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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

La géométrie fractale de la Loire

La diagonale du fou …

Vouloir remonter un fleuve qui se prend depuis quelques temps pour sa cousine Seine n'est pas chose aisée. Les méandres incessants accroissent considérablement la distance du marcheur qui se sent éconduit par sa belle. Alors, pour ne pas tourner bourrique, il prend la tangente au risque de perdre de vue sa dulcinée.

 


 

C'est ce qui m'est arrivé à Bourbon Lancy. Je n'y ai pas vu ma Loire et pour la retrouver, il me fallait tailler la route. Au départ de ce Grand Hôtel que je quittai à regret, tant l'accueil y fut chaleureux, je vérifiai la distance à parcourir aujourd'hui : 26 kilomètres affichés sur Mappy.


 


 

Au petit matin, je laissai les curistes à leurs travaux d'Hercule. Je coupai par la campagne pour rejoindre la voie verte au jugé. Je tombai sur Jean qui venait apporter du foin à ses génisses. L'homme avait le sourire : « Il est tombé 50 millimètres de pluie hier, ça va s'arranger ! ». Moutons et vaches me regardaient passer. Voilà des créatures qui n'ont pas de préjugés. Elles s'arrêtent de brouter et me regardent d'un œil étonné ...

 


 

Après la pluie et le crachin d'hier, les gens sont de sortie sous le soleil. L'ambiance a changé, elle n'est plus à la morosité. Une heure plus tard, je trouve enfin la voie verte et un panneau annonçant Digoin 27 km. Je mis ce décalage sur le compte d'une facétie indicatrice.

 


 

Je marchai encore une bonne heure d'un pas plein d'entrain. J'avançai du pas de celui qui croit que l'étape sera courte quand je tombai sur deux hommes sortant d'une boulangerie à Aubin sur Loire. Je leur demandai des indications ; Jean-Louis et Roland connaissent le coin, ils sont VTTistes. Il vous reste 35 kilomètres.

 


 

Ce fut le coup de bambou. Je venais de parcourir une dizaine de bornes pour me retrouver bien plus loin qu'à mon point de départ. « Ce sont les détours de la Loire  ! » me répondit Jean Louis qui vit ma mine désappointée. «  La voie verte va rejoindre le canal de l'autre côté de la Loire ! ». C'était jour de soleil, Jean Louis me proposa de m'emmener en voiture pour retomber sur mes prévisions initiales. C'est ce qu'il fit en me racontant que le lendemain, il allait en camping-car avec son fils et son beau-frère rejoindre l'étape Saint-Gaudens – Plateau de Beille. Ils en profiteront pour s'offrir une petite escapade en Andorre puis en Espagne pour quelques jours en garçons !

 


 

Je repris ma marche le long du canal latéral à la Loire. La fille Liger était à deux pas, la savoir si proche me rassurait. Il me restait une dizaine de kilomètres, une bagatelle grâce à la sollicitude de Jean-Louis. Ce fut alors au tour de Rémy de m'interpeller. Il y avait je ne sais quoi dans l'air qui faisait se parler les hommes …

 


 

Rémy 68 ans, retraité semblait un peu confus. Il me dit qu'il avait joué au rugby du côté de Toulouse au poste de demi de mêlée. Il se vantait d'en avoir distribué plus qu'il en avait pris ! Une formule qui ne trompe pas, le plus souvent. Puis, il partit pour Oyonnax où l'entraîneur ne lui fit jamais confiance. C'est là qu'il se mit à pêcher la truite … Je ne suivais plus sa conversation, lui non plus d'ailleurs ! Qu'importe, l'essentiel n'est-il pas de lui avoir accordé quelques minutes ?

 


 

Chaque groupe rencontré m'adressait la parole. On voulait savoir d'où je venais, j'allais, si j'étais pèlerin (un grand classique). À une dame qui me demandait si j'allais à Compostelle, je répondis que je faisais dévotion à la déesse Loire en remontant à sa source. Elle trouva la formule à sa convenance.

 


 

Après seulement six heures de marche, je franchis le pont Canal de Digoin. Un homme portant tee-shirt de Rugby me dit d'aller à « l'Observaloire » où Jérôme le maître de ce formidable espace didactique allait me servir de guide. Nous reviendrons plus en détail sur cette visite et une fois encore, je retrouverai ce nouvel ami ligérien au festival de Loire du 21 au 25 septembre en ma bonne ville d'Orléans. Jérôme y descendra en fûtreau. Tout le monde s'est donné le mot.

 


 

Soleillement vôtre

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