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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

La dictature du Bon Sens

Suivez la flèche du truisme de base …

 

Ça y est, Nicolas premier, roi des raccourcis sémantiques a sorti sa planche à truisme. Il défend les propos de l'inénarrable Guéant en évoquant « le Bon Sens ! ». Suivez mon petit doigt, ne regardez pas la Lune, évitez de penser. Le Bon Sens est de retour, celui qui fit de la devise «  Travail – Famille – Patrie » notre point de ralliement pour les besoins d'un vieux monsieur sénile et d'un pays à genoux.

 

Pour la sénilité je ne sais pas mais pour être à genoux, il n'y a aucun doute ! Nous pouvons voir notre grand homme dans cette posture à supplier dame Merkel de lui donner un coup de pouce, à implorer les électeurs du front national de rejoindre des thèses si semblables. Pour justifier ses bassesses, pour expliquer au monde ébahi des propos insupportables, tenus en son nom, il nous ressort l'antienne du bon sens, celui mène dans toutes les impasses de la pensée.

 

C'est la moulinette à concept, tout y est broyé, concassé, réduit en bouillie. Plus de hiérarchie dans les notions, plus de signification aux mots : civilisation – culture – religion – nation mis à égalité dans une pensée de bas-étage. Quand on abaisse dans une fonction qui est censé élever, on se retrouve pris au piège de ces pratiques indignes.

 

Alors en route pour le bon sens, celui qui ne doit pas nous faire changer de cap. Les économies sur le dos des plus petites gens, bon sens que voilà. Le travail qui n'est pas considéré ni respecté, bon sens encore. Les étrangers qui viennent manger le pain des français, bon sens toujours. Les fonctionnaires qui ne servent à rien, bon sens, je vous le garantis.

 

La liste est longue des mesures qui sont prises au nom d'une logique de petit épicier, de bon citoyen d'une nation centrée sur elle-même. Le bon sens n'est le plus souvent tourné que vers soi, centré sur les égoïsmes les plus vils, aggloméré aux désirs les plus cupides, aux lâchetés les plus abjectes d'une société qui se refuse à l'empathie.

 

Le bon sens c'est la dictature d'une convergence d'intérêts particuliers qui se rejoignent pour maintenir ceux-ci en dépit des contradictions, de la réalité et d'une nécessaire modification de nos pratiques et de nos modes de fonctionnement. Le bon sens ne veut rien changer, fondamentalement, il est conservateur, il est réactionnaire, il caresse nos plus bas instincts. Il ne perd jamais le Nord de celui qui s'en sert mais déboussole toujours les flattés qui l'écoutent.

 

Chaque fois qu'on nous sert ce bon sens, je ne peux que m'indigner de pareil refus de l'argumentation, de manque de courage intellectuel, de mépris pour la masse. Il est vrai qu'en la flattant ainsi, en la faisant juge d'une pensée au rabais, le chef qui profère cette insanité, se met au niveau qu'il suppose être celui de cette société informe et forcément stupide. Miraculeusement, il trouve une proportion suffisante de braves gens pour gober la méthode et y adhérer par paresse intellectuelle.

 

D'autres plus cultivés que notre petit chef d'état, nous ressortent le sésame des beaux parleurs de la rigueur et de la platitude économique : « Le pragmatisme ». C'est le versant peaufiné du bon sens, la face présentable dans les conférences ou les exposés tenus devant des gens qui réfléchissent un tant soit plus. Mais cela relève du même modèle réducteur, de la même envie de ne rien changer fondamentalement dans un rapport de force qui profite toujours aux mêmes.

 

Voilà où nous mène le débat actuel ou plutôt l'absence de débat engendré par un candidat qui n'en est pas un, un président qui n'est qu'apparence et posture, grimaces et mensonges, provocation et dérision. Son bons sens est son ultime avatar intellectuel. Il ne peut rien offrir de mieux. J'en suis affligé pour une fonction qui mérite bien plus et exige de toutes autres compétences.

 

 

Sensément sien.

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Kakashi 09/02/2012 20:53


Pourquoi éprouvez vous de la haine envers ses gens que vous qualifiez de "monstres ?

BR 09/02/2012 21:45



Kakashi


 


Je vous remercie de poser cette question qui finalement est le point de départ d'un mal être absolu.


Haïr ceux qui n'en valent pas la peine, pourquoi diable ?


 


Parce que je vois les souffrances multiples, les détresses inconsolables, les tourments qu'ils infligent à des gens sans défense, parce que je constate au quotidien que leurs valeurs cassent un
tissus social, qu'il n'y a plus de solidarité ni de compassion dans ce monde et que tout ça est organisé pour que quelques personnages vivent et jouissent sur le dos de tous les autres.


 


Merci encore car je vous dois maintenant un billet mais aurai-je la force de l'écrire ?



Bibou 09/02/2012 15:01


Bonjour C'est Nabum,


Vraiment pas le courage, le roitelet là au-dessus de mes forces, j'essaie de les récupérer alors... ne m'en veuillez pas.


Bel après-midi.

BR 09/02/2012 17:08



Bibou


 


Nous n'en pouvons plus, gardons nous de ne pas le supporter encore 5 années qui seraient celles de la casse du modèle français.


 


Éveillons les consciences des braves gens, les monstres quant à eux, le soutiennent !



tilk 09/02/2012 11:30


ça sent le roussi, un seul sens la sortie d urgence, mais le mal qu ont fait a la France les escrocs élus par la triche l abus de faiblesse le raket le terrorisme politique le chantage, appel au
crime et utilisation devoyée des institutions publiques, ....bref ils ont laissé la marque de leur generation des voyous de la société modéle qu il faudrait envier, mais mieux ne plus rien
ajouter au listing des crapuleuses actions de ces tarés déjantés qui osent meme nous faire des sermons et causer de moralité ou des tiques, ces charognards...tudiou, la hache

BR 09/02/2012 17:07



Tilk


 


Tant que la bête n'est pas morte, elle bouge, elle agit, elle manipule, elle fomente !


 


Méfions-nous jusqu'au bout de ne vendons pas sa peau avant que de l'avoir dépouillée. Il fudra d'ailleurs lui faire rende tout ce qu'elle nous a pris !