Lundi 2 novembre 2009
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08:01
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Publié dans : Carton rouge
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Les belles années juniors ne s'oublient jamais !
La chronique qui racontait l'histoire de celui qui a rendu son paletot a réveillé la nostalgie et
relancé ce réseau souterrain qui unit pour toujours ceux qui un jour jouèrent dans la même équipe junior.
J'ai cru comprendre qu'il en est souvent ainsi dans les clubs. Ces années-là sont une sorte de parenthèse qui se trouve à mi-chemin de l'enfance et de la dure réalité de l'âge
adulte. Dans cet entre-deux de la fin de l'adolescence, un trait d'union aussi puissant que le Rugby laisse une trace indélébile dans les mémoires.
Indélébile est sans doute l'adjectif le plus ambigu qui soit pour ce passé fait de
folies et d'excès insensés (jeunesse oblige). Il y a plus de souvenirs totalement débiles que de raison dans le coffret à
mémoire indicible. Il y eut plus de tâches obscures effacées grâce à la mansuétude d'encadrants bien plus bienveillants que ceux qui entourèrent Mathieu Bastareaud il y a peu, que d'actions glorieuses et avouables !
Mais le passé a enveloppé ce temps de l'aura magnifiée du bel âge, du bon vieux temps, de ce temps merveilleux de l'insouciance et de toutes les portes encore ouvertes devant
soi. Il donne à cette période une dimension mythique d'aventure chevaleresque ou de quête initiatique.
Les années envolées ont effacé les querelles, les échecs cuisants, les déceptions individuelles, les actions inavouables. Il ne reste, gravés dans le marbre, que les heures
victorieuses et les délires magnifiques. Le Rugby ouvre la porte à des écarts qui demeureront à jamais le ciment imputrescible des générations qui les commirent !
Ainsi, à la lecture de la chronique, le réseau a fonctionné. Le texte est passé d'ordinateurs en téléphones
portables, de forums en messageries, de mails en conversations directes (elles existent encore). Tous les gaziers se sont
retrouvés derrière l'affront fait à l'un des leurs. Ils se sont souvenus de ceux qu'ils subirent les uns après les autres et qui les contraignirent à rompre avec ce club qui les avait réunis pour
le meilleur d'abord et le pire ensuite.
Ils ont réagi en équipe, la leur, quand ils s'appelaient les
« Gaziers ». Celle qui demeurera éternellement dans leur tête ! Les messages de soutien ont donné l'occasion de se remémorer tout en apportant un réconfort symbolique à
Stéphane.
Les générations se sont confondues pour condamner ceux qui ont cassé le jouet qui avait été
le leur. Ils oublient peut-être que les hommes en place au sommet de la grande pyramide ne sont pas responsables de tout. Mais comme l'écrit la sagesse indienne :
« Il faut répondre au diable dans la langue du diable ! »
et ils ne se gènèrent pas pour mettre au banc d'infamie, ces beaux messieurs cravatés qu'ils virent arriver sur la pointe des pieds, à l'époque ...
Le texte a fait le tour du pays, d'autres joueurs ont trouvé des ressemblances avec des
clubs d'ailleurs. Les hommes sont éternels et l'ingratitude est bien plus commode et efficace que la reconnaissance et les remerciements.
J'espère simplement que lorsqu'ils arriveront à cet âge d'homme où l'on pose définitivement les crampons pour rendre parfois au rugby ce qu'il vous a donné, ils deviendront des dirigeants ou des éducateurs, forts des valeurs qui
furent celles des Gaziers ici, d'autres bandes ailleurs.
Gaziernostalgiquement vôtre.
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