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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

La Libye à ma porte

Ma traversée du désert.

 


 


Les temps sont durs pour le pauvre vacancier à la recherche du soleil et des sensations fortes. Le lointain n'est plus à portée d'avion. Quelques mouvements d'humeur de ci de là ont poussé les voyageurs à se rabattre sur notre pays. Adieu le désert libyen, les hôtels tunisiens, les excursions égyptiennes. Laissez-faire les soubresauts de l'histoire en marche et venez nous rejoindre dans ce beau pays des Landes.

 


 

La planète ne boudera pas cette baisse momentanée des voyages aériens même s'il y a encore des crevettes qui viennent d'Équateur ou de Madagascar pour nous signifier notre folie consumériste. Mais il faudra encore bien du temps pour faire admettre que notre seul plaisir ne justifie pas ces aberrations sans borne.

 

 

En attendant que les avions du Grand Nicolas rendent possible la réouverture des parcs d'attractions africains, le touriste pascal a envahi les Landes. Il y a bien plus de monde qu'à l'habitude et la météorologie favorable n'a fait qu'amplifier le phénomène migratoire. Ainsi, il y a un peu plus de monde sur ce sable que j'aime à arpenter quand il est presque désert.

 


 

Aussi, il me vint l'idée saugrenue de rallier Contis à Mimizan en longeant la côte histoire de débuter mon entraînement pour mon prochain périple pédestre. J'attaquais d'un pied ferme sous la sandalette réglementaire une marche sur le sable que le retrait récent de la marée avait rendu assez confortable.

 


 

Bien vite les baigneurs se firent de plus en plus rares. La plage est immense mais les parking ont leurs limites. Là où l'auto ne passe pas, il n'y a plus guère d'amateurs à la solitude. Vite je me retrouvais seul, sans âme qui vive à portée de vue. Je crois bien avoir marché d'un bon pas plus d'une heure sans rencontrer le moindre signe de vie.

 


 

La tête me tournait, une fée boudeuse me susurrait à l'oreille des remarques étranges. Le soleil devait me jouer vilain tour, la couleur de mes bras confirmait que l'astre se jouait de moi ! Plus loin, quelques oiseaux vinrent me tenir compagnie quelques instants. J'approchais d'une étape, d'une plage ouverte à l'approche motrice. Je devinais à quelques signes étonnants que je retrouvais la civilisation. Cela se fit progressivement, par étapes vestimentaires si je puis dire.

 


 

Les premiers humains croisés étaient encore restés à l'état de nature. Totalement nus, ils gisaient disséminés sur le sable. Je crus même un instant que quelques malheureux naufragés japonais avaient achevé ici leur dérive funeste. Mais le teint écrevisse de mes dormeurs me permit bien vite d'évacuer l'hypothèse morbide !

 


 

Plus j'avançais vers ce point brumeux, plus la tenue se faisait convenable. D'abord un maillot de bain, petite pièce de tissu réduite à l'essentiel, puis bientôt des caleçons de plus en plus longs. Enfin d'étranges costumes noir avec une fermeture mal-commode au milieu du dos.À n'en point douter je retrouvais mes frères les hommes !

 


 

Brûlé par le soleil, j'abandonnais la côte pour me réfugier sous les pins et leur ombrage bienfaisant. Je croisais cette fois des cyclistes, espèce plus fréquentable que l'automobiliste irascible. Le chemin était encore fort long, le pied allait moins bien son train. L'entraînement du marcheur nécessite souffrance et persévérance et surtout chaussure à son pied.

 


 

La sandalette n'est guère forestière, je l'appris bien vite à mes dépens. Qu'importe, j'avançais à l'allure de celui qui sent l'écurie et compris bien vite que je retrouvais enfin la civilisation quand j'aperçus cet étrange message codé au milieu des bois. J'étais arrivé.

 


 


Délirement vôtre.


 


 

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Patrick 23/04/2011 11:23



Mon ami,


Il ne faut pas souiller les Landes . . .
Alors, heureusement qu'il y a des "naturistes" dans ton voyage . . .


Landaisement tien.



BR 23/04/2011 22:08



Patrick


 


Je ne souilles pas, j'avance du pas du juste et regarde ce qu'il y a autour de moi.


La naturiste ne me dérange pas mais le marcheur se doit de garder vêtements pour sa route.


Quand à l'inscription en forêt, elle demeure fortuite dans ce récit;


Je reviens chez nous !!!