennent tergiversations, les gestes salvateurs qui se transforment en coups bas .

    Les protagonistes de ce feuilleton indigne auront leurs places réservées, ils trôneront une dernière fois, pantins impudiques et sans honte qui n'ont d'autres préoccupations que de se montrer encore et toujours là où il faut être vu.

    Les vrais, les amis de toujours du Rugby, se moqueront bien de ces clowns pathétiques. Ils n'auront d'yeux que pour la terrible bataille qui va laisser une équipe au fond du seau. Dans le vestiaire, les gars de Sapiac comme ceux de l'Aviron se promettent cet après-midi, ce sera à la vie à la mort. On sait, hélas, le peu de cas qu'il faut faire de ces promesses dans le sport professionnel. C'est souvent le bal des faux-culs, mais cela il ne faut pas le dire !

    Qu'importe, les ultras s'égosilleront pour transcender les leurs. Une cohorte considérable de leurs pareils aura fait le voyage de Bayonne : dix bus et des centaines de voitures conduiront la plus belle chorale d'Ovalie. Les gorges seront serrées mais les chants monteront pour sublimer les « ciel  et blanc ».
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    La tradition est forte dans ces deux places fortes du Rugby. Ici, on ne galvaude pas le maillot avec des personnages historiques et des plaisanteries graphiques. On sait se tenir, un peu mieux que ces officiels qui ont parachevé la pantomime tout au long de la dernière ligne droite. Monsieur Grenet sera au côté de sa chère Brigitte, les menaces judiciaires ne sont plus qu'un mauvais souvenir.

    Mais laissons ce pitoyable spectacle et concentrons nous sur la bataille que vont se livrer des gladiateurs modernes. Il y aura du sang, des chocs, des plaies et des bosses. Il y aura peut-être quelques envolées mais c'est peu probable. Il y aura un vainqueur, il y aura un crucifié !

    Le match sera verrouillé, il sentira la peur, les vestiaires seront encore souillés de la peur des hommes que jamais rien ne prépare vraiment à supporter cette affreuse boule qui vous étreint le ventre. Dans l'un, tout sera oublié, dans l'autre, la désolation succédera à cette abominable angoisse.

    Sapiacement vôtre.

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