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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

La maison du Rugby

Club-house.

 



    II est impossible de concevoir la pratique du Rugby sans revivre le match qui vient d'avoir lieu dans cette étrange chapelle où le verbe est aussi important que le jeu, où l'amitié et les chansons sont au cœur de la spécificité ovale. Fidèle à ses origines anglo-saxonnes, l'endroit s'appelle « Club-house » à moins que des tenants de la francitude ne lui donne un petit nom de chez nous.

    Ici, bien que l'endroit ne soit pas accessible aussi souvent que les fidèles le souhaiteraient, « l'Estanquet » honore parmi les anciens, celui qui dessina ses plans et le baptisa avec les mots de son pays. Ailleurs, on peut le nommer « Le local ! », « La maison du Rugby »; « L'Estaminet » ou bien encore « Le club ». Qu'importe le nom donné, chaque fois qu'il est prononcé, on devine l'importance qu'il revêt au trémolo de la voix.
 
    De son fonctionnement dépend souvent la santé de l'association, de l'équipe fanion comme des différentes strates de cette société humaine à objet non exclusivement sportif ! Si le néophyte pense assurément que ce n'est qu'un bar de plus ou un lieu de perdition de trop, l'expert y perçoit d'un coup d'œil l'âme du club, il devine la vitalité de l'endroit par les traces de vie affichées, laissées ou exposées. Car, cette maison du Rugby est le lieu où se tissent tous les liens, où se réunissent les générations, où passent et travaillent les différentes composantes de l'association à but ovale.

    On y mange ! C'est même à cette tradition que l'on perçoit la santé d'un club. Le repas du vendredi soir est la marque de la tradition respectée, de la convivialité heureuse, du plaisir de célébrer la fin de semaine et d'attendre avec impatience les joutes du samedi et du dimanche.

     On  y boit, parfois un peu trop, le plus souvent avec la nouvelle relation de nos colosses : dame Modération. Le verre à la main n'est que prétexte à délier les langues, on parle sur tout et surtout de Rugby. On évoque les grandes heures d'antan, on revit les combats épiques, on disserte jusqu'à plus soif du règlement, de l'arbitre, des vieilles gloires et des pousses pleines de promesses. C'est le bar à palabres, le verbe y chante la geste sportive !

    C'est ainsi le trait d'union, qui, au delà de la rituelle bataille des anciens et des modernes permet d'assurer la continuité des générations en donnant l'occasion aux premiers de devenir dirigeants,éducateurs ou supporters des seconds.

    Pour que cette magie opère, il faut que ce lieu agisse, qu'il soit un vrai espace de vie associative de façon presque quotidienne. Il devient alors le lieu des réunions institutionnelles, le point de rendez-vous, le point de passage, le point de départ, le point de retour comme de non-retour quand les cœurs et les les corps défaits chavirent dans la mélancolie des soirs sans joie !

    Certes, avec le poids terrible de la responsabilité en cas d'abus, des lois sur la salubrité publique, les impératifs d'une gestion municipale, il est indispensable de fixer des règles, d'imposer un cadre et des limites. Tout cela est vrai, mais je ne connais pas d'exemple de club dynamique sans une appropriation totale de cet outil incontournable.

    D'autres disciplines l'ont compris et copient ce modèle Rugby pour assurer la pérennité de leurs structures, la survie même des pratiques sportives de compétition de plus en plus menacées par l'avènement du sport-zapping de loisir.

    Dans mon club, et sans esprit polémique, l'ouverture du club-house est trop limitée avec des horaires qui ne permettront jamais de cimenter les diverses composantes de cette association. On pourrait rêver d'une utilisation plus génératrice d'envie et d'énergie. C'est le ressenti d'un entraîneur  qui a pu apprécier en d'autres endroits, la magie d'un local dont ici, on nous ferme parfois la porte sous le nez.

    Prospectivement vôtre.

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